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Extraits de mon "journal de bord" - Tour du monde 2024-2025

  • Photo du rédacteur: leshurons
    leshurons
  • 22 nov. 2025
  • 166 min de lecture

Dernière mise à jour : 24 déc. 2025

02 octobre 2024 - Départ de Nice pour Armação dos Búzios


Départ pour un nouveau chapitre de ma vie à 53 ans. Envie de nouvelles rencontres et de retrouver le temps. Ce n'est pas vraiment pour voyager que je pars (le plus grand voyageur étant celui qui a su faire le tour complet de lui-même), c'est pour retrouver la liberté, cette loupiote qui devrait toujours guider nos pas et que l'on sacrifie bien trop souvent et trop facilement dans le monde d'aujourd'hui. Besoin de liberté, soif de découvrir et d'apprendre, éternellement jeune, curieux et passionné, c'est une merveilleuse aventure qui s'offre à moi.


08 octobre - L'île de Pâques


On va découvrir l'île la plus éloignée au monde de tout continent.

Première journée avec un guide passionnant nous ayant expliqué la définition géographique de la Polynésie (un triangle entre Hawaï, l'île de Pâques et la Nouvelle Zélande), de la Micronésie et de la Mélanésie, le tout constituant l'Océanie.

Quant à la traduction du nom original de l'île Rapa Nui, cela veut dire la "grande (Nui) pagaie (Rapa)" et donc sous entendu l'île très éloignée puisqu'il faut de grandes pagaies pour y aller.

Les Moai sont des statuts représentant des ancêtres.


18 octobre - Puerto Pirámides


Cette sortie en mer à la rencontre des baleines à bosse a probablement été l'une des meilleures sorties de l'année. La nature a été avec nous, le soleil, la météo, et surtout les baleines qui ont joué avec notre petit bateau. Vraiment incroyable cette proximité, ce calme, cette force tranquille et cette envie de jouer. Jouer… Un moteur de la vie et de l'envie !

Cet après-midi, nous sommes allés jusqu'à l'île aux oiseaux. Cette île en forme de chapeau, ou d'anaconda ayant avalé un éléphant comme dirait St Exupéry. Tout cela pour nous rappeler que nous voyons avant tout les apparences, "la coquille externe" et pas souvent l'intérieur, le fond des choses. Cela nous rappelle aussi qu'on ne voit pas tous la même chose, même quand on regarde tous dans la même direction 😉…


23 octobre - Viña del Mar


Le passage à travers la cordillère étant fermé aujourd'hui à cause de la neige, on a décidé de profiter de la journée pour aller découvrir Viña del Mar et Valparaiso qui n'étaient pas sur notre programme. Rien de tout cela n'aurait été possible sans l'immense aide et générosité de notre ami Andrés qui nous a énormément aidé hier et aujourd'hui et sans l'immense gentillesse de Patricia et de leur famille qui nous ont accueilli chez eux, deux soirs de suite. Ceci pour rappeler qu'au final le plus important dans la vie c'est l'amour et que les meilleurs reflets de cet amour sont la famille et les amis ! On n'est riche que de ses amis !


24 octobre - Départ en 4X4 pour Santa Cruz


J'ai fait deux vidéos sur notre départ pour plaisanter un peu. Sur la deuxième je parle de la suprême importance de ne pas déléguer des tâches critiques ou majeures à votre bien être 🤣🤣

Nous allons aller à Chillan voir des amis de Michel Alvinerie qui nous accueillent chez eux… On aura de la wifi et de l'eau chaude de quoi faire notre bonheur !


28 octobre - Villarica - Pucón


On vient d'arriver à Villarica où nous avons déjeuné au bord du lac et face au volcan. Demain, départ à 06H30 pour aller escalader le Volcan à Pucón ! 1300 mètres de dénivelé dans la neige… Épuisant mais magnifique et une descente en luge juste exceptionnelle ! Vraiment, un pur régal ! Ensuite pour détendre les muscles tétanisés, nous sommes allés plonger dans des termes d'eaux minérales chaudes "Los Pozones" pour nous détendre avant d'arriver dans cet endroit magique au bord du lac Caburgua ! Un autre endroit extraordinaire, vraiment ! Nous y avons dégusté un risotto d'asperges fait maison préparé par Emma. Délicieux. Sans parler de l'incroyable cadeau d'anniversaire que m'a fait la vie avec un musicien sorti de nulle part, qui est venu nous faire un mini concert de musique à la flûte pendant notre dîner face au splendide coucher de soleil sur le lac.


16 novembre - La route australe jusqu'à Coyhaique


Je vous encourage à découvrir Spinoza, à travers au moins ces deux livres : "le problème Spinoza" de Irvin Yalom, et "le miracle Spinoza" de Frédéric Lenoir. C'est enrichissant et passionnant.

Le morceau de route entre Puyuhuapi et Coyhaique est probablement un des plus beaux morceaux de route que j'ai fait dans ma vie. Nous sommes au printemps et les couleurs tout au long de la route sont vraiment splendides. Du jaune, au rouge, en passant par le violet, le vert et sans parler du bleu du ciel et du blanc des montagnes. J'ai appelé ce morceau de la "carretera australe", la route arc en ciel tellement la route était belle et colorée ! A faire un jour (au printemps) si vous en avez l'occasion.


17 novembre - Cerro Castillo


Nous sommes partis tôt ce matin pour faire la magnifique randonnée de La Laguna Duff dans la région de Villa Cerro Castillo ! Époustouflant. Certainement une des plus belles randonnées que j'ai faites dans ma vie. 7h de marche au pas de course dans une forêt magnifique et dans un cirque majestueux. Des paysages à couper le souffle.

Le lendemain, nous avons pris une route (en terre) entre le lodge Lago Largo et Puerto Ibanez… Nous nous sommes arrêtés pour un brunch au milieu du parcours. Les photos et vidéos racontent le reste (car je n'ai pas les mots, "le paradis" peut-être) !


20 novembre - Le parc national de Patagonie / Paso Roballos


Après avoir vu les caves, les tunnels et la cathédrale de marbre nous sommes partis à Cochrane puis nous avons traversé le parc national de Patagonie et la frontière au niveau du "Paso Roballos". Le côté argentin est d'une splendeur incroyable. Vraiment à faire. Nous avons pris la route 41 puis la 39 pour rejoindre Lago Pousadas car il nous fallait trouver une chambre pour le fils d'Emma qui nous a rejoint quelques jours sur notre tour du monde.

Avant de traverser la frontière (et en attendant nos autorisations), nous avons passé du temps côté chilien dans le musée qui raconte l'histoire de la planète et explique comment alors que chaque espèce avait sa propre musique, l'homme a éteint la plupart des symphonies des autres êtres vivants et comment un virage à 90 degrés pourrait sauver notre espèce. En effet, il n'y a pas besoin d'un virage à 180 degrés, ni même un besoin de régresser. Il faut juste repenser certains concepts et changer suffisamment pour ne pas tomber dans le précipice qui nous attend autrement. On n'a pas besoin de repartir en arrière (virage à 180 degrés), on a juste besoin d'un virage à 90 degrés pour éviter le précipice devant nous. La vidéo originale durait 13 minutes et je n'en ai sélectionné que 4 minutes pour vous (me demander une copie via WhatsApp).


28 novembre - Torres del Paine


Nous sommes partis tôt de El Calafate pour passer la frontière et rejoindre Puerto Natales où nous avons fait des pleins d'énergie (aliments et diesel) avant de pénétrer dans le parc de Torres del Paine. Je tenais à voir ce parc sous le soleil car il y a 30 ans, je l'avais vu sous la pluie. Les couleurs sont tout simplement incroyables. Les lacs sont magnifiques (bleu, vert, gris). Les montagnes splendides. Nous avons fait la promenade du mirador dos Cuernos. Ensuite nous sommes partis rejoindre l'Estancia Lazo. Un bijou perdu au milieu de la nature, en limite du parc. 13.000 hectares de terres avec une vue imprenable sur les montagnes et le parc. Demain rencontre avec de vrais gauchos pour une ballade de 6h à cheval… Toute la journée ! On risque d'avoir mal aux fesses (et moi au dos) demain soir.

Nous venons de rentrer d'une splendide ballade à cheval. Les paysages étaient incroyables, la météo splendide et les chevaux extraordinaires. Tout était parfait. Quelques photos et vidéos souvenirs… Je vous recommande l'Estancia Lazo pour ceux qui veulent faire une belle sortie à cheval privée et d'excellent niveau sur 1 à 3 jours. Appelez Mauricio en direct au 00 56 9 85 45 71 91. Ils ont une cabane pour loger une famille de 8 personnes pour ceux que cela pourrait intéresser. Une des dernières estancias pas uniquement commerciale.

Ce matin petite randonnée de 3h (12 kms) sur le côté de l'Estancia avant de rentrer à Puerto Natales pour nous protéger des pluies et prendre une bonne douche chaude !

Aujourd'hui, après 2 soirées à Puerto Natales, grosse randonnée au mirador de la base de los Torres ! 6h allez retour. Avec quelques clichés dans une météo moyenne. Dernière grosse journée de randonnée dans le Valle del Francés (Mirador Francés y Britânico) demain (04 décembre) avant d'aller à Punta Arenas.

Cette dernière randonnée a été très émotionnelle pour moi. J'étais en parfaite communion avec la nature (ce que certains appellent Dieu), les montagnes, le vent. J'ai pleuré de bonheur. Je savais que je ne reverrai plus jamais ces paysages et devant cette immensité et cette beauté, il est facile de prendre conscience de la finitude de l'homme et de sa vie. Je suis un amoureux de la nature, heureux, confiant, serein. Comme en Bolivie, en mai 2022, je n'ai pas pu tenir la puissance de mes émotions ! Merci la VIE !


11 janvier 2025 - Descente du Mékong


On vient de croiser la frontière et d'arriver au Laos. Diner sur un roof top au-dessus du Mékong à côté de notre Hostel Over the moon !! Cela nous change de l'Anantara 🤣🤣🤣 et les moustiques vont se régaler avec nous ce soir. Pour l'instant, on se régale avec la musique du roof top !!

Une petite soupe végétarienne ce matin et hop on part sur le bateau (slow boat) pour descendre le Mékong. Oui, j'ai bien dit SLOW !


Le Laos (presque 8 millions d'habitants) est le seul pays d'Asie du sud-est sans accès à la mer et pour cette raison c'est un des pays les plus pauvres au monde, mais il y fait bon vivre avec leurs principes bouddhistes.


Il est 15h. Nous venons de visiter un village sans eau courante et sans électricité, en bordure du Mékong. Nous repartons sur le fleuve. Le soleil est bon, la température douce, les paysages majestueux. J'espère que ces images resteront gravées à tout jamais dans ma mémoire. Cette partie de la descente du Mékong est sublime, un vrai régal pour les yeux et le cœur.


Entre les montagnes à la végétation luxurieuse, on découvre des buffles qui font la sieste allongés sur des plages de sable fin… Comme la plupart des fleuves, le Mékong est source de vie et ses méandres laissent place à de petits paradis sur terre.


17h environ. Nous venons d'arriver à l'hôtel Sanctuary Lodge à Pakbeng… avec des vues incroyables sur le Mékong et ses magnifiques couchers de soleil. J'ai pris quelques photos pour partager ces instants de magie et d'amour avec vous. Les jardins potagers, arrosés manuellement, laissent présager des fabuleuses odeurs et saveurs que nous allons avoir le privilège de découvrir ce soir au restaurant. Ici le temps s'arrête. Vraiment. Tout s'arrête. Vous écoutez votre respiration, vous entendez les sourires des enfants, vous entendez la vie…


13 janvier - Luang Prabang


Nous venons d'arriver à Luang Prabang après avoir descendu le Mékong pendant 2 jours. La lumière de la fin d'après-midi est délicieuse, exceptionnelle. Les couleurs sont incroyables. Nous allons passer 2 nuits à l'hôtel "On the Mékong" à Luang Prabang avant de partir crapahuter dans la montagne et la forêt du nord du Laos.

Nous nous sommes promenés dans la ville ce soir, avons parcouru le marché nocturne et sommes allés dîner au restaurant "Manda de Laos".

"On the Mékong" est l'hôtel de Henry (tel 008560097791820). C'est une personne incroyable, installée depuis 41 ans ici, au départ pour s'occuper des enfants orphelins de la guerre. Il est venu sur un passeport diplomatique et est resté là depuis. Il a monté un projet à Myanmar pour aider les enfants et, ici, il a construit un mini village sur sa magnifique propriété en bord de Mékong. J'espère avoir la chance d'échanger avec lui ce soir sur nos ambitions humanitaires.


Plusieurs d'entre vous m'ont demandé quel était le top 3 de mon tour du monde. Je n'ai pas de top 3. On veut toujours tout comparer mais la plupart du temps les choses ne sont pas comparables. L'argent a pris tant de place dans notre monde justement parce que c'est un étalon, une mesure (et on ne sait pas bien de quoi d'ailleurs… Certains affirment d'intelligence, d'autres de bonheur, d'autres encore de chance…). Je n'ai pas de top 3, mais je reviendrai à Luang Prabang et je m'y verrai certainement y passer quelques mois pour enseigner l'anglais aux enfants par exemple, dans l'école d'à côté… Enfin, dans tous les cas, au plus tard à ma retraite, je reviendrai ici. Cela donne même envie d'y avoir une petite maison. C'est tellement calme et paisible, il y fait tellement bon vivre.


15 janvier - Le nord du Laos


Ce matin nous sommes partis en bateau nous enfoncer dans le nord du pays et découvrir des villages où les routes ne conduisent pas. Je me rends compte en ce moment à quel point mon langage est limité et à quel point je manque de superlatifs pour décrire les paysages et les émotions ressenties. Les mots ne suffisent pas… Comme l'appareil photo ne peut pas remplacer les yeux, les mots ne peuvent pas remplacer les sentiments du cœur.


19 janvier 2025 - Deux jours dans la jungle


Nous sommes partis pour une grosse randonnée de deux jours dans la jungle montagneuse du nord du Laos et pour dormir dans un village Akha ! Le village est plein d'enfants, tous avec le sourire. Les parents sont très jeunes mais s'occupent des enfants avec beaucoup de bienveillance. Toutes ces communautés sont très soudées et s'entraident tout le temps. Beaucoup de belles images et de beaux souvenirs. La randonnée était assez physique et rien pour se doucher à l'arrivée (ni savon, ni serviette). Nous allons dormir à même le sol et nous rentrerons demain soir par train à Luang Prabang pour une bonne douche (tiède malheureusement) !

Dîner vraiment typique. Nous avons mangé une fleur de bananier fraîchement cueillie et cuisinée sur un feu de bois. Le village n'a pas d'électricité et seulement deux arrivées d'eau pour tout le village où les gens se douchent et font leur lessive.

Un petit mot pour me souvenir du ciel étoilé magnifique (pas de pollution lumineuse) à minuit… C'est là qu'on est content de se lever la nuit pour soulager sa vessie 😁


Ce matin, après une descente de 3h dans la jungle, petite sieste rapide dans un champs au soleil. Un sentiment de bonheur et de bien-être complet, qui m'a rappelé ce que souvent le bonheur était pour moi. C'est quand j'ai tout donné (peu importe la tâche d'ailleurs) ! C'est quand on a tout donné, qu'on a donné le meilleur de soi-même et que le soir en arrivant au bord du lit on tombe comme une masse épuisée. Cela a souvent été cela le bonheur pour moi. Un engagement total, complet jusqu'à tomber de fatigue sans regret, en ayant tout donné et avec le sentiment du devoir accompli... A minima après avoir donné le meilleur de soi-même...

Le bonheur c'est donner. Et donner sans compter c'est aimer. Le bonheur c'est AIMER.


28 janvier - Île de Don Khon (et Don Det)


Aujourd'hui c'est la dernière étape de notre traversée du Laos. Nous arrivons dans la région des 4000 îles. Après avoir dépassé Don Det, nous venons d'arriver à Don Khon, petite île paisible que nous irons parcourir à vélo demain !

Magnifique sortie à vélo dans l'île (avec des sièges chauffant à la chaleur naturelle du soleil), pour découvrir les petites cascades, les pièges à poissons, les petits villages plus paisibles les uns que les autres. Cela respire la paix, la tranquillité, la sérénité. J'ai un sentiment de légèreté tellement grand… De liberté tellement puissant.

On a bu une eau de coco en contemplant la rivière (et en écoutant sa musique) à Hang Khone. C'est par là que les français faisaient transiter tous les biens qu'ils ramenaient du nord (du Laos et de la Thaïlande), dont le "tek" (bois dur) par exemple, par le Mékong. Ils transportaient ensuite ces marchandises vers Saïgon (Ho Chi Minh ville) au Vietnam.

Nous sommes à la cascade Li (les pièges à poissons) Phi (fantômes), dénommée ainsi car les eaux du Mékong amenaient souvent à ce niveau là, des poissons et des animaux morts portés par les courants.

Aujourd'hui, c'est l'une de mes plus belles journées au Laos. J'aime tout. Tout.

Tout est parfait, la température, les paysages, l'atmosphère, l'énergie, la vie, tout est amour ici…

Des larmes de bonheur me montent au coin des yeux comme dans le parc de Torres del Paine au Chili… La seule chose triste mais très belle à la fois, c'est qu'aujourd'hui c'est notre dernière journée au Laos. Comme cette randonnée dans le parc chilien, où j'étais en fusion, en communion totale avec la nature et où j'ai pleuré de bonheur, était notre dernière randonnée en Patagonie. C'est souvent au moment de perdre les choses qu'on les regarde suffisamment et qu'on les valorise vraiment à leur juste valeur.

J'ai toujours eu peur des décisions irréversibles… Là, ce n'est pas de la peur mais un pincement au cœur et à l'âme, comme un adieu à un amour perdu… Pour en retrouver d'autres sur la route, si on reste le cœur ouvert, car la vie c'est avant tout cela. Un chemin…


Cet après-midi promenade dans le village de Don Det (un petit Buzios pour ceux qui connaissent) après avoir mangé un bon phat thai (ou pad thai) au poulet.

Retour en vélo le long de la rivière avant de rentrer à Don Khon, de plonger dans le Mékong et de nager un peu à contre courants… avant de prendre mon Kindle pour lire en contemplant le coucher de soleil… Coucher de soleil sur cette merveilleuse journée.


Demain départ pour le Cambodge et le magnifique site de Angkor Vat.

Dîner romantique au restaurant The Garden Riverside (The Gardens restaurant & coffee bar).

Retour ce matin avec la boule au ventre d'un voyage trop court. Restez absolument 3 ou 4 nuits minimum à Don Khon (l'hôtel Sala Don Khon est simple mais bien) puis éventuellement 2 nuits à Don Khong (une autre île).


30 janvier - Koh Ker, Siam Reap, Angkor Vat, autres temples et environs


Ce matin, nous partons visiter le site de Angkor Vat et quelques temples autour.

Ce soir, nous sommes allés voir le cirque cambodgien le Phare à Siam Reap. J'ai été profondément ému par la magie et l'énergie d'une bande de copains qui faisaient du théâtre, de la musique et des acrobaties, enfin du cirque !

C'était une bande de jeunes amis (ils sont 10 dans la lumière mais on voit bien que l'équipe est plus grande) qui nous ont fait rire, pleurer, enfin qui nous ont bouleversés et régalés toute la soirée. D'abord par l'immense plaisir qu'ils prenaient tous ensemble. C'était tellement beau à voir. Tellement. On était heureux pour eux. Ensuite par leur générosité et l'ambiance, l'énergie qu'ils transmettaient. Tout transpirait l'amour, la joie, le bonheur, le jeu… Le jeu… 2 musiciens, 8 acrobates incroyables, 8 acteurs de théâtre hors pair, nous racontant une histoire sur la solidarité, l'amitié et l'entraide. Une histoire de la vie, une histoire sur la vie. Sur le besoin de résilience et de toujours croire à des jours meilleurs. Demain sera encore plus beau. On sent à quel point (comme au Laos d'ailleurs), la guerre est encore très présente dans les récits et la mémoire collective. Rappeler cela à nos jeunes générations qui n'ont pas connu la guerre, les bombardements, les morts est un devoir. Ce soir tout cela était magistralement fait, magistralement orchestré. Énormément de talents, de plaisir, d'amitié. Je me suis levé pour les applaudir et les remercier chaleureusement. Je pourrais y retourner demain. Bravo les artistes. Vous avez été extraordinaires et avez fait de cette soirée, une soirée magique à tout jamais gravée dans mon cœur. Merci!


Aujourd'hui, nous visitons le parc national de Phnom Kulen avec ses cliffs et ses vues imprenables. Puis, nous sommes allés voir une rivière particulière dont le fond a été sculpté de milles "linga(m)", une représentation phallique de Shiva. On devine les sculptures au fond du cours d'eau, c'est assez surprenant. Ensuite, nous sommes allés nous tremper dans une cascade avant de partir voir le temple de Banteay Srey Temple. C'est un magnifique petit temple Hindou du 10ème siècle (avant Angkor Vat), construit avec des pierres couleur "rosé" dédié au dieu Shiva. Il nous a beaucoup plu par sa taille plus petite et ses sculptures bien plus raffinées que dans d'autres temples.

Les 3 colonnes principales représentent la trinité hindoue (Trimûrti) avec Brahma qui représente l'élément créateur, Vishnu l'élément conservateur et Shiva l'élément destructeur. Ce qui interpelle et fait réfléchir, je trouve, c'est qu'on vénère d'abord Shiva, comme le dieu le plus puissant, alors que c'est le dieu de la destruction. La peur a toujours été un facteur essentiel, un facteur clé de la conservation et de la préservation de l'homme et on voit bien son importance dans les rites religieux, les temples, les offrandes et les sacrifices dès les premières religions, l'Hindouisme étant la religion la plus ancienne (environ 2000 ans avant Jésus Christ) encore pratiquée aujourd'hui.

A noter que le terme Hindouisme est ce que l'on appelle un exonyme (un nom donné par d'autres à un peuple, un lieu ou un concept) et dérive du terme persan Sindus désignant ceux qui vivaient de l'autre côté de l'Indus. Les adeptes de la foi le connaissent sous le nom de Sanatan Dharma ('ordre éternel' ou 'chemin éternel').


Départ pour visiter ce matin le plus grand site hindouiste au monde. Les origines du nom de la ville de Siam Reap sont intéressantes. Siam vient du peuple Siamois et signifie l'armée thaïlandaise et Reap signifie défaite car au 16ème siècle l'armée thaïlandaise a été défaite ici.


Ang (roi), kor (local) et vat (pagode, monastère bouddhiste). Angkor vat signifie donc "un roi qui règne sur son pays et pratique le bouddhisme".

Le site a été construit au 12ème en seulement 37 ans, entre 1113 et 1150 ! Cela s'explique d'abord par leur religion hindouiste qui leur laissait penser que tout leur investissement serait retrouvé un jour. Ensuite, le roi était considéré comme un dieu, l'économie était florissante et le pays riche. Enfin, une importante population a permis de réaliser cet exploit puisque ce sont 330 000 personnes qui participèrent à la construction. Ils ont utilisé l'eau (avec barques en bambou et en bois) pour transporter les matériaux ainsi que des charrettes tirées par des taureaux, buffles et éléphants. Les douves remplies d'eau autour ont 5 mètres de profondeur. Ceci est important car c'est le poids et la pression de l'eau qui tiennent les fondations du temple faites de sable, de poussières, et de graviers. La pression de l'eau compacte tout cela.


Cet après-midi, visite d'un 3ème temple (le Bayon temple) dans l'immense site de Angkor vat. C'est un temple aux multiples sourires de Bouddha.

On apprend de notre guide pendant le tour que les rois avaient 3 noms… Un nom donné à leur naissance, un nom au moment de leur prise de pouvoir et couronnement, et enfin un nom à leur mort. Le concept est intéressant… Surtout quand on pense à la contribution de notre vie, et à la trace / empreinte que chacun d'entre nous laissons aux générations suivantes…


06 février - Christchurch


Nous venons d'arriver à Christchurch où nous avons flâné dans le magnifique jardin botanique parsemé d'arbres centenaires, plus splendides les uns que les autres. Un vrai régal pour les yeux et les poumons. Pas mal d'histoire autour de l'observatoire magnétique de Christchurch !

Enfin, une phrase de Monsieur Shackleton qui m'a fait m'arrêter. "No person who has not spent a period of his life in those 'stark and sullen solitudes that sentinel the Pole' will understand fully what trees and flowers, sun-flecked turf and running streams mean to the soul of a man"... Une phrase tellement juste, tellement vraie sur ce que les fleurs et les arbres représentent pour l'âme d'un homme… Les multiples couleurs et odeurs de roses étaient d'ailleurs là pour nous le rappeler et rendre le contenu de cette phrase encore plus vivant.


08 février - Kaikoura


Aujourd'hui, nous avons pris notre camper et sommes partis plein nord (en roulant à gauche) pour aller dormir à Kaikoura.

Ce matin, réveil matinal pour voir le match de rugby Angleterre France devant un magnifique lever de soleil. Le match était dans nos mains… Notre très belle équipe de France l'a laissé échapper de peu… Dommage !

Puis, promenade exceptionnelle le long de la côte dans cette petite ville vraiment sympa qui a la particularité d'être posée à l'intersection de deux plaques tectoniques qui font remonter des eaux riches en nutriments pour la faune aquatique ce qui fait qu'il y a beaucoup de baleines, de dauphins et de phoques ici.

La Nouvelle-Zélande ayant été il y a quelques millions d'années un fond marin où se sont déposés des couches de nutriments avant que les niveaux d'eau baissent et que cela ne devienne une île.


Ce soir, nous allons continuer vers le nord et atteindre aujourd'hui ou demain le point le plus éloigné de Nice de tout notre périple, à environ 19000 kms de Nice… Sachant que le périmètre de la terre au niveau de Nice est de 29000 kms soit 72% des 40000 kms de circonférence au niveau de l'équateur…

A aujourd'hui, Kaikoura est parmi les endroits les plus éloignés de Nice que j'ai foulés de mes pieds (6000 kms plus éloigné que Ushuaia par exemple).


09 février - Picton et le district de Marlborough


Arrivée à Picton. Dîner face à la mer, dans un endroit vraiment somptueux à tout point de vue. Concert d'un type de cigales pendant tout le repas. Nous sommes maintenant au point le plus éloigné de Nice, à 19.000 kms de Nice.

Nous sommes aujourd'hui à la moitié de cette deuxième partie de notre périple autour du monde et nous nous trouvons en même temps au point le plus éloigné de Nice depuis notre départ le 02 octobre 2024 !


11 février - Parc national Abel Tasman


Nous sortons d'un magnifique canyon ! Les plus beaux toboggans jamais vus, des glissades incroyables, deux sauts (6 et 8 m), deux tyroliennes impressionnantes et deux rappels. La végétation est sublime. Le canyon est court en distance mais vraiment magnifique. Nous nous sommes régalés, la météo était parfaite. Et ce soir pour couronner le tout nous avons dévoré 2 des meilleures pizzas au monde. Elles étaient fabuleuses (cuites au feu de bois). Et puis nous avons dansé (trop peu à mon goût) pour fêter ces 3 jours et notre dernière soirée ici ! Seul le présent existe. Seul l'instant présent. Hier n'existe plus et demain pas encore. There is no tomorrow, only today(s) !

Soirée géniale. On a croqué l'instant présent, on a dansé, je me suis laissé bercer au son de la musique en fermant les yeux, c'était juste fabuleux avec la lune en arrière plan. Un festin pour les yeux et les oreilles… et l'âme !


Ces 3 jours dans ce parc seront mémorables. Premier vrai camping depuis très longtemps pour Emma et moi et on a (ici) adoré.


Maintenant, un peu d'histoire… Abel Tasman est un navigateur et explorateur néerlandais du 17ème siècle qui a donné son nom à la Tasmanie pour l'avoir découverte en 1642 (au passage en ratant l'Australie, qu'il n'ira explorer en partie que lors d'un voyage suivant !!!). Il fit cette découverte après avoir découvert la Nouvelle-Zélande. Il arriva par le nord (en pensant que la Nouvelle-Zélande n'était qu'une pointe de l'Amérique du sud et il pensait que ce n'était qu'un seul morceau de terre car il rata le détroit que le capitaine James Cook découvrira plus tard) et trouva une baie (aujourd'hui Golden Baie) sur la pointe nord de l'île du sud pour jeter l'ancre.

A ce moment là, il fut reçu par les Maoris qui n'ayant jamais vu de blancs ont fait un Haka pour demander si ils voulaient engager la guerre, le conflit. Abel Tasman, pensant que c'était une cérémonie de bienvenue, répondit avec des chants, des trompettes et du bruit ce qui dans la culture Maori, voulait dire "on est d'accord pour engager le combat". Il est tellement intéressant de noter comment les questions qu'on se pose définissent le monde qu'on voit. Les Maoris ont demandé si les blancs voulaient engager le conflit et les Européens ont demandé si ils étaient les bienvenus, et les réponses ont été mal comprises car interprétées à la lueur des questions posées… Très intéressant ! Et tellement vrai…

Au final quatre membres de l'équipage de Abel Tasman sont tués et Abel repart sans poser le pied sur le sol de la Nouvelle-Zélande.

Le parc national a été créé en 1942 pour fêter les 300 ans de la découverte de la région par Abel Tasman, sous la pression des habitants locaux (avec une légende assez amusante sur une personne qui aurait écrit à la royauté hollandaise pour les inviter à la célébration de l'ouverture du parc, forçant ainsi le gouvernement néozélandais peu convaincu par l'intérêt de ce parc, de le reconnaître comme tel, même ainsi 😉🤣). Ne pas toujours accepter un non pour un non et toujours rester créatif !!!

Abel Tasman est le plus petit parc national de Nouvelle-Zélande mais aussi le plus visité… Comme quoi la qualité prime souvent sur la quantité (sauf en démocratie dans la définition actuelle des démocraties, j'entends).


19 février - Aoraki Parc national du Mont Cook et lac Tekapo


Après 2 nuits au pied du mont Cook, départ ce matin vers le lac Tekapo. Du bord de route, quelques magnifiques photos du lac Pukaki avec le mont Cook en arrière plan. Nous sommes ensuite partis nous promener le long du lac Tekapo, avant de rentrer en début d'après-midi profiter de la connexion internet pour nous mettre à jour dans nos obligations administratives ! Souvent (et même si cela me coûte énormément d'avoir à le reconnaître), ce qui nous a le plus manqué pendant notre voyage, c'était justement internet ! Bien plus que l'eau chaude ! Internet est toute notre information (météo, route, distance, e-mails, photos, films, etc. !). De le réaliser (de prendre conscience de cette dépendance qui nous fragilise) et de le vivre fait peur.

Mais quand on est contraint, entre la pluie et l'absence d'internet, de passer une après-midi entière à lire (en fait, à dévorer !) l'énigme de la chambre 622 de Joël Dicker, alors on est très heureux !


24 février - Sidemen - Samanvaya resort


Journée de mises à l'épreuve !!! A tous les niveaux 🤣 avant notre arrivée à Bali, en Indonésie !

Démarrage à 3h50 du matin pour prendre un vol à Christchurch direction Denpasar, Bali avec une escale à Melbourne. J'avais téléchargé le VPN et l'application France TV mais rien à faire, impossible de voir le match de rugby (on le verra ce soir).

A Melbourne, entre l'avion et les contrôles… J'ai perdu mon téléphone et aujourd'hui perdre un téléphone c'est tout perdre, ses contacts, ses photos, ses applications, ses modes de sécurité (SMS oblige, trop souvent) pour pouvoir gérer sa vie. J'ai remué tout l'aéroport et la compagnie aérienne Qantas mais pendant les 1h30 de transit le téléphone n'a pas été retrouvé et j'ai dû m'y résoudre. Comme je le dis souvent je ne me laisse pas impacter par les choses sur lesquelles je ne peux pas (ou plus) avoir d'effet. Je me suis battu pendant plus d'une heure pour essayer de le retrouver (en bravant tous les interdits) mais une fois dans le vol suivant pour Denpasar, j'ai accepté la situation et suis passé en mode contingence (dans l'action) avec le téléphone de secours.

Pour la première fois depuis plus de 30 ans (vraiment !!!), et pour faire plaisir à Emma, on a enregistré nos bagages. Je ne le fais jamais. Je déteste cela pour deux raisons. Tout d'abord, je déteste perdre du temps dans les aéroports et j'aime bien sortir le premier et donc attendre des bagages est un supplice pour moi (j'ai l'impression de perdre mon temps et le temps est notre actif le plus précieux dans la vie… Si on en fait un bon usage). Ensuite, j'ai tellement vu de personnes perdre leurs bagages que je ne comprends pas l'intérêt de perdre du temps pour prendre ce risque et donc depuis 30 ans, je n'avais jamais enregistré un bagage même quand on partait 3 semaines au Brésil avec les enfants. Vu que nos bagages cabines pèsent entre 15 et 16 kg et sont hors normes (et je le répète pour faire plaisir à Emma 🫠), on a enregistré nos bagages aujourd'hui pour la première fois. Que s'est il passé ? Ils ont été égarés pendant la connexion à Melbourne et on espère les récupérer demain. Cela reste à voir.

Pour le coup, on a perdu 2 heures dans l'aéroport après 12 h de voyage (9h de vols plus les connexions). Mais comme si cela ne suffisait pas, en sortant de l'aéroport, la voiture de location n'était pas là, le gars était parti faire une sieste ne nous voyant pas arriver ! Pourquoi remettre à demain ce qu'on peut faire aujourd'hui ? 🤣

Nous avons passé 30 minutes de plus à le chercher, à questionner autour de nous, et à appeler leur centrale (avec la wifi de l'aéroport) pour le trouver enfin !

On récupère la voiture, on sort de l'aéroport et là plus d'internet ! J'avais perdu mon téléphone quelques heures avant et la nouvelle carte esim achetée pour mon téléphone de réserve (en cas de pépin) ne s'était pas bien connectée ! Nous nous sommes alors arrêtés dans un hôtel Hilton où j'ai forcé le passage de la sécurité pour aller demander de la WiFi à la réception, afin de pouvoir répéter la manœuvre et recharger ma carte esim.

Cette fois-ci, c'est bon… Nous partons enfin, en ne rêvant que d'un plouf dans la piscine du bel hôtel réservé ce soir !

Et là, que se passe-t-il ?

Si on ne vous le dit pas, vous ne pourriez pas le deviner !

La voiture de location nous a été fournie presque sans essence et toutes les stations essence sont à sec. On a fait 4 stations, toutes sans essence. Je décide de prendre le risque de conduire jusqu'à l'hôtel (fatigué de la journée) en me disant qu'on réglerait ce problème demain et que ce soir il nous fallait juste arriver à l'hôtel pour faire ce plouf, prendre un massage, manger un morceau et aller dormir. C'est 1h30 de route pour 40 kms (on croît rêver mais pas pour longtemps car les scooters sortent de partout, devant, derrière, sur les côtés, en face… Pour finir de bouffer votre concentration, il n'y a pas mieux et bien sûr tout cela en roulant à gauche !)

Mais, la chance sourit aux audacieux. La dernière station essence dans la montagne avant d'arriver à l'hôtel avait de l'essence et donc nous sommes maintenant au bord de la piscine à nous recomposer. La suite des aventures indonésiennes demain.

L'hôtel Samanvaya dans lequel nous restons est vraiment génial. Très peu de monde, un service exceptionnel, un restaurant parmi les meilleurs avec des produits frais et une cuisine asiatique à faire danser les papilles gustatives ! Ce matin farniente au bord de la piscine (enfin, à retélécharger toutes les applications sur le nouveau téléphone 😴) avant de partir cet après-midi visiter le Palais aquatique de Tirta Gangga et perfectionner nos réflexes de pilote automobile sous la pluie à gauche ! Nous nous sommes enfoncés dans la partie est de l'île, à l'intérieur des terres et avons vu de magnifiques rizières. Nous sommes rentrés à 17h30 pour assister à un petit spectacle de danse balinaise à l'hôtel… La journée était top. Après la pluie (hier), il y a toujours le soleil 😉


02 mars - Parc national occidental de Bali


Souvent, moins c'est mieux.

Ici pour conduire il n'y a qu'une seule règle mais la plus importante de toutes en conduite… Cette règle c'est mon ami Eric Lhardy qui me l'avait rappelée quand j'avais 20 ans… "Voir et être vu !"

C'est la seule règle de conduite et de survie qui vaut sur la route à Bali. Pour le reste, c'est tout et n'importe quoi, mais vraiment. Un tout petit échantillon microscopique pour vous sur la dernière vidéo !


Nous sommes allés aujourd'hui à la pointe ouest de l'île dans le parc national occidental de Bali pour aller marcher un peu dans la forêt et voir des singes gris et surtout noirs. Les singes gris sont moins sélectifs dans leur alimentation (ils acceptent d'être nourris par les hommes) et moins farouches que les singes noirs qui ne mangent que des jeunes pousses de feuilles et se cachent en hauteur dans les arbres. Nous avons eu la chance de voir ces singes avec une queue très longue qui leur sert de balancier. Nous sommes ensuite descendus vers la côte et les plages et vers le sud pour rejoindre notre avant dernier hôtel à Bali, le Puri Dajuma Beach Eco Resort, sur la plage.


Pour marcher dans le parc, nous avions un guide. Une belle leçon de vie à nouveau. Le guide regardait partout, tout le temps, mais surtout en haut, le regard pointé vers la cime des arbres… Et en bas comme un éclaireur à la recherche de traces… Nous serions passés dans la forêt sans lui, nous n'aurions probablement rien vu. Nous passons dans le monde et souvent nous ne regardons pas bien. Nous passons à côté de milliers de choses. Cela me rappelle cette immense vérité qui conduit souvent ma lecture du monde et me rend profondément humble. Les questions qu'on se pose, définissent le monde qu'on voit (et pas le monde tel qu'il est) !

Je répète. Les questions qu'on se pose (obligatoirement en nombre limité et ces questions sont conditionnées par notre éducation et notre enfance… Tout ce bagage qui éclaire le monde tel qu'on le voit sous un nombre très restreint de perspectives et avec beaucoup d'angles morts), définissent le monde qu'on voit. Je n'ai pas souvenir d'une phrase plus forte, plus importante et plus vraie que celle-ci.


Ce regard neuf sur la forêt a été comme un réveil et même si nous en sommes conscients, nous ne le pratiquons pas au quotidien. Nous n'exerçons pas notre regard au quotidien. Et, sans mentionner le fait que les différences nous attirent plus que les ressemblances sinon nous serions un peu plus "animistes" et il n'y aurait pas de guerre dans le monde !


Actuellement, et après quelques romans policiers (assez excellents !) de Joël Dicker, j'ai recommencé à lire l'Alchimiste de Paulo Coelho… Et cette expérience de ce matin m'a rappelé le secret du bonheur que le sage enseigne dans son palais. Très occupé à transmettre son savoir et sa sagesse, quand un jeune homme vient le chercher pour lui demander ce qu'est le secret du bonheur, le sage trop occupé, lui demande de repasser dans deux heures et en attendant d'aller se promener dans son château en tenant une petite cuillère à la main remplie de deux gouttes d'huile qu'il ne doit surtout pas laisser tomber. Quand le jeune homme revient au bout de deux heures, après s'être entièrement consacré à ne pas faire tomber les deux gouttes d'huile de la cuillère, le sage lui demande alors si il a vu toutes les richesses et toutes les beautés de son palace ? Le jeune homme, un peu embêté, lui répond que non, car il était trop concentré sur les deux gouttes d'huile qu'il ne voulait pas faire tomber. Le sage lui dit alors de repartir et de bien regarder et profiter de toutes les splendeurs que son palais a à offrir. Le jeune homme repart et s'émerveille rapidement devant les statues, les peintures et les sculptures. Quand il revient à nouveau voir le sage pour finalement connaître le secret du bonheur, le sage lui demande où sont les deux gouttes d'huile ? Tout confus, le jeune explique les avoir laissées tomber par terre, tellement il était ébloui par les beautés du palace. Le sage lui dit alors… Mon ami, le secret du bonheur c'est d'ouvrir son cœur et ses yeux et de voir toutes ces merveilles que le monde a à offrir mais sans jamais laisser tomber ces deux gouttes d'huile…


Est-ce que ces deux gouttes d'huile sont "les grosses pierres (santé, famille, amis)" d'autres paraboles ? Est-ce que ces deux gouttes d'huile sont nos valeurs, nous-mêmes, notre intégrité ?

Est-ce que cette parabole est une leçon sur l'importance de l'équilibre ?… Notion qu'on retrouve d'ailleurs dans le plus beau et le plus riche poème du monde… "Tu seras un homme mon fils…" de Rudyard Kipling.


Pour ma part, et quand je partageais ce que la vie m'a appris aux jeunes de Polytech à Sofia Antipolis il y a 2 ans de cela… Je leur ai dit que d'après moi il n'y avait que deux manières d'être heureux. La première c'est en aimant. En aimant à la folie, peu importe d'ailleurs l'objet de l'amour (un métier, une personne, etc.)… Mais la difficulté quand on avait choisi (je ne sais pas si on choisit, en fait; je ne crois pas) cette voie, c'était de rester heureux dans la durée, dans le temps… C'est à dire de rester passionné et amoureux dans le temps sans que cette passion ou amour nous fasse du mal ou nous détruise… Et sinon, il était primordial de trouver la deuxième voie du bonheur… Celle de l'équilibre. L'équilibre de sa vie avec sa santé, sa famille, son travail, ses amis, en se construisant pour être plus fort et résister aux assauts de la vie grâce à un équilibre profond et total. C'est aussi cela la voie de la sérénité et de la sagesse.


Seul petit regret, nous ne serons pas allés passer une journée sur l'île de Menjangan où paraît-il les plages et les plongées sont très belles.


07 mars - Palmiers et huile de palme à Sumatra


Nous sommes arrivés hier soir à Sumatra, la plus grande île d'Indonésie.

Sur la route, nous avons vu le désastre des productions d'huile de palme. L'île entière est recouverte de ces plantations. A une époque c'était la jungle, puis les plantations de Hévéa (caoutchouc) et de chocolat et maintenant dans des proportions inimaginables, des plantations de palmiers ! Uniformiser le monde, ou laisser une seule espèce dominer toutes les autres en colonisant l'espace, n'est non seulement pas une bonne chose (ni durable, ni intelligent et c'est méconnaître l'histoire et la biologie) mais en plus c'est laid. La diversité est belle. Elle attire le regard. L'uniformité fatigue et endort.

Il faut combattre l'uniformité, le "one size fits all" et relaisser du terrain à la liberté et aux différences. C'est aussi l'enjeu de nos démocraties actuelles mises à mal. Les démocraties ont été, avant tout, pensées pour défendre les minorités. Pour apprendre à respecter l'autre point de vue. A le prendre en compte. En effet, à l'inverse de ce que l'on pourrait croire les démocraties n'ont pas été pensées pour que les majorités écrasent les minorités mais plutôt pour que les minorités puissent s'exprimer !

Ne l'oublions jamais et surtout pas à un moment où ces dernières sont en danger. Battons nous pour défendre ce sens de la liberté et de la vérité si cher à nos démocraties. Emmanuel Macron a d'ailleurs mentionné dans son discours d'il y a 2 jours, ce sens (et cette ambition et valeur) de la vérité, qui existe encore dans les démocraties mais pas dans les dictatures.


07 mars - Les Orangs-outans et la jungle de Sumatra


Nous sirotons un verre (jus de pastèques pour Emma, milkshake de noix de coco pour moi), à Bukit Lawang en bord de rivière. La forêt tropicale du parc national du Gunung Leuser abrite les derniers orangs-outans de Sumatra (< 6500) mais aussi d'autres espèces sauvages en voie de disparition.

Nous partons demain à 09h dans la jungle pour 3 jours. Nous allons marcher 6 à 7h par jour pour aller voir les orangs-outans avec la société "Sumatra Orangutan explore".

Ce soir, pas d'air conditionné mais nous devrions bien dormir bercés par le bruit de la rivière… Cela nous rappelle un peu la cabane où nous avions dormi au Chili avant de descendre en rafting le Futaleufu ! La différence c'est qu'il faisait froid au Chili et qu'il fait très chaud à Sumatra… Au final, il n'est pas du tout sûr qu'on dorme bien ce soir vu la chaleur et le boucan (bruit énorme et soudain) que font les singes en sautant de haut sur les toits métalliques du lodge ! Guitard et musique / ambiance sympa avec les guides ce soir. Départ demain matin…


Le mot orang-outan vient des mots malais Orang = personne, et Hutan = forêt, et signifie littéralement «personne de la forêt». Nous étions, aujourd'hui, dans la jungle de Sumatra, nous-mêmes des "orangs-outans" à la recherche de nos frères et de nos cousins…


Nous avons vu 4 types de singes différents (des orangs-outans, des macaques à queue de cochons, des Thomas' leaf monkey, et des gibbons à mains blanches) et écouté les chants d'un 5ème type de singe qu'on n'a pas réussi à voir, le Siamang.


Les macaques à queue de cochon doivent leur nom commun à leur queue courte et maintenue en semi érection qui rappelle celle du cochon. Ils ont l'avant-bras aussi long que la jambe arrière. Surtout terrestres, ces singes sont tout de même d’habiles grimpeurs. Il existe une hiérarchie chez les mâles, basée sur la force, et chez les femelles, basée sur l’hérédité. Ainsi, la fille de la femelle dominante sera immédiatement placée au-dessus de toutes les autres femelles du groupe. C’est d’ailleurs la femelle dominante qui mène le groupe, le rôle du mâle étant plus de gérer les conflits dans le groupe et de le défendre.


Nous avons aussi vu une mère orang-outan avec son bébé.

96% d'ADN en commun avec nous ça marque et crée de l'empathie.


Ici tout le monde m'appelle "papa". A part Emma et moi, tous les autres marcheurs et participants ont moins de 30 ans !!! Je raconte des blagues à longueur de journée qui font mourir de rire les 2 guides mais qui désespèrent Emma… Qui se demande parfois (ou même souvent) ce qu'elle fait avec moi !

Bon, on s'est vraiment bien dépensé, amusé et émerveillé pendant ces deux jours. Encore une nuit qui promet. L'orage n'est pas loin. Il fait chaud et c'est très rudimentaire ici.

Nous serons contents de rentrer et de trouver un lit confortable, une douche et une connexion internet pour voir en replay ce que je pense a dû être un match exceptionnel entre l'Irlande et la France au tournoi des 6 nations 2025.


Nuit difficile. A même de gros cailloux. J'ai le corps tout mâché et pour couronner le tout quelques insectes prisonniers dans notre moustiquaire s'en sont donné à cœur joie. Il est 5h du matin. J'ai relativement bien dormi la nuit précédente mais cette nuit c'est la 3ème fois que je me réveille et que j'ai dû mal à me rendormir tellement le sol est dur. Ouf, au final, j'ai plutôt bien dormi entre 5h et 7h (quand on est vraiment fatigué, on dort n'importe où !)… Et comme j'ai besoin de peu de sommeil, je suis en pleine forme ce matin (avec quelques courbatures), mais Emma est malade avec de la fièvre ce matin. Ces deux jours étaient assez éprouvants et parfois le corps lâche mais rien de grave, elle sera remise sur pieds demain. Le véto s'en occupe !


Petit épisode sympa ce matin et drôlement instructif je trouve. Des macaques à longue queue sont venus tourner autour de notre petit déjeuner. L'un d'entre eux (le leader du groupe ?) a réussi à dérober un sac entier de pain de mie. Je n'ai pas pu le filmer car j'étais sans mon téléphone mais il a tout dévoré à lui tout seul, sans rien partager avec les autres singes autour. Il a tout avalé à une vitesse incroyable, 5 tranches enfouies d'un coup dans sa petite bouche de singe. Il a tellement mangé (un quart de sa taille en quantité) et tellement vite, que je ne serais pas surpris qu'il ait une petite indigestion ce soir. Mais le plus intéressant en regardant cet épisode ce sont les enseignements suivants :

a) dans la nature, nous sommes encore régis par la loi de la "rareté" et non par la loi de "l'abondance" comme les humains, et donc ce qui est pris n'est plus à prendre et le cerveau reptilien qui commande la plupart des actions visant à notre survie a le dessus et exige de constituer un maximum de réserves quand l'opportunité se présente (lire le "bug humain" de Sébastien Bohler, extrêmement intéressant et passionnant à ce sujet)…

Ceci explique la vitesse incroyable avec laquelle le singe a tout dévoré… Il ne voulait pas prendre le risque qu'on le dépossède de sa "proie", et le fait qu'il ait TOUT mangé prouve bien que quand une telle opportunité se présente dans la nature, il faut absolument la saisir, elle ne se représentera peut-être pas de si tôt…!

b) mais surtout cela fait réfléchir à la théorie selon laquelle les "leaders eat last" (les leaders mangent en dernier). Ce n'est pas ce que j'ai vu ici. Non seulement le leader ou celui qui a réussi le méfait a mangé en premier mais il a tout mangé. Il n'a absolument rien partagé avec son petit copain qui le regardait et qui au final n'a récupéré que le plastique vide. Cela fait réfléchir. Dans la nature, le pouvoir se prend souvent par la force, la force musculaire. Celle-ci commande que le leader soit bien nourri et probablement que, dans beaucoup de cas (je n'ai pas fait de recherches approfondies sur le sujet donc je reste très humble et n'affirme rien ici, j'écris juste en réaction à une scène qui m'a interpellé ce matin), le leader mange en premier pour s'assurer un bon apport protéique et calorique pour ses muscles. Le modèle de leader que nous souhaitons développer pour l'humain est donc à l'opposé de ces comportements qualifiés de primaires. Dans un monde de rareté, les leaders mangent en premier… Alors si il est vrai que l'homme a conquis la planète par sa capacité à collaborer à grande échelle (langage), et qu'on peut donc aspirer à ce que, dans un monde d'abondance, les leaders acceptent de manger en dernier (voir Simon Sinek), il ne faut pas oublier que comme c'est contraire à notre biologie et à notre cerveau reptilien, nous puissions trouver de temps à autre sur notre planète des leaders qui ne correspondent pas au modèle désiré. Il suffit d'ailleurs de regarder les leaders de certains pays pour le comprendre.


Retour au village en "rafting". C'était top, vraiment top, nous nous sommes régalés !


12 mars - Lac Toba et l'île Samosir


Nous roulons à travers le nord de Sumatra en direction du Lac Toba. Le lac Toba est un lac de 100 kms de long sur 35 kms de large situé au milieu de la partie nord de l'île indonésienne de Sumatra à 905 m d'altitude. C'est le plus grand lac volcanique du monde, sa profondeur maximale avérée est de 505 m pour une superficie de 1 741 km2.


L'éruption du Toba est datée d'environ 74 000 ± 3 000 ans. C'est, après celle qui a abouti à la formation du lac Taupo dans l'île du Nord en Nouvelle-Zélande, la plus récente éruption d'un « super volcan », estimée de magnitude 8 sur l'échelle VEI. Cette immense éruption dura probablement près de deux semaines. Très peu de plantes et d'animaux en Indonésie purent survivre et il est possible que cette éruption ait causé une extinction planétaire du fait de l'émission massive de soufre qui a provoqué, par réaction avec la vapeur d'eau, la formation d'un manteau de nuages d'acide sulfurique tout autour du globe, lequel a provoqué une baisse globale des températures de l'ordre de 6 °C et une glaciation qui a pu durer jusqu'à un millénaire. Par l'analyse des mitochondries, on a pu montrer que la population humaine fut probablement divisée par deux. Certains scientifiques pensent que cela est dû à l'éruption du Toba il y a 74 000 ans.


Une grande surface s'effondra après l'éjection de tant de matériaux souterrains, formant une caldeira, qui se remplit d'eau créant ainsi le lac Toba. Plus tard, le fond de la caldeira se souleva pour former l'île de Samosir : un soulèvement de 1 200 m en 74 000 ans (au rythme moyen de 4,9 cm/an pendant les 11 200 premières années, puis de moins d'un cm/an ensuite). De tels soulèvements sont communs dans les très grandes caldeiras en raison de la pression du magma restant. Le Toba est probablement la plus grande caldeira résurgente de la Terre.


15 mars - Manille


Promenade intramuros à Manille de 17h30 à 20h30. La température est agréable, les jeunes dans la rue sont adorables et souriants, l'ambiance est vraiment géniale. De la musique monte dans les rues à différents endroits et anime les food markets nocturnes. Nous sommes allés voir un spectacle dans le restaurant Barbara's, avant de rentrer à l'hôtel en prenant notre temps et en flânant dans les ruelles. La soirée a tout simplement été délicieuse. On aimerait tellement que dans ces moments là, le temps s'arrête et suspende son vol... Ce temps qui d'après Carlo Rovelli n'existe pas et n'émerge que dans le flou et la macroscopie de nos vies…


La république des Philippines est un pays d'Asie du Sud-Est constitué d'un archipel de 7 641 îles dont onze totalisent plus de 90 % des terres et dont un peu plus de 2 000 seulement sont habitées, alors qu'environ 2 400 îles n'ont même pas reçu de nom.


Ce matin, nous avons continué de parcourir la vieille ville intra-muros, nous sommes allés voir le fort Santiago avant de pénétrer dans Binodon, apparemment la plus vieille Chinatown au monde. Nous avons aussi visité le musée de José Rizal, médecin, poète (artiste) et humaniste, condamné à mort à l'âge de 35 ans, ce qui en a fait un héro et une figure de l'indépendance des Philippines. Ah, cette justice des hommes. Ces hommes faillibles. Ces hommes qui jugent d'autres hommes avec tous les biais cognitifs qu'on connaît aux hommes, avec cette immense part du "je ne sais pas que je ne sais pas" et souvent sans cet ingrédient "temps" qui enrichit et très souvent change les perspectives… Au cours des siècles… Quelques photos pour méditer sur tout cela.

Nous avons traversé des bidonvilles et des zones pauvres où les sourires étaient encore plus vrais, sincères et éclatants qu'ailleurs mais je n'ai pas pris de photos par respect pour ces personnes et éviter le voyeurisme.


Nous allons quitter Manille demain et je me disais que j’avais beaucoup apprécié la jeunesse philippine… Les sourires, les gestes, les quelques mots à notre égard. Ces pays d'Asie sont encore très jeunes et dégagent une forte énergie positive et enthousiasmante sur la vie. C'est une ville dans laquelle je n'aurai aucun souci à revenir.

En y réfléchissant, la forte influence occidentale (espagnole puis américaine), la langue anglaise parlée (à la différence de beaucoup d'autres pays d'Asie) et même peut-être la religion catholique y sont pour quelque chose même si personnellement je suis athée !


Nous venons de rentrer de notre promenade (sous une chaleur accablante) dans le parc José Rizal. A notre sortie du parc, nous avons été interpellés par des jeunes qui voulaient nous filmer et nous questionner dans le cadre de leur projet scolaire sur ce que nous aimions (ou pas) de la culture, de la ville et des attractions de Manille. L'occasion pour nous de partager avec eux tout ce que nous avions appris et aimé depuis notre arrivée la veille, les remercier pour leur sourires et leur gentillesse et leur dire de continuer à toujours garder leur cœur ouvert et à aimer. Comme rappelé dans le livre "Kilomètre zéro" de Maud Ankaoua... 2 sentiments racines existent dans la vie : la peur et l'amour. J'ai personnellement choisi le deuxième, et je leur ai donc suggéré de faire pareil !


17 mars - El Nido, Palawan


Dernier jour ici. Départ à 05h30 demain matin. Le ciel est gris, le vent souffle… Le ciel est triste de nous voir partir… Pour ma part, gros programme de remise en forme depuis 2 ou 3 jours… Je suis parti "escalader" (plutôt une marche assez verticale d'ailleurs qu'une escalade) les falaises autour de l'hôtel. C'était interdit de le faire sans être accompagné d'un guide… Ah, ces interdits… Alors j'ai appliqué la recette de demander "pardon" plutôt que de demander la "permission" en fonçant dans le chemin caché sans me retourner et sans regarder les gardiens ! Idem pour aller plonger et nager avec les poissons… Interdit, trop de vagues, trop de courants, trop dangereux… Alors comme le gentil monsieur a essayé de m'arrêter en m'interpellant, je ne me suis pas retourné (faisant semblant de ne pas l'entendre s'époumoner, avec mes écouteurs et la musique dans mes oreilles) et j'ai vite plongé dans la mer… Il est arrivé désespéré et m'a dit "bon, c'est bon, vous pouvez y aller maintenant que vous y êtes déjà" ! Il ne faut pas abuser de cette règle mais pour un homme épris de liberté, je ne me voyais pas accepter toutes ces contraintes plus absurdes les unes que les autres. Il faut savoir se connaître. Être lucide, et connaître ses limites… C'est mon cas même si l'erreur est humaine et qu'on peut se tromper un jour, mais là, c'était zéro risque ! Je suis d'ailleurs en pleine forme physique en ce moment. Au final, salle de musculation tous les matins, nage, et pas de déjeuner. J'affute l'arme à la veille de mon retour 😉


07 avril - Baluze


Départ ce matin tôt de mon petit paradis sur terre... Baluze... pour Los Angeles !

Notre passage en France a été trop court au final car mon fils Michael a choisi la date du 28 mars (la veille de son anniversaire) pour se marier à Munich ! La semaine a donc été festive (quelques photos souvenir) et il ne m'est resté que trop peu de temps pour remplir toutes les obligations d'un voyageur qui rentre après une longue absence.


08 avril - Loreto


Arrivée à Loreto après le magnifique survol de la languette de terres désertiques s'avançant dans la mer de Cortez. Visuels très dépaysants.

Aujourd'hui, nous avons alors décidé de nous enfoncer dans un canyon, le canyon Mesquite, seuls au monde sur une piste fermée et même supposée interdite. C'était très beau. Rien d'extraordinaire, bien sûr, si on compare au Rio Vero de la Sierra de Guara, en Espagne, mais c'était un magnifique canyon avec des paysages qui ressemblent tellement à ceux d'Oman, un pays que j'avais adoré… Et où je suis allé 2 fois de suite, la même année en 2023, tellement j'avais aimé.


Petit footing ce matin en bord de mer. C'était splendide, le lever de soleil, les couleurs, les oiseaux… Tout était sublime.

Nous sommes ensuite partis explorer la mission de San Javier (Saint Xavier) construite en 1699 au fond d'un canyon où il y avait de l'eau… Aucune de toutes ces missions n'étaient autosuffisantes mais l'eau permettait toutefois quelques productions locales. Après avoir visité l'église, les jardins (dont un olivier de 350 ans - premier olivier des Amériques ? - et une vigne qui a fait le premier vin californien) et le musée, nous sommes rentrés à Loreto pour nous poser sur la plage et ainsi mieux résister à la chaleur écrasante du soleil mexicain !

Il faut que je vous raconte comment j'ai entendu parlé de la Mer de Cortez la première fois de ma vie… Je me promenais sur le port de Nice et j'ai vu un vieux Monsieur aux cheveux grisonnants sortir d'un magnifique bateau qui mouillait dans le port de Nice. J'étais curieux, le bateau était immense et splendide et je voulais en savoir plus. Je l'ai donc interpellé sur le port de Nice quand il marchait en s'éloignant du bateau. J'ai alors découvert que c'était le capitaine du bateau, un bateau privé d'une trentaine de cabines loué 500.000 euros la journée (et occupé ce jour là par un riche émir arabe)… Néerlandais par naissance, il avait plus de 70 ans, c'était sa dernière année en tant que capitaine et il naviguait depuis l'âge de 16 ans. Il avait parcouru de multiples fois toutes les mers du monde. Je n'ai alors pas résisté à l'envie de lui demander quelle était la plus belle mer du monde et il m'a répondu sans hésiter "la mer de Cortez "... Je ne savais même pas que cette mer existait et bien sûr encore moins où elle se situait. Grâce à Google, une fois rentré chez moi, j'ai regardé tout cela et je l'ai mis sur ma liste des voyages à faire avant de mourir, et voilà comment 18 mois plus tard, je me retrouve ici… En "baja california " sur la mer de Cortez.

Je vous raconte cette histoire car je tiens à faire un hymne à cette mer… Pour sa beauté, sa propreté (son eau est limpide et transparente), sa biodiversité incroyable… Des baleines, des dauphins, des pélicans qui plongent toute la journée devant vous, des bancs de poissons jouant avec la surface et les reflets de l'eau, une petite raie en bord de plage… Enfin un spectacle magnifique et assez rare aujourd'hui sur notre planète. Merci Capitaine pour cette très belle recommandation. Cette mer est vraiment splendide et nous partirons demain découvrir des plages plus au nord.


13 avril - San Juanico


OUAH ! Parcours épique ce matin. Nous avons pris une toute petite voiture de location premier prix (62.000 kms au compteur) avec le bas de caisse au ras du sol… Nous en avions déjà souffert pour rentrer dans le canyon près de Loreto mais aujourd'hui c'était bien pire et surtout bien plus long (et risqué) !! Plus de 50 kms de tout terrain sous un cagnard de fous, à 20 kms heure de moyenne, sans croiser une seule voiture pendant 2h30 et avec une seule toute petite bouteille d'eau. On raclait la voiture à chaque passage, à chaque énorme caillou et on avait très peur de la crevaison et de l'ornière ! Mais encore aujourd'hui nous avons survécu et sommes arrivés à bon port ! A San Juanico sur le Pacifique. La ville ne vaut pas le détour (et la route, enfin le chemin que nous avons pris est à proscrire absolument) mais le fait que nous y soyons parvenus est tout de même sympa… La bière et les fajitas de crevettes et de poissons englouties au restaurant Bahia avec un superbe point de vue sur le Pacifique ont récompensé nos efforts !

Après-midi détente. Peut-être location de Quad car les massages sont trop chers ici… Les prix sont malheureusement calibrés pour les riches américains ici 😅

Au final pas de Quad mais balade en voiture sur la plage pour quasiment le même effet. Cet endroit est assez surprenant avec un mélange de personnes (de tous âges, y compris assez âgés, et de tout style), tous amoureux du surf à priori, vivant dans des caravanes au bord de l'eau… et surfant !


Nous avons dîné dans un petit restaurant sympa ce soir et nous nous sommes faits interpellés par des américains résidents de Baja (c'est comme cela qu'on dit) ébahis de nous voir là… "Mais que faites vous ici ? Vous surfez ?"... "Non, on ne surfe pas, on se promène"... "Mais vous vous êtes perdus, comment on fait pour venir ici ? Comment avez vous trouvé cet endroit sur la carte?"... Il n'y a absolument rien à faire ici à part du surf ! Effectivement on n'avait vu que des gens assez alternatifs autour de nous toute l'après-midi… Une ambiance spéciale, particulière, sympa. En fait, nous sommes apparemment dans un spot mondial pour le surf, une "Mecque" du surf en quelque sorte, connue pour ses longues, très longues vagues régulières quand le vent souffle dans la bonne direction (20% du temps 🤣)… Bon, on n'a pas le temps de se mettre au surf maintenant donc on repart demain matin pour la très belle ville de La Paz, plus au sud, mais on comprend mieux tous ces camping cars aménagés en bord de plage, et tous ces "exilés" qui ne vivent que de surf et de pêche, à savourer l'eau, le soleil et le temps.

Sans téléphone… A parler, écouter, partager les uns avec les autres.

Un spot de surf, mais peut-être aussi un des derniers spots d'humanité quand le reste des humains se sera totalement enfermé et muré dans leur monde virtuel avec leur téléphone et l'IA… Sans plus de temps pour le vrai développement interpersonnel.

Je me réveille et pars courir (trottiner) un peu ce matin pour voir la nature se réveiller. Nous partirons entre 08h et 09h à La Paz.

Je viens de courir sur la plage, immense, sous un voile géant et extensible de mouettes, face à un splendide lever de soleil avec ma musique sur les oreilles. Que du bonheur ! Vraiment !


14 avril - La Paz


Nous sommes arrivés à La Paz hier après une demi-journée de route. Nous sommes à la Casa Juarez B&B chez Silvana qui s'occupe de nous merveilleusement bien !

Tous les matins nous partons courir sur le Malecón (bord de mer) pour nous remettre en forme ! Le soir nous marchons dans la ville et expérimentons les meilleurs restaurants (Nim, Los 32 sabores). Ce matin nous partons sur l'île Espíritu Santo en face de La Paz pour aller nager avec des otaries et découvrir une nature protégée et magnifique.

Je vous ai raconté comment et pourquoi nous sommes venus visiter la mer de Cortez dans une étape précédente. Je parlais de l'eau claire et de la biodiversité déjà à Loreto. Nous sommes ici dans l'aquarium du monde comme le disait Jean-Jacques Cousteau. Une sculpture que j'ai prise en photo est d'ailleurs à son effigie sur le "Malecón".

Nous sommes sortis aujourd'hui en bateau pour aller nager avec des otaries parfois appelés "lions de mer" (ou loups de mer). C'était vraiment original et intéressant. Ces animaux glissent entre les couches d'eau à une vitesse incroyable ! Alors qu'ils semblent paresseux et ne sont pas très attirants quand ils se reposent au soleil, ils sont beaux et majestueux dans l'eau. Sous l'eau, je me suis retrouvé juste à côté d'un immense mâle et d'une de ses femelles (ils en ont entre 13 et 15 chacun 😉). C'est très impressionnant. Après cette baignade et un délicieux pique nique sur la plage (ceviche et salade de thon vraiment très bons !), nous sommes rentrés en bateau et avons vu des raies qui volaient. C'était splendide. On a eu le droit à un véritable ballet de raies volantes, dans la douce lumière du coucher du soleil vers 18h. Elles sautaient, plongeaient, décollaient, volaient ! C'était juste somptueux.

Puis pour clôturer notre journée, qualifiée d'exceptionnelle par notre capitaine et notre guide, nous avons vu plusieurs baleines, d'espèces différentes et deux d'entre elles ont fait des bonds incroyables, comme on n'en voit qu'à la télévision ! Juste devant nous. Cette magnifique journée restera donc dans nos mémoires à tout jamais. C'est décidément une certitude… Cette mer de Cortez est une des plus belles mers du monde, sans l'ombre d'un doute. C'est la "crèche" (nursery) de l'hémisphère nord du Pacifique… C'est l'aquarium du monde. C'est à préserver à tout prix.


21 avril - San José del Cabo


Quelle surprise ! Après la grosse déception de Todos los Santos et de Cabo San Lucas, nous avons fait la très agréable découverte de San José del Cabo !

Si vous voulez explorer la région, c'est ici qu'il faut rester. La vieille ville est magnifique et très agréable. Remplie de restaurants et de bars mais tellement calme et paisible en même temps. Petit hamburger dans un Food court avant de continuer à me promener en ville…


Putain ! C'est incroyable… Encore le dernier soir, et encore un pincement au cœur. J'espère tellement que ma mémoire et le temps n'effaceront pas ces moments de bonheur et de joie intense. Des musiciens incroyables (le groupe Vintage), un chanteur (Daniel) avec une voix roque super sexy, des musiciens professionnels de Nashville, Tennessee, derrière nous, un autre chanteur fou Axel (à qui j'ai acheté son livre) qui est venu chanter "Creep"... Comme je disais, putain, quelle soirée inoubliable ! J'ai pris un shot de Mezcales pour graver ces émotions en moi !

"Amour, tu es ma religion, ouvre le cœur…" Des paroles de chansons plus belles et plus émotionnantes les unes que les autres. Nous sommes à "l'Armario café" pour une soirée délicieuse, sublime et merveilleuse. Écoutez La Malagueña de Luis Miguel.


Petit footing d'une demi-heure ce matin pour décrasser la machine. Cette petite ville est vraiment très agréable. Le soleil du matin est bon et dans les rues et sur la place déserte c'est un délice que de courir et faire nos exercices matinaux. C'est là qu'on voit toute la limite de Chat GPT et des recommandations faites sur la base des quantités et pas de la qualité. Les meilleurs endroits au monde sont encore secrets. San José del Cabo es mucho mejor de que el Cabo San Lucas para mi !


Un dernier petit commentaire sur San José del Cabo… Leur grande place principale me fait penser à la place San Marco de Venise. J'y ai ressenti les mêmes sensations. La ville n'a pourtant rien à voir mais la chaleur du soleil, la grandeur de la place et l'atmosphère y régnant m'a fait penser à cela… A cette magnifique place de San Marco !


26 avril - Les canyons Zion & Bryce


Après deux jours en famille près du parc national de l'arbre de Joshua, nous sommes partis pour les canyons Zion & Bryce.

Ce matin, nous sommes partis marcher dans le canyon de Zion en commençant par la partie la plus étroite et la plus enfoncée du canyon logiquement appelée "The Narrows"... Nous avons marché 3h allez retour et c'était très sympa. Il y avait juste beaucoup de vent et comme le canyon, de par la hauteur de ses parois, est vite à l'ombre, nous n'avons pas voulu pousser trop loin et prendre froid car nous n'étions pas du tout équipés comme les autres (et c'est peu dire)… On se demande pourquoi d'ailleurs…


Nous sommes partis ce matin du canyon de Zion pour arriver à celui de Bryce au milieu de la neige et des bisons !

Ouah, le changement d'ambiance en si peu de temps est incroyable. Nous avons traversé le "Canyon Rouge" où le blanc de la neige fraîchement tombée contrastait fortement avec le rouge des oxydes de fer contenu dans la terre et les sédiments. C'était un paysage magnifique. Ensuite, nous avons fait un morceau de la route panoramique 12. Nous mangeons un cheeseburger et buvons une bière dans un restaurant du coin avec une superbe musique country en arrière plan. On se sent vraiment dans l'ouest américain. La tempête de neige redouble dehors ! C'est tout simplement incroyable.

Ce soir nous irons voir un spectacle de cowboys et écouter de la musique country dans un restaurant touristique de la ville de Bryce Canyon.

Soirée musicale de country à "Ebenezer's barn & grill". Ambiance cowboy, musique, très sympa ! Demain départ tôt pour le "Big Loop", une randonnée de 22 kms et 750 mètres de dénivelé à travers tout le canyon de Bryce !


Bryce Canyon se situe dans le sud de l'Utah, sur un plateau à environ 2 400 à 2 700 mètres d'altitude. Le parc tient son nom d'un pionnier mormon, Ebenezer Bryce, qui s'est installé dans la région dans les années 1870. Les gens du coin appelaient l’endroit "le canyon de Bryce". D'abord protégé comme monument national en 1923, il est devenu parc national en 1928. C'est incontestablement un des canyons les plus beaux et les plus impressionnants au monde, concentré sur une petite superficie. On y retrouve d'incroyables dégradés de couleurs, le jeu de l'eau et de la glace et tous les effets de l'érosion et du temps… C'est un magnifique temple naturel, propice à la contemplation et à la méditation. Un spectacle pour les yeux et le cœur.


Sans relation avec ce qui précède, je partage avec vous que, ce matin, j'ai lu un article sur le fait que les autres planètes du système solaire se réchauffaient aussi et là, sans que l'action de l'homme ne puisse être incriminée… Les cycles du temps et de la nature.


Le canyon de Bryce est un livre d'histoire à ciel ouvert dans lequel on s'est promené aujourd'hui.

Repos en cet fin d'après-midi avant d'aller dans le restaurant en face écouter de la musique country ce soir encore. Les enfants arrivent demain à Las Vegas où nous dormirons tous une nuit avant de partir descendre pendant une semaine le Colorado en rafting…

Vive la vie, vive l'aventure !


01 mai - Descente du Colorado en rafting dans le Grand Canyon


Nous venons d'arriver après 5h de route au Cliff Dwellers lodge (Arizona) où nous allons dîner avant de nous coucher tôt. Demain matin lever à 07h00 pour l'orientation et les préparatifs puis départ à 08h30... Pour, enfin, un peu d'aventure ! 🤣


Nous sommes partis hier. Les paysages sont grandioses. Les décors somptueux, majestueux, impressionnants. Les couleurs des 3 parois déposées il y a plusieurs centaines de millions d'années sont un régal pour les yeux. Ces couleurs ainsi que celles de l'eau changent tout au long de la journée et à chaque virage que nous prenons.


Après un délicieux déjeuner, nous avons descendu plusieurs rapides. La température de l'eau est très froide, environ 10 degrés. Cela fouette… Les éclaboussures et les vagues nous ont bien rafraîchis alors que le soleil tapait fort.


Après une très bonne grillade et un excellent dîner, nous sommes allés nous coucher tôt (19h30) à la belle étoile. Nous avons installé nos lits de camp sur la plage en bordure du Colorado et avons dormi ainsi, sous le ciel étoilé.

Le spectacle était vraiment indescriptible. Je me suis levé plusieurs fois au milieu de la nuit juste pour contempler le ciel. A 23h les différentes parois du canyon avaient des couleurs différentes et c'était juste exceptionnel. Plus clair en haut, plus foncé en bas, avec un ciel étoilé au-dessus. Je suis resté longtemps à contempler cet inoubliable spectacle. On aurait dit une photo, un dessin tellement les contrastes étaient marqués. C'était magique, incroyable, une vraie peinture, un véritable chef d'œuvre. J'ai aussi été impressionné par le fait que la grande ourse ne bougeait pas (pendant plusieurs heures). J'avais l'impression qu'elle ne bougeait pas mais ce n'était en fait qu'une impression entre 19h30 et 23h00... Car quand je me suis réveillé à 2h00 du matin, elle avait bien disparu derrière les immenses parois du canyon !


Aujourd’hui, enchaînement de plusieurs rapides. C'est la "douche gelée" à chaque fois.

Nous nous sommes tout de même baignés.

Puis, nous nous sommes arrêtés dans une grotte avec une immense plage où nous avons joué à un jeu de piquets (type de jeu de quilles amélioré)… Alex et moi contre Philippe et Titouan ! C'était hilarant…


Ensuite, nous sommes allés nous promener dans le canyon (belles excursions dans des canyons étroits perpendiculaires au grand canyon) et en soirée Emma et moi sommes montés jusqu'à un grenier à grains perché en hauteur (à l'abri des crues) anciennement utilisé par les indiens. La vue sur le canyon était extraordinaire et je m'en suis voulu de ne pas avoir pris mon appareil photo (téléphone). Quel regret de ne pas avoir pu prendre une photo avec le coucher de soleil ! Les serpentins verts du Colorado creusant un chemin sinueux au milieu de ces immenses parois rouges formaient un véritable décors de cinéma, un décors de rêves.


Retour au camp pour se nettoyer dans la rivière à 10 degrés ! C'est drôlement froid, croyez moi, surtout quand il fait bon dehors. La soirée était très sympa. Ces descentes du Colorado sur 7 jours se font habituellement avec des groupes de 15 à 30 personnes (il y a souvent 2 bateaux) mais là, c'était une des premières descentes de l'année et nous avons eu énormément de chance. Nous n'étions que 9 au total dont 5 de ma famille sur un bateau. Autant vous dire qu'il s'agissait presque d'une descente privée !

Et l'agrément d'avoir 4 canadiens très sympa avec nous, nous a permis d'avoir des débats très intéressants après le dîner sur la définition de la connaissance et les modes d'apprentissage, sur l'IA, sur Dieu et sur le changement climatique ! Malheureusement tout cela a été brusquement interrompu par une forte averse qui nous a obligé à courir nous mettre à l'abri dans nos tentes…. Tentes que nous avions montées pour la première fois aujourd'hui en prévision d'une météo beaucoup moins clémente pour les prochains jours !


Ça n'a pas raté. Tout était parfait mais il a fallu que la météo s'en mêle. Pluie, bruine, vent, froid avec des températures anormalement basses pour la région et le mois. On a vraiment eu froid deux jours sur le raft et plus personne ne voulait rester devant… Tout le monde était bien équipé, habillé et protégé par des imperméables et plusieurs couches de vêtements, sauf ma famille et moi qui avons souffert ! Mes enfants et moi étions en maillots de bain et nous grelotions trempés jusqu'aux os ! Le lendemain Philippe s'est recouvert d'une cape noire et d'un sac poubelle (sur la tête) en disant qu'on ne l'y reprendrait plus…


Nous sommes passés à travers de magnifiques rapides… Des class 9 sur 10 dans la classification américaine et des class V dans la classification mondiale ! C'était vraiment sympa même si froid.


Nous avons fait plusieurs promenades pendant la semaine. Les pique-niques étaient fabuleux. Les repas de très bonne qualité. Vraiment, je recommande la société Hatch de Steve Hatch, le fondateur (et un des pionniers à descendre le Colorado de manière commerciale depuis les années 1960), pour cette descente.

Beaucoup d'explications géologiques sur la formation du canyon et sur les différents types de roches. Des balades et des baignades très sympa. Quelques jeux au milieu de la journée (glissades sur des bouées, etc.). Le tout dans la bonne humeur…


Le soir nous avons faits quelques parties de belote avec les enfants avant de nous coucher toujours très tôt (20h) pour nous lever à 6h du matin tous les jours. Si la météo avait été plus clémente, nous aurions dormi tous les soirs à la belle étoile !


Nous avons traversé quelques rapides super sympa (Crystal, Lava, etc.) et vous entendrez pas mal de cris sur les vidéos. Je vous suggère d'ailleurs de regarder les vidéos les plus longues, ce sont les plus sympas ! Cela remuait et mouillait beaucoup !


Nous sommes sortis du canyon en hélicoptère (une première pour Emma et les enfants) et puis nous sommes rentrés sur Las Vegas en avion. Après avoir vu le grand canyon d'en bas, nous avons donc eu la chance de le voir d'en haut ! Après l'hélicoptère nous sommes montés dans un petit avion ("d'indiens", dixit Philippe), qui nous diffusait dans le casque des explications sur les formations géologiques du canyon. Les enfants n'étaient pas du tout rassurés. Ils appréhendaient ces deux vols (photos et vidéos sympa) mais tout s'est très bien passé et nous sommes bien arrivés à Las Vegas où nous avons, après une longue douche chaude (un gros bain chaud pour moi pour me décrasser du sable), 3 machines à laver et à sécher le linge que Emma a eu la gentillesse de faire pendant que nous regardions en replay les demi-finales de la Champions League et le PSG se qualifier pour la finale, atterris dans un petit restaurant étoilé (les enfants ont pris des hamburgers !)…


Nous venons de déposer les enfants à l'aéroport et nous sommes partis, après avoir rapidement avalé quelques sushis, en direction de la vallée de la mort ! Death Valley…


09 mai - La vallée de la mort


OUAH… La vallée de la mort… Aussi intéressante pour ne pas dire passionnante pour son histoire que pour sa géographie et sa géologie. Nous avons marché 1 heure (5 kms environ) par plus de 43 degrés à l'ombre (aucune idée au soleil mais l'air était irrespirable) dans le golden canyon le samedi 10 mai à midi ! Cette expérience de marcher avec difficulté tellement la chaleur est écrasante et comprime nos poumons est intéressante et donne une idée de ce que pourraient devenir certains coins de notre planète dans quelques dizaines d'années avec le réchauffement climatique…


La vallée de la mort est le plus grand parc national des États-Unis en dehors de l'Alaska. La vallée est entourée d'un côté d'une chaîne de montagnes et d'un sommet à 3370 mètres (le pic Télescope) et de l'autre du point de vue de Dante, deux fois moins haut. Au milieu se trouve le point le plus bas d'Amérique du Nord et un des 5 points les plus bas de la planète par rapport au niveau de la mer, à -86 mètres. La mer morte détenant et de très loin le record à plus de 410 mètres sous le niveau de la mer.


Ces jours-ci la température (43 degrés à l'ombre) était écrasante. A priori le record de température dans le monde a été mesuré ici à Furnace Creek (où nous avons dormi), en 1913 avec 56.6 degrés Celsius !


Les anthropologistes ont trouvé des traces de vie dans cette vallée qui remonte à 10.000 ans. Des chasseurs de gros animaux. Puis il y a un peu plus de 1000 ans sont venus vivre sur les bords d'un lac profond de 10 mètres environ la tribu Timbisha Shoshone. Ils chassaient des petits gibiers et ramassaient des graines. Ce n'est qu'en 1849 que sont arrivés les premiers colons à la recherche d'or et ces derniers ont imaginé que cette vallée était un raccourci pour aller en Californie.

Cette vallée a été dénommée la vallée de la mort à ce moment là car quelques colons ont survécus après s'être égarés et perdus dans cette vallée !


Ensuite les indiens Shoshone ont été poussés en dehors de leurs terres à la fin des années 1880 quand certains colons ont vu un intérêt pour l'exploitation des minerais dans cette vallée et en particulier du Borax. Mais cet engouement n'a duré que quelques années, et c'est pour cela qu'aujourd'hui encore il y a beaucoup de villes / villages fantômes et de mines abandonnées.


Une explication intéressante… Pourquoi cette vallée est aussi chaude et aussi sèche (ce qui explique que son point le plus bas à -86 mètres sous le niveau de la mer ne soit pas recouvert d'eau) ? En fait ceci s'explique par le fait que les tempêtes et nuages d'hiver qui proviennent de l'océan pacifique à l'ouest doivent passer par dessus plusieurs chaînes de montagnes pour arriver dans cette vallée. Quand les nuages montent le long du flanc des montagnes pour passer par dessus, ils se refroidissent (l'air en altitude est plus froid, environ -1 degré tous les 100 m de dénivelé) et se faisant ils libèrent l'eau qu'ils contiennent sous forme de pluie… Quand les nuages arrivent de l'autre côté (sur la façade est), ils sont grandement déchargés de leur humidité. Or, pour atteindre la vallée de la mort, ces nuages doivent surmonter 4 grosses chaînes de montagnes, ce qui fait qu'ils arrivent totalement essorés au dessus de la vallée de la mort où il pleut donc très peu… Très très peu.


Et dernier élément intéressant, les températures du sol sont encore beaucoup plus élevées que les températures de l'air… D'environ 40%. La chaleur étant emmagasinée au niveau du sol, le sol peut atteindre une température de 201 F soit 80 F au dessus de la température de l'air.


Sur la route du départ ce matin, nous sommes passés à Mesquite flat dunes (très belles dunes de sable) et à Stovepipe Wells où nous avons vu de vieux morceaux de trains rouillés et abandonnés… Nous partons pour le parc national Sequoia et vu que nous avons presque 6h de route aujourd'hui, nous n'allons pas rallonger notre route pour voir les villes fantômes.


12 mai - Le parc Yosemite


Nous venons d'arriver au parc national du Yosemite. Des montagnes, des cascades, des forêts… Après un déjeuner plutôt sympa à Lucky Buck Café, nous sommes partis marcher 2 heures dans la vallée Hetch Hetchy pour aller voir les cascades Tueeulala et Wapama !

Cette région était habitée depuis plus de 6000 ans par des indiens avant que n'y arrivent des colons en 1850. Le nom de la vallée vient d'un mot indien Miwok "hatchhatchie" qui veut dire "l'herbe mangeable"... La vallée était en fait habitée parce qu'elle fournissait de l'eau toute l'année.

Ce réservoir d'eau et cette région ont été préservés (défendus par des environnementalistes comme John Muir) jusqu'à ce que le terrible tremblement de terre de 1906 détruise San Francisco et tout son système de canalisations d'eau… C'est alors que sous la pression des populations, et en évaluant le risque/ bénéfices différemment, le congrès américain a décidé en 1913 d'y faire construire un barrage, qui alimente encore aujourd'hui plus de 2 millions de personnes en eau potable !


Après la forêt des arbres géants (Parc national de l'arbre Séquoia), nous avons la chance de voir le parc des géants de granite (dans la vallée du Yosemite). Des géants de granite (énormes roches et dômes), qui pleurent à grosses goutes (merveilleuses cascades) et qui ont les pieds dans l'eau, froide presque toute l'année suite à la fonte des neiges…

La vallée du Yosemite est vraiment magnifique. Au delà de ces géants de granite, il y a de très belles rivières, des cascades, des prairies et des forêts, toutes parsemées de chemins de randonnées. L'eau est très présente en ce printemps. Ces prairies et forêts à flanc de montagnes me font penser à toutes mes lectures depuis tout petit sur les amérindiens. Je ferme les yeux et je les imagine vivre ici dans ces forêts, dans ces endroits encore sauvages et préservés, résistants au froid, aux conditions climatiques parfois rigoureuses, les imaginant chasser en bandes, cueillant ensemble et s'entraidant socialement. Comme j'ai vu cela être le cas, il y a encore peu de temps au Laos…

Les indiens ont "inventé" les sociétés égalitaires et la démocratie… Et je me demandais si, au final, ce qui a fait de nous des individualistes de plus en plus égoïstes ce n'est pas ce monde d'abondance dans lequel nous vivons et dans lequel par définition nous avons moins besoin de l'autre, des autres. Il faut que je continue à y réfléchir mais il me semble évident qu'il y a une corrélation forte entre ces dimensions, qui ne va pas sans rappeler ce beau proverbe africain "si tu veux aller vite, va seul, mais si tu veux aller loin, allons ensemble".

Cela me renvoi aussi à ce livre passionnant que je vous recommande à nouveau fortement "Le premier 21ème siècle" de Jean-Marie Guéhenno… Où il explique remarquablement bien comment on a perdu notre société de projets et de visions communes (il parle de projets politiques, mais pour moi le projet de survivre en famille ou en clan est aussi un projet en soi), pour une société individualiste et communautaire basée non plus sur des projets qui unissent mais sur des identités (qui ne se discutent pas, à l'inverse des visions ou des projets, et) qui au final divisent… Car notre cerveau se focalise aveuglément et bêtement sur le peu de choses qui nous différencient et divisent (notre œil étant toujours plus attiré par les particularités, les différences et les exceptions (la baie rouge au milieu du feuillage vert - prédominant mais qu'on ne regarde pas), c'est à dire par ce qui se voit en premier… Le différent) plutôt que par ce qui nous rassemble et qui nous unit (très souvent, l'immense majorité des choses mais c'est tellement immense qu'on ne le voit plus ou plutôt qu'on n'y accorde plus d'importance pour l'avoir sous les yeux tout le temps).


Quel beau cadeau la nature nous a régalé avant de partir du parc ! Depuis tout petit, je rêvais de voir un Lynx, un vrai Lynx en liberté, à l'état sauvage. C'est maintenant chose faite. Je me suis même retrouvé nez à nez avec lui voulant le suivre pour le filmer. Il était plus petit que je ne me l'étais imaginé mais cela fait tout de même un boum au cœur ! Voilà le véto comblé. Nous pouvons maintenir repartir pour la ville et aller découvrir San Francisco demain !


16 mai - Ketchikan Alaska


Nous venons d'arriver à Ketichkan, en Alaska, où nous allons rester deux jours avant de partir en croisière pour Sitka dans le passage intérieur (à priori c'est l'un des parcours maritimes les plus impressionnants au monde) !


Le mot Alaska vient du mot russe Аляска (Alyaska), lui-même dérivé d’un mot aléoute (langue indigène des Aléoutes), qui signifie "grande terre" ou "continent". Son surnom actuel est aussi "la dernière frontière".


L'Alaska est un état américain hors normes à tous points de vue. C'est le plus grand état américain et parce que la plaque pacifique passe sous la plaque tectonique nord-américaine (qui la pousse vers le haut dans un mouvement de subduction), il contient 17 des 20 plus hauts sommets américains. Il contient aussi 70 volcans actifs, plus de 3000 rivières, plus de 3 millions de lacs, les glaciers les plus actifs au monde et des richesses sous terraines incroyables (surtout dans la région du "far north" où la décomposition des dinosaures et autres animaux a généré pas mal de réserves de pétrole). La découverte du pétrole en Alaska s'est d'ailleurs faite par les natifs quand le pétrole remontait parfois à la surface (par des crevasses) et formait des lacs de pétrole… Les natifs utilisaient cette substance noire une fois refroidie pour différents usage, y compris pour imperméabiliser leurs bateaux !


La terre de cet état est à plus de 90% publique. 70% sont préservés sous forme de parcs nationaux, réserves et forêts administrés par le gouvernement fédéral des États-Unis, 30% par des agences régionales de l'état d'Alaska, 9% appartiennent aux natifs / indigènes historiques (après une rétrocession intéressante liée au fait que les États-Unis ont acheté ces terres d'Alaska et le droit de les gouverner à la Russie, mais comme les indigènes n'ont jamais reconnu ces terres comme appartenant à la Russie, ils ont contesté cette vente jusqu'à ce qu'on leur cède 9% du territoire) et 1,5% est actuellement privé (les villes). Cette terre ou plutôt (et c'est un détail intéressant !) la souveraineté de cette terre a été achetée par les États-Unis à la Russie pour la somme de 7,2 millions de dollars (environ 130 millions de dollars actuels) le 30 mars 1867. L'Alaska adhère à l'Union le 3 janvier 1959.

Cette terre a été convoitée initialement pour 3 raisons (l'or et ses minerais), la pêche (Ketchikan est la capitale mondiale du saumon!) et l'exploitation du bois et des forêts. Aujourd'hui, le tourisme s'est développé et les secteurs économiques prédominants sont la pêche, le tourisme, et surtout la production d'hydrocarbures (pétrole, gaz) depuis la découverte de gisements à Prudhoe Bay dans les années 1970.


L'Alaska est tellement riche par sa nature. La forêt (source de vie), les animaux et l'homme y vont vécu en harmonie pendant des décennies. L'homme vivait avec les forêts et sculptait ses histoires (pour transmettre aux générations suivantes) dans d'immenses troncs d'arbres… Qui devenaient ensuite des totems…


Nous avons déjeuné au restaurant Alaska Fish House un flétan pêché localement, puis après avoir déambulé dans la ville pour y voir de très jolies choses (sculptures d'omoplates de baleines et de magnifiques bois d'élan), nous sommes allés voir le musée local où nous avons reçu énormément d'explications de qualité sur l'Alaska, son histoire, sa géographie, et sa tectonique des plaques… C'était passionnant. Une vraie conférence par une guide passionnée et amoureuse de sa région !

Dans le musée, on a par exemple découvert qu'en moyenne un américain utilise plus de 7 arbres par an pour sa consommation personnelle en papier, en bois, etc... Même si il n'était pas précisé la taille des arbres !

La journée a été extrêmement instructive ! Nous nous sommes régalés.

Nous partons maintenant dîner dans un très bon restaurant local où nous allons écouter de la musique… Le New York Café !


Ce soir nous dormons à "Inn at Creek Street", l'ancien district "rouge" de la ville où opéraient les prostituées dans les années 1920/1930... Nous circulons sous la pluie au milieu des anciennes maisons closes…


Alors que nous venons tout juste du Colorado / Grand Canyon où j'admirais le soir la grande ourse dans la nuit étoilée, j'ai été surpris de voir que le drapeau de l'Alaska était composé de huit étoiles couleur or, qui représentent la « Grande Casserole » de la Grande Ourse avec l'étoile polaire, sur un fond bleu foncé. Il fut adopté en mai 1927.


18 mai - Croisière Alaska, le passage intérieur


Nous venons d'embarquer pour notre croisière Alaskan Dream. Dans la jungle de Sumatra, on m'appelait "Papa" parce j'étais, et de très loin, le plus vieux ! Dans cette croisière, on pourrait m'appeler "fiston" car je suis (mais d'un peu moins loin malheureusement) le plus jeune des passagers !


L'Alaska mérite son surnom de "dernière frontière" ! Nous sommes dans une belle région reculée et encore très sauvage. Je ne le savais pas mais nous allons en fait naviguer toute la semaine dans le parc national de la forêt Tongass qui est la deuxième plus grande "Rain Forest" du monde derrière l'Amazonie et la première forêt tempérée de la planète par sa très grande superficie. Nous partons de Ketchikan pour aller à Sitka, en passant par des fjords, Petersburg, Juneau et la vallée des glaciers.


Ce matin (première vraie journée), nous avons fait du kayak (sous la pluie) dans la "poche de Dieu" (c'est ainsi qu'est dénommée la petite baie où nous nous sommes arrêtés). Cet après-midi nous allons sortir en bateau sous un merveilleux (les choses sont parfois d'autant plus merveilleuses qu'elles sont rares) rayon de soleil pour aller voir les berges et la forêt de plus près.

Sortie en bateau sous le soleil. C'était très agréable. Au retour, nous avons eu le droit à une présentation intéressante et instructive sur les formations géologiques et topographiques de l'Alaska. Il y a jusqu'à 5000 tremblements de terre par an en Alaska. Le plus violent (9.2 sur l'échelle de Richter) ayant eu lieu près d'Anchorage en 1964.

Avec l'explication du mouvement des plaques tectoniques (la plaque Pacifique passant sous la plaque nord-américaine) on comprend pourquoi 75% des volcans actifs du monde sont situés dans l'anneau de feu tout autour de la plaque du Pacifique (entre le Japon, la Chine et les USA).

En Alaska, il y a aussi 19400 glaciers représentant environ 4% de la superficie totale de l'état. Une grande partie de cette région était recouverte de glace il y a 23000 ans lors de la dernière période glaciaire. Avec le recul des glaciers, de magnifiques fjords sont apparus… Et c'est dans ces magnifiques fjords que nous naviguons cette semaine.


Ce matin au réveil nous avons eu la chance de voir un ours noir sur l'île du Prince de Galles (Kasaan bay)… Ils sortent de leur période d'hibernation à cette époque de l'année et déambulent sur les berges à la recherche de leur alimentation. Puis, pendant le petit-déjeuner, j'ai pu filmer un aigle (Pygargue à tête blanche) qui avait plongé dans l'eau pour pêcher un saumon. C'était très impressionnant de le voir nager ainsi avec sa proie sous l'eau entre ses serres. C'est à priori assez rare de voir cela et j'ai pu le filmer nageant jusqu'à la berge où il a ensuite dépecé et mangé le saumon sous le regard d'un autre jeune Pygargue. Le moment était captivant.

Nous sommes ensuite sortis en bateau pour voir des phoques. Les phoques, à la différence des otaries (lions de mer) qu'on avait vues précédemment à San Francisco et au Mexique, n'ont pas d'oreilles mais des trous à la place des oreilles.


Cet après-midi nous allons visiter un village indigène local. Nous venons de débarquer dans le (nouveau) village de Kasaan et nous avons le droit à un tour guidé avec Georges Nix ! Nous commençons par visiter un atelier où sont construits les canoës comme à l'ancienne. Le grand canoë qu'on voit en photo a demandé le travail de 10 à 12 personnes pendant environ 1000 heures !

On retrouve ici la même solidarité des communautés qu'au Laos. Les mêmes principes, les mêmes approches, par exemple sur le partage des ressources et des aliments en privilégient d'abord les anciens.

Notre guide nous explique comment tout est lié et qu'il n'y a pas nécessairement de début et de fin. A chaque fois qu'un arbre meurt et tombe, d'autres naissent à sa place. C'est le merveilleux cycle de la vie sans début ni fin avec un perpétuel recommencement où tout est lié. Je trouve toujours intéressant de voir comment ces populations indigènes pensent et réfléchissent en totale harmonie avec la nature. Ils savent encore ce que nous avons déjà oublié et en ce sens sur certaines dimensions, ils sont bien plus éduqués et avancés que nous.

Les totems racontent l'histoire des familles et établissent les liens entre le passé, le présent et le futur. En bas le passé, au milieu le présent, en haut le futur. Sur un des premiers totems que nous avons vu aujourd'hui, le futur était très intéressement représenté par des oreilles pour symboliser l'écoute et le besoin d'humilité. Écouter les leçons du passé et apprendre d'elles pour créer un meilleur futur et surtout un futur pérenne.

Notre guide a insisté sur la signification du mot "communautés"... Et sur la fusion des deux mots "commun" et "unité"... Autrement dit une communauté est un ensemble de personnes qui partagent une vision commune. On revient à l'importance pour une société d'avoir une vision partagée et des projets porteurs et de ne pas mettre au premier plan le sujet des identités qui est un sujet qui divise, qui ne peut pas se débattre et sur lequel on ne peut pas agir ! On peut débattre sur des projets, mais pas sur des identités !


Très intéressant. Comme la chaîne de montagnes et de volcans de l'Alaska vient du processus de subduction expliqué précédemment, il y a de la roche très rapidement sous la terre et le guide m'a expliqué qu'au plus haut il n'y avait que 45 cm de terres au dessus de la roche en Alaska.

Nous avons poursuivi notre balade dans la forêt (magnifique) pour aller voir d'autres totems.

Nous avons vu le dernier totem original du vieux village Kasaan qui date du début du 19ème siècle. En discutant de ce totem, le guide nous a rappelé une chose essentielle… La vraie définition du pouvoir…

En fait, le vrai sens du pouvoir n'est pas défini par qui on est ou ce que l'on a, mais vraiment beaucoup plus par ce qu'on est prêt à sacrifier, à donner, à perdre… Je trouve cela à la fois extrêmement intéressant et vrai. Il suffit de regarder ce qui se passe en Ukraine (après ce qui s'est passé au Vietnam et en Afghanistan il y a quelques décennies).

Les totems parlent de cela aussi. De ce qu'on est prêt à sacrifier… Et tout cela nous ramène aux valeurs, aux valeurs profondes et durables…

Nous avons aussi appris (sans surprise) que les indigènes appelaient les hommes blancs "les hommes de fer" parce qu'ils ne regardaient pas la couleur de leur peau (pas important pour eux) mais plutôt ce qu'ils avaient à offrir (et tout le fer qu'ils apportaient avec eux) ! A l'inverse des hommes blancs qui voyaient avant tout la couleur de la peau des indigènes.

Le guide nous a aussi rappelé qu'on retrouvait dans les arbres l'ADN des saumons parce que quand ils meurent leur azote fertilise les sols et se retrouve dans les plantes et les arbres. Tout cela est un seul cycle de vie à nouveau. Nous avions déjà vu cela à Ketchikan lors de notre "promenade du saumon" avec des explications sur l'importance des saumons dans le cycle de vie des ours et de plusieurs autres espèces !

L'autre rappel (là aussi, rien de nouveau mais entre savoir les choses et les garder consciemment présent à l'esprit en permanence, il y a une grande différence) c'est que la chose (l'actif) le plus important que nous ayons les uns et les autres c'est le temps. Cette ressource rare qui nous est comptée et dont le capital diminue chaque jour… Georges nous a donc expliqué qu'un cadeau n'avait que la valeur de l'énergie et du temps qu'on avait mis dedans. Si le plus important c'est le temps, c'est avec les gens qu'on aime le plus qu'on devrait passer ce temps… C'est à eux qu'on devrait offrir notre temps… Et c'est dans les choses les plus importantes dans notre vie (nos priorités, nos grosses pierres) qu'on devrait mettre le principal de notre énergie.

Dans la maison du village, notre guide nous a raconté une autre histoire en lien avec les totems… L'histoire de l'enfant fainéant (on retrouve beaucoup d'histoires communes, que personnellement je trouve passionnantes, au sein de ces populations indigènes et indiennes)… C'est l'histoire d'un enfant à qui la maman, qui est très puissante dans le village, demande d'accomplir des miracles pendant la nuit. La première fois elle lui demande d'aller pêcher plein de saumons pour nourrir le village, ce qu'il fit toute la nuit. Au petit matin les saumons étaient sur la plage comme promis par la maman et le village la porta aux nues… Alors le petit enfant passa sa journée à dormir, après une nuit épuisante. Et cette histoire se répéta plusieurs semaines de suite. L'enfant passait ses journées à dormir et fût considéré comme un enfant extrêmement fainéant… (N'oubliez jamais qu'on sait ce qu'on sait, mais qu'on ne sait pas ce qu'on ne sait pas..; Et que la plupart des conflits humains viennent de cela, de ce manque d'humilité, de lucidité et de compréhension "qu'on ne sait pas ce qu'on ne sait pas". Ne l'oubliez pas !). Un jour la maman promis aux villageois une baleine. Elle demanda donc à son fils de partir tuer une baleine. L'enfant s'exécuta et passa la nuit entière à se battre contre une grosse baleine bleue mais il fût tué et le matin au lieu de voir une baleine sur la berge, c'est le petit enfant qui gisait là, mort. Tout le village s'en pris à la maman et s'en est débarrassé déçu de ne pas l'avoir vue tenir ses engagements et ses promesses. (La déception n'est jamais une notion absolue mais toujours une notion relative, relative aux attentes qu'on a sur quelque chose. Ne l'oubliez jamais, non plus !). Donc même si la maman (grâce et à travers son fils) a beaucoup donné au village elle fût tuée aussi, et l'enfant abandonné sur la plage, fût lui à tout jamais considéré comme un enfant fainéant parce qu'il passait ses journées à dormir ! Comme j'aime très souvent dire… On ne sait pas ce qu'on ne sait pas et c'est bien cela le problème majeur des relations humaines, souvent la principale sources de conflits et d'erreurs de jugements.


On a terminé notre parcours initiatique par une parabole / comparaison sur ce qui se passait quand on mettait une pomme de terre, un œuf ou un grain de café dans de l'eau bouillante. On ne voit pas trop de changements avec la pomme de terre et l'œuf (ils changent de consistance à l'intérieur), en revanche avec le grain de café on voit l'eau complètement changer de couleur sans que le grain de café ne paraisse trop affecté. Notre guide nous invite comme le grain de café à diffuser notre connaissance, nos leçons de la vie et notre sagesse à notre entourage et à notre environnement (représenté par l'eau dans son histoire) pour faire tous ensemble un monde meilleur et plus durable. Soyez donc des grains de café nous a-t-il dit !

Nous sommes des planteurs de graines… Nous ne pouvons pas faire grossir les arbres mais nous pouvons planter des graines (chaque individu se développe comme il veut /peut, nous pouvons juste apporter des graines et de l'eau pour aider).


Rappelez vous que nous sommes tous unis et de la définition de "communautés".

Enfin, il a terminé en disant que quand on lui demandait d'où il venait, il répondait toujours "de la terre". Nous sommes tous de la même famille et nous n'avons qu'un berceau commun les uns et les autres, la terre. A force de regarder nos différences pour créer un semblant d'individualité chez chacun d'entre nous, nous avons tendance à l'oublier.


Pour terminer la journée, nous sommes allés voir le principal fabricant de canoë de l'île du Prince de Galles. Il nous a donné des explications passionnantes sur la qualité du bois et de ces arbres (cèdres rouges) de plus de 400 ans. Il nous a expliqué l'importance des stries annuelles bien serrées (quand les stries annuelles sont bien serrées depuis le début c'est que l'arbre a poussé dans une vieille forêt alors que si les stries sont espacées au centre du tronc, c'est que l'arbre a poussé dans une forêt ouverte, une forêt jeune avec peu d'arbres et donc peu de concurrence pour la lumière)… Il nous a aussi expliqué que chaque strie était composée d'une partie très dure (une croûte dure) qui se développait pendant l'hiver sous l'effet du froid et une partie centrale plus tendre et qu'on ne pouvait pas pour cette raison faire croître ces arbres plus vite. Si on le faisait en jouant sur la température et la lumière dans des exploitations sylvestres cela dénaturait complètement l'arbre et la qualité de son bois (il devenait trop tendre, les espaces entre les stries devenaient trop importants) et il devenait impropre pour la fabrication des canoës. Dit autrement, les bonnes choses prennent souvent du temps. A méditer !


Pendant notre promenade dans la forêt, nous avons vu des déjections d'ours !

Le soir, après notre dîner, nous avons eu la chance de voir des baleines et des orques (tueurs de baleines !). Le spectacle de la vie sauvage en Alaska est magnifique, grandiose et nous réserve des surprises à tout moment.


Arrivée ce matin à Wrangell. La météo est avec nous. Il fait beau et bon. Promenade matinale sur la plage pour voir des pétroglyphes (sculptures sur des pierres) dont certains ont possiblement plusieurs milliers d'années d'existence. Site intéressant !

Nous devions ensuite faire une sortie en bateau rapide pour essayer d'aller voir des ours mais Emma est malade et donc nous restons tranquilles ici. J'ai déambulé dans la ville ce matin et là je prends le soleil sur le deck. Je vais lire un peu avant d'aller marcher à nouveau en ville et sur la colline. Emma allait un peu mieux cet après-midi et nous sommes montés sur le haut de la colline d'où nous avons pris une belle photo du village avant de rentrer sur le bateau pour nous reposer.

Parmi nos amis (nous ne sommes que 23 passagers et sur un petit bateau il est facile de socialiser et de sympathiser en quelques jours), 11 d'entre eux sont partis sur le bateau rapide pour aller voir des ours, et ils viennent tout juste de rentrer. Ils m'ont montré leurs belles photos et vidéos ! Ils ont eu l'incroyable chance de voir 2 ours noirs et 1 ours brun (appelé Grizzly plus au centre du pays) dans leur habitat naturel ainsi qu'une vingtaine de Pygargues. Les ours se promenaient sur les berges et mangeaient des plantes vertes (choux) riches en fibres pour les aider dans leur processus de nettoyage de leur tube digestif post hibernation (bouchon fécal à évacuer). Je ne peux pas regretter de ne pas y être allé car l'après-midi était très agréable et reposante (on s'est bien promené avec Emma), mais j'aurais bien aimé discuter (assez longuement d'ailleurs) avec le guide sur les ours et ajouter quelques belles photos et vidéos à notre collection si j'avais pu ! J'ai cependant vu les photos et vidéos de mes amis et j'essayerai d'en garder le souvenir. Merci à eux pour avoir beaucoup pensé à nous pendant leur sortie ! Ils sont vraiment adorables.


Nous aurons donc vu (de nos propres yeux) énormément de vie sauvage ces derniers jours : des aigles / pygargues, des ours, des baleines, des orques, des phoques, des otaries et mêmes des Dall's Porpoise, mais ce n'est que sur la vidéo de nos amis que nous aurons vu un ours brun. Les ours bruns (appelés ainsi sur la côte) mangent beaucoup de saumons (ce qui constitue un apport énergétique et protéique très important pour eux). Ces mêmes ours bruns ont une alimentation moins riche en protéines à l'intérieur du pays et sont pour cette raison un peu plus petits, et ce sont eux qu'on appelle Grizzly ! Enfin une troisième catégorie d'ours brun (une autre sous espèce car ils sont isolés), beaucoup plus grands, existent sur l'île Kodiak et sont appelés les ours bruns de l'île de Kodiak.


Pendant la nuit, nous sommes partis plein nord et avons traversé un détroit tout simplement splendide. Un des plus beaux endroits au monde si on aime les forêts. J'avais l'impression de retrouver les paysages dont je rêvais quand je lisais les aventures du far ouest, sur la partie boisée des Rocky mountains, au nord. Vraiment, le petit détroit qui circule entre les îles de Mitkof et Kupreanof jusqu’à Petersburg était magnifique. C'est clairement un endroit idyllique pour passer un été à pêcher et à vivre loin du monde en harmonie avec la nature dans une des petites cabanes perdues au milieu des bois.


Ce matin nous sommes arrivés au glacier Dawes après avoir traversé le canal Endicott, le canal de Tracy (plus étroit et donc plus pittoresque) étant inaccessible suite à la chute de gros blocs de glace. Nous allons sortir en bateau pour aller voir le glacier de près. La météo est avec nous et la température est très douce pour cette saison !


Nous avions déjà vu cela en Patagonie lors de notre randonnée guidée au niveau des glaciers Leones. Nous avions eu des explications passionnantes et nous venons d'avoir les mêmes ici. Les montagnes et les roches découvertes sont restées écrasées et compressées sous la neige entassée, qui forme des glaciers, pendant des milliers d'années. Elles apparaissent donc lisses et grises quand les glaciers fondent et reculent et qu'elles apparaissent finalement à l'air libre. Puis, plus tard dans le temps et le cycle évolutif, commencent à apparaître des lichens. Ces lichens sont les toutes premières formes de vie à apparaître sur ces montagnes et roches. Quand ces lichens meurent, ils constituent le substrat sur lequel commencent à pousser des mousses, et puis apparaissent plus tard dans le temps, des plantes, puis des arbustes, puis des arbres… Ce qui est vraiment incroyable c'est qu'en remontant vers le nord, on remonte en fait dans le temps en voyant des vallées qui sont encore aujourd'hui comme les vallées plus au sud étaient il y a quelques milliers d'années. Ici il y a encore des roches nues et d'autres couvertes de lichens alors que plus au sud on voit de magnifiques forêts (apparues plus tard dans le cycle de vie). Ah cette relation du temps et de l'espace ! Comme quand on regarde avec un télescope assez puissant dans le ciel et qu'on peut voir la lumière distante… On remonte dans le temps (enfin, pour être plus précis, on voit les choses comme elles étaient dans le passé, car nous on ne bouge pas 🤔).

Note personnelle… La vie commence par une association, par de la coopération.

Les lichens en sont la meilleure illustration :

Les lichens sont des organismes symbiotiques, c’est-à-dire qu’ils résultent de l’association étroite et durable entre un champignon (appelé mycobionte) et un ou plusieurs partenaires photosynthétiques (appelés photobiontes), qui peuvent être soit des algues vertes (le plus souvent), soit des cyanobactéries (parfois les deux à la fois).

Le champignon (mycobionte) est l’élément principal du lichen (90 % de sa masse). Il donne la forme, la structure et la protection à l’ensemble. Il absorbe l’eau et les sels minéraux de l’environnement. Le photobionte (algue verte ou cyanobactérie) effectue la photosynthèse et produit des sucres qui nourrissent le champignon. Dans certains cas, la cyanobactérie peut aussi fixer l’azote atmosphérique.

En résumé, un lichen est un champignon + algue verte ou cyanobactérie (ou les deux), vivant ensemble en symbiose.


Cet après-midi nous avons eu une présentation sur les saumons et leur cycle de vie en Alaska, avant de remonter voir des baleines. Nous avons vu plusieurs d'entre elles et aussi des Dall's porpoise (Phocoeonides dalli) qui ressemblent à des petites orques et qui jouaient avec la pointe de notre bateau !


Aujourd'hui, nous sommes arrivés à Juneau (la capitale de l'Alaska). Nous avons visité le musée de la ville avant d'aller nous promener un peu en forêt. Là nous sommes dans un café (leurs cookies sont une tuerie), pour profiter un peu de leur wifi !

Nous repartons cet après-midi pour la vallée des glaciers.


Cet après-midi conférence sur l'histoire et les cultures des peuples natifs de l'Alaska. Puis petit jeu de société (Trivial pursuit) prévu vers 17h30 avant le dîner.


Ce matin nous sommes arrivés dans la baie des glaciers et nous allons voir les glaciers grand Pacifique et Marjorie. Le parc qui inclus ces glaciers est inscrit au patrimoine de l’Unesco depuis 1979 (c'est le plus grand parc protégé au monde avec une surface de 100.000 km2). Cette baie de glaciers a été reconnue comme monument national des États-Unis en 1925. Un village Tlingit existait en bordure du glacier en 1680... En 1750 le glacier était plus grand et a depuis énormément rétrocédé (voir photos).


Je suis dehors sur le deck du bateau, devant le glacier. Il pleut légèrement. On a l'impression d'être dans une immense cathédrale tellement le silence est profond. C'est apaisant. Hormis les quelques passagers qui parlent, cet épais silence n'est entrecoupé que par les quelques cris des oiseaux qui survolent les débris de glace devant le glacier. Cet endroit est magique. On a vraiment l'impression d'être au bout du monde, au niveau de la dernière frontière, là où il n'y a plus de vie humaine. C'est solennel. Silencieux. Grandiose. Magique. Nos yeux restent scotchés sur ces paysages désolés de fin du monde. Je crois que j'aimerais descendre ici pour être seul et juste écouter la musique de la vie non humaine, cette vie si douce, si harmonieuse de la nature quand on retire l'homme et qu'on n'écoute plus que les gouttes de pluie, les petits cris des oiseaux et le craquement de la glace, le seul bruit sourd dans cet épais silence. Rien ne bouge vraiment. Le temps s'arrête. Paisible. Heureux. Chanceux. Serein. Mon cœur est rempli de joie et de gratitude pour chacun de ces instants. Je suis tellement privilégié. Je ne pouvais pas avoir une plus belle vie. Merci la vie.


Nous avons poursuivi notre croisière et avons continué à voir pas mal de faune sauvage. Parmi les animaux les plus intéressants pour moi (me rappelant mes lectures d'enfance), il y avait les chèvres des montagnes rocheuses. Ces immenses chèvres au long poil blanc vivant à flanc de montagnes dans des espaces extrêmement escarpés et donc difficile d'accès aux ours. En vivant sur ces parois, ces chèvres évitent donc de tomber dans les griffes des ours !


Cet après-midi nous sommes arrivés à Gustavus et nous nous sommes promenés dans la forêt. C'était splendide. Le groupe a marché, je suis parti devant et j'ai couru seul dans les bois pour faire deux fois la boucle de 1.5 mile. On n'est pas supposé être seul dans ces bois et encore moins supposé courir au cas où on tomberait sur un ours, mais je faisais assez de bruit pour ne pas être inquiété, à priori. Je me suis régalé. Cette forêt est tellement humide qu'elle est comme dans les dessins animés recouverte de mousses vertes… Cela donnait l'impression d'être dans un décors artificiel, dans un décors de rêves tellement c'était beau. Il y a un très beau lodge à cet endroit pour ceux qui voudraient venir explorer cette région. En rentrant de ma petite course à pieds, j'ai vu des traces d'ours sur la plage. Les traces étaient fraîches (à marée basse)…


En repartant, j'ai pu filmer quelques loutres (sea otter) qui flottaient sur le dos. On les aperçoit à peine à la surface de l'eau mais elles sont intéressantes car elles ont des petites poches sous les bras dans lesquelles elles gardent quelques pierres (adaptées pour elles) pour casser la coquille des crustacés et des coquillages qu'elles mangent. C'est l'espèce la plus marine de l'ordre des Carnivores. Ces loutres passent la plupart de leur temps à flotter sur leur dos et sinon elles plongent pour aller s'alimenter sur les fonds marins. Leur pelage est le plus dense de tous les mammifères avec un million de poils pour quelques cm2. Quand on connaît la température de l'eau ici, on comprend pourquoi ! La nature ne fait rien au hasard ! Et l'élément le plus précieux dans la nature étant l'énergie, cette dernière n'est jamais inutilement gaspillée… Autrement dit, tout ce qui existe dans la nature a une raison (même si c'est parfois dans le temps long) et une fonctionnalité…


Un petit drink m'a été offert ce soir par ma voisine Deborah pour fêter cette belle journée… Cocktail à base de Tequila, Curacao bleu, Campari, jus de citron, sirop d'agave et Ghost pepper vodka ! J'en profite pour dire que nous mangeons beaucoup trop sur cette croisière Baranof Dream de "Alaskan Dream Cruises" mais aussi pour partager le fait que tous les produits sont très frais et la nourriture très bonne !


Ce matin, sortie très sympa d'une heure en kayak. Nous avons ramé en bordure de forêt. Seuls au monde (les autres étant partis en bateau), nous étions au cœur d'immenses paysages sauvages, ceux qu'on s'imagine quand on ferme les yeux et qu'on pense au grand nord ouest canadien et à l'Alaska… Des collines recouvertes d'arbres (et de rien d'autre) à perte de vue. Ce qu'on ressent est très spécial. Je n'ai pas les mots mais c'est très unique. On a vraiment l'impression d'être dans la peau d'un explorateur ou d'un trappeur… Mon rêve d'enfant en fait…


Cet après-midi (après une petite sieste… pour digérer le trop de nourriture ! Nous souffrons vraiment de trop manger et de ne pas pouvoir sortir et marcher plus), nous avons vu des baleines grises ! Ce sera la 3ème espèce de baleines que nous aurons vu en moins d'un an (baleine franche australe en Argentine et la baleine à bosse et la baleine grise, ici en Alaska) ! Je vous laisse regarder les dernières vidéos sur ces baleines grises qu'on reconnaît à la forme du panache laissé par leur souffle, différent de celui laissé par les baleines à bosse. Ces baleines grises sont connues pour leurs migrations parmi les plus longues au monde (environ 8000 kms). Elles se nourrissent sur les fonds marins.

Fin d'après-midi passée sur le bateau avec la remise de quelques prix. Nous avons gagné des prix sur les plus belles photos et Emma a gagné le pari sur quand un gros morceau de glace laissé dans le salon du bateau aurait totalement fondu (et cela en face de 22 autres personnes ! Chapeau Emma). D'où la photo d'Emma avec son cadeau récompense, une boule en verre qui flotte et servait à tenir les filets de pêche au Japon. Ces boules arrivent parfois sur les côtes d'Alaska quand elles se détachent des filets de pêche !

Nous partons dîner sur une île ce soir pour notre dernière soirée !

Nous nous sommes régalés à dévorer du crabe, du vrai Alaskan King Crab... C'était délicieux. C'est la dernière nuit sur le bateau ce soir. Nous débarquons à Sitka demain matin !


30 mai - La route d'Orégon sur la côte Pacifique


Nous sommes partis du village de Trinidad ce matin, petit village sympa de la côte nord californienne qui offre de magnifiques randonnées en sous-bois près de la côte débouchant sur de grandes plages.

Nous nous sommes arrêtés sur la côte à Brandon dans le splendide état de l'Orégon. Nous avons déjeuné à Tony's Crab Shack des huitres exceptionnellement grosses, charnues et délicieuses, ainsi qu'un crab cake et un seafood chowder ! Avec deux bières IPA, c'était top !

Puis nous sommes repartis en faisant quelques arrêts sur la route pour marcher au bord de très beaux lacs et découvrir quelques dunes sauvages, avant d'arriver au phare de Florence (superbe photo à faire de la route surplombant la côte et le phare), et de rentrer dans Yachats où nous restons une nuit au Fireside motel. Nous avons mangé un flétan (Halibut) grillé avec une salade pour le dîner et nous allons maintenant continuer de regarder notre série télévisée au chaud, au lit 😇!


Impossible de passer une nuit à Yachats sans aller courir une heure sur la plage en suivant le "Oregon ocean trail"... En particulier le tronçon "804 trail". C'est majestueux et chargé d'histoire. La plage de 7 miles est magnifique et les maisons qui la bordent illustrent la richesse de certaines personnes… J'ai couru une petite heure et me suis régalé. Petit bain chaud au retour après quelques étirements et puis nous sommes allés marcher dans le parc derrière nous sur "l'Amanda trail". Nous partirons ensuite pour Astoria, notre dernière étape avant Seattle.


01 juin - Seattle


Nous avons quitté l'Oregon ce matin pour rejoindre Seattle dans l'état de Washington (6ème état américain visité lors de ce voyage). Après quelques mésaventures avec la police (ils roulent trop lentement et comme nous voulions faire la grosse boucle de 6h autour du parc olympique, je ne pouvais pas rester derrière eux), nous sommes revenus à la raison et avons décidé de couper directement sur Tacoma, de déjeuner au bord de l'eau et de nous promener là-bas avant de rejoindre Seattle. Nous voulions faire moins de voiture et marcher plus ! Les paysages en bord de route étaient sublimes avec de grandes forêts et des lacs magnifiques. Le déjeuner à Tacoma, au Lobster Shop, était délicieux (huîtres et crab cake pour changer !!). Nous nous sommes ensuite promenés sur la jetée avant de reprendre la voiture pour Seattle. Aussitôt arrivés à l'hôtel Belltown Inn, nous sommes allés marcher sur le bord de mer pour profiter de la météo parfaite. Le soleil était tellement agréable. Nous avons passé un superbe dimanche après-midi. Nous nous sommes promenés pendant plus d'une heure à observer les différents spectacles de la rue. C'était délicieux, génial. Et comme on était vraiment bien, on a fait durer le temps…

De retour à l'hôtel, après une rapide douche, nous sommes partis dîner au restaurant grec Lola !

Ce matin nous avons passé la matinée à faire du travail administratif ! Nous venons de partir déjeuner à l'Elliott Oyster House avant d'aller parcourir la ville.


Photo du chef Si'ahl... Dans le restaurant…

Le nom Seattle vient du chef amérindien Si'ahl (prononcé approximativement "Seattle"), un chef respecté des tribus Duwamish et Suquamish qui vivaient dans la région de Puget Sound, dans l’actuel État de Washington.

Lorsque les colons (européens/américains) sont arrivés dans les années 1850 pour établir une ville, ils ont choisi de nommer cette dernière en l’honneur du chef Si’ahl, en reconnaissance de ses relations relativement pacifiques avec les colons et de son rôle de médiateur entre les peuples autochtones et les nouveaux arrivants. Chef Seattle (ou Chief Si'ahl) est également connu pour un discours célèbre (bien que sa version actuelle soit largement romancée), dans lequel il aurait exprimé des idées profondes sur la nature, la terre et le respect mutuel. Ainsi, la ville de Seattle est probablement la seule grande ville américaine portant le nom d’un chef autochtone.


Ce soir, nous nous sommes lâchés !!! Nous dînons au "The Capital Grille" où je viens de dévorer un NY Strip Steak de 14 Oz sauce au poivre et Emma un filet de 10 Oz ! Quel délice 😇! On a pris des asperges et de la purée en accompagnement pour être raisonnables ! 😘


Ce matin, nous sommes partis tôt pour faire le "tour de Seattle" à vélo ! Il y a plusieurs circuits possibles et différentes pistes cyclables à Seattle et nous avons été gâtés par une météo tout simplement fabuleuse. Nous nous sommes régalés ! Nous avons fait environ 2h de vélo en passant par le centre de l'univers (le quartier Frémont), avant d'aller nous promener dans le jardin japonais. C'était tellement délicieux… L'air frais couplé à la chaleur des rayons de soleil, c'était le bonheur le plus complet… Comme disait Jean D'Ormesson, la recette du bonheur… Du soleil, des livres et des femmes…

Nous sommes ensuite partis déjeuner au Pike market, avant d'aller visiter le superbe aquarium de Seattle. Probablement le plus beau, le mieux pensé et le mieux conçu des aquariums que j'ai eu la chance de voir dans ma vie. La visite était vraiment sympa…

Alors, pour terminer une telle journée, il fallait bien que je prenne un "deep tissue massage" (excellent) 🤣🤣 ! Nous venons d'arriver à notre hôtel dans l'aéroport de Seattle. Départ demain matin tôt pour Jackson Hole et les parcs du Yellowstone et de Grand Teton.


04 juin - Parcs nationaux Grand Teton et Yellowstone


Départ de Seattle ce matin pour Jackson Hole dans le Wyoming. Changement de décors. Nous allons parcourir les parcs nationaux de Grand Teton et du Yellowstone. Aujourd'hui, nous avons visité Schwabacher landing, le lac Jenny, et Oxbow bend avant d'aller nous poser dans une cabane en bois à Colter Bay. Nous avons marché un peu autour du lac Jenny et après une petite sieste réparatrice, nous sommes partis marcher autour du lac Jackson à Colter Bay ! Les paysages sont à couper le souffle. Magnifiques montagnes surplombant de très beaux lacs, avec la neige des sommets se reflétant dans l'eau paisible de ces lacs. Colter Bay par beau temps (c'est notre cas) offre parmi les vues les plus époustouflantes au monde. Cela nous a rappelé la Patagonie chilienne et les images de Cerro Castillo.


Au réveil ce matin la nature était d'une beauté incroyable. Le soleil sur le blanc des sommets enneigés et le bleu du lac. Colter Bay vaut vraiment le détour. Le nom de cette baie a été attribué en l'honneur d'un chasseur de l'équipe Lewis et Clark qui est arrivé dans cet endroit en 1807. Lewis et Clark, deux noms qu'on retrouve partout quand on parcourt les États-Unis.


L’expédition de Lewis et Clark (1804–1806) est une des aventures les plus légendaires de l’histoire des États-Unis. Au départ, Lewis et Clark sont partis explorer le nouveau territoire de la Louisiane que les États-Unis venaient d'acheter en 1803 à la France et qui (pour être immense et à peine connu) doublait la superficie des États-Unis. Le président Thomas Jefferson, grand amateur de sciences et de géographie, voulait savoir ce qu’il avait acheté et s’il existait un passage fluvial vers le Pacifique (une route commerciale idéale). Il commande donc une expédition scientifique, géographique et diplomatique dirigée par Lewis (son secrétaire privé) et Clark (un ami militaire).

Départ le 14 mai 1804, à Camp Dubois, point de départ sur la rivière Missouri près de St Louis. Ils ont atteint leur objectif en rejoignant le Pacifique près de l’embouchure du fleuve Columbia, dans l'Oregon (où nous étions). Puis retour le 23 septembre 1806, à St. Louis.

Leur parcours a commencé par la remontée du Missouri jusqu’à sa source (à contre-courant sur des pirogues puis des bateaux), puis la traversée des montagnes rocheuses à pied et à cheval, avec l’aide de tribus autochtones. Ils ont ensuite descendu le fleuve Columbia jusqu’à l’océan Pacifique. Ils ont construit le Fort Clatsop, où nous sommes passés sur la côte de l’Oregon, pour passer l'hiver de 1805 à 1806. Ils sont rentrés par la même route mais avec des variantes pour mieux cartographier les différentes régions. Ils étaient 45 dans l'expédition avec des soldats, chasseurs, interprètes, esclaves, et surtout Sacagawea, une guide amérindienne essentielle.

Lewis et Clark furent les premiers scientifiques à documenter le grizzli, le coyote, le castor géant, et le mouflon des montagnes, ainsi que des dizaines de nouvelles espèces végétales. Ils confirmèrent l'absence de passage fluvial vers le Pacifique. Ils rencontrèrent plus de 50 tribus amérindiennes : Mandans, Shoshones, Nez-Percés, Sioux, Blackfeet...

Sacagawea, une jeune Shoshone enlevée enfant et devenue épouse d’un trappeur français, a joué un rôle clé comme interprète et guide. York, l’esclave afro-américain de Clark, a été le premier homme noir que beaucoup de tribus voyaient : il fut souvent respecté et admiré.

Les périls étaient constants : maladies, animaux sauvages, froid intense, famine, passages de montagnes sans carte, mais il n'y a eu qu'un seul décès (probablement d’une péritonite). Attaque évitée de justesse avec les Blackfeet, lors du retour. Survie dans les Rocheuses : moments critiques, sauvés par les Nez-Percés qui leur ont fourni nourriture et chevaux. Cette expédition a été un énorme succès sur le plan scientifique, géographique et ethnographique.


Nous partons maintenant pour le parc du Yellowstone. Le premier parc national américain et la terre du plus fameux personnage de mon enfance : Jim Bridger.


Le Yellowstone ! Ouah, quelle splendeur. Incontestablement le # 1. Le premier parc national au monde (créé en 1872), le plus grand et le plus beau de tous les parcs nationaux visités !

Ce parc est un joyau géologique, une réserve de biodiversité, un témoin de l’histoire amérindienne et le tout premier parc national de la planète. D'une superficie d'environ 9000 km2, il se situe principalement dans le nord-ouest du Wyoming, avec des extensions dans le Montana et l’Idaho.

Pendant des millénaires, le Yellowstone fut le territoire de nombreuses tribus amérindiennes, dont les Shoshones, Crows, Blackfeet, Bannocks, et Nez-Percés.

Ils y chassaient, y campaient et y pratiquaient des rituels spirituels. Plusieurs sites archéologiques attestent de présences humaines remontant à plus de 11 000 ans.

Les premiers trappeurs et explorateurs européens arrivent au début du XIXe siècle.

Le Yellowstone était encore largement considéré comme un territoire mystérieux, peu accessible et peu crédible à cause des récits extraordinaires de geysers et de paysages surnaturels.

L’expédition Washburn–Langford–Doane (1870) a joué un rôle clé en cartographiant la région et en publiant des descriptions enthousiastes de ces merveilles naturelles. Devant la beauté et l’unicité du site, les responsables politiques et scientifiques ont voulu protéger la région contre l’exploitation minière, forestière et immobilière (voir le documentaire de Kevin Costner sur ce parc). En 1872, le Congrès américain adopte une loi créant le parc national de Yellowstone : un territoire « dédié à l’usage et au plaisir du peuple ». Ce fut une première mondiale dans l’histoire de la protection de la nature.

Le Yellowstone est situé au-dessus d’un super volcan actif, ce qui explique les geysers (dont Old Faithful), les sources chaudes multicolores (comme Grand Prismatic Spring), et les fumerolles et mares de boue bouillonnantes que nous avons visités. Les couleurs (de l'orange, rouge, jaune, aux bleus) étaient à peine incroyables, les contrastes superbes.

L’activité géothermique y est l’une des plus intenses de la planète.

Le Yellowstone abrite aussi une biodiversité unique : bisons, loups, grizzlis, wapitis, orignaux, loutres, aigles, etc.

Le nom "Yellowstone" vient probablement de la couleur jaune des falaises de grès visibles le long de la Yellowstone River.


Au-delà des peuples amérindiens, un trappeur, un homme blanc connaissait cette région mieux que tout autre. Il s'agissait du légendaire Jim Bridger. Je connais toute son histoire depuis ma plus jeune enfance grâce à la lecture de "La conquête du Far West". Tous les mercredis je consacrais la totalité de mon argent de poche pour acheter le nouveau numéro hebdomadaire de cette série. J'aimais tellement cette collection que je l'ai gardée dans ma maison en Ariège (encore aujourd'hui). Je me disais que je la relirai plus tard et que j'en ferai bénéficier mes enfants et petits enfants.

Jim Bridger (1804–1881) est l’une des figures les plus emblématiques de l’Ouest américain. Trappeur, explorateur, éclaireur et conteur, il incarne à lui seul la transition entre le mythe des montagnes sauvages et l’expansion vers l’Ouest. Son nom est aujourd’hui synonyme de frontière, de courage et d’horizons inexplorés.

James Bridger naît le 17 mars 1804 en Virginie (aujourd’hui dans le Tennessee). Orphelin très jeune, il part à Saint-Louis, Missouri, centre de l’exploration de l’Ouest. À seulement 17 ans, il rejoint la célèbre expédition Ashley-Henry en 1822, l’une des premières grandes entreprises de trappe de l’époque.

En 1824, Bridger aurait été le premier Européen à voir le Grand Lac Salé, croyant d’abord avoir atteint l’océan Pacifique en raison de sa salinité extrême. Cela marque le début de sa légende : un homme capable de s’aventurer là où aucun autre n’est allé.

Durant les années 1820-1830, il vit comme un "mountain man", chassant le castor dans les Rocheuses et tissant des relations avec de nombreuses tribus amérindiennes, notamment les Shoshones et les Crows. Il apprend plusieurs langues autochtones et devient un interprète et médiateur respecté, ce qui lui vaut une grande réputation. En 1843, il fonde Fort Bridger dans le sud du Wyoming, sur l’Oregon Trail. Ce poste devient une étape stratégique pour les pionniers, les Mormons et les militaires.

Bridger travaille ensuite comme guide et éclaireur pour l’armée américaine et pour plusieurs expéditions célèbres. Il guide notamment les troupes pendant les guerres indiennes et la guerre contre le Mexique. Il aide à trouver de nouveaux passages à travers les montagnes, notamment le "Bridger Pass", aujourd'hui traversé par la ligne du chemin de fer transcontinental et l’Interstate 80.

Bridger était célèbre pour ses récits farfelus et son humour. Il racontait avoir vu des "rivières d'eau bouillante à côté de rivières d'eau glacée" (c'était vrai ! Dans le Yellowstone, mais incroyable pour beaucoup 😉). Il parlait d’un geyser qui projetait de l’eau à 100 pieds en l’air (ce qui sera confirmé plus tard). Même si beaucoup le prenaient pour un conteur invétéré, plusieurs de ses histoires, à l’époque jugées absurdes, ont été confirmées plus tard par la science et l’exploration.

Et oui, "on ne sait pas qu'on ne sait pas" et on juge donc malheureusement bien trop souvent sans savoir et sans avoir tous les éléments en main !

Jim Bridger perd progressivement la vue et se retire dans le Missouri. Il meurt en 1881 à 77 ans. Il est enterré à Kansas City mais sa légende et son mythe continuent de vivre encore aujourd'hui.


Nous avons fait une belle randonnée de 4h aujourd'hui autour de "Artist point". Nous nous sommes enfoncés dans la forêt, avons vu deux très beaux lacs, une magnifique cascade et une grosse rivière en bas d'un canyon grandiose ! Nous avons approché un bison à 10 mètres (en bord de route) et avons été toute la journée sublimés par des paysages plus majestueux les uns que les autres.


Le Yellowstone est le plus beau et le plus grand parc national au monde avec des paysages très variés, une palette de couleurs incroyables une vie sauvage très riche (ouf, on n'a pas croisé de Grizzly pendant nos randonnées, car on n'avait pas de spray, ni rien pour nous protéger !!). Son histoire est aussi extrêmement riche. A chaque détour de rivière, à chaque bosquet d'arbres, en fermant les yeux, on s'imagine la vie des indiens d'Amérique, ici et là. On les voit paisibles et joyeux, en bord de rivière à pêcher, chasser, jouer et s'amuser… Ah, ces belles sociétés égalitaires respectueuses de la nature et de leur environnement qui vivaient en harmonie avec le Yellowstone !


Nous rentrons au parc de Grand Teton. Départ demain pour Seattle, puis Anchorage et l'Alaska à nouveau !


08 juin - Anchorage Alaska


Bien arrivés ce matin à Anchorage, nous avons immédiatement enfourché deux vélos et sommes partis faire la route côtière (Tony Knowles Coastal Trail) sur un peu plus de 30 kms. La balade à vélo était très sympa et n'était pas sans rappeler la superbe piste cyclable de San Remo 😉


Sur la piste nous avons eu la chance de voir des élans (les plus grands cervidés au monde), mâle d'abord (celui avec des bois), puis une femelle avec ses 2 petits. On s'est retrouvé 2 fois face à elle mais on a évité la confrontation en restant calmes et heureusement car elle a la tête bien plus dure que nous (et surtout que moi, et ça il faut le faire !).


Nous avons ensuite passé une grande partie de l'après-midi dans le musée d'Anchorage où nous avons lu beaucoup de choses sur les cultures locales (comme à Juneau), mais aussi sur les chiens de traîneaux et les courses mythiques de la région comme l'Iditarod.


L'Iditarod est l'une des courses de chiens de traîneau les plus célèbres et les plus difficiles au monde. Elle se déroule chaque année en Alaska, généralement au début du mois de mars, et attire les mushers (conducteurs de traîneau) du monde entier. Créée en 1973, cette course rend hommage à la "course au sérum de 1925", lorsque des équipes de chiens ont transporté un sérum vital contre la diphtérie sur près de 1000 km jusqu’à Nome pour sauver la population.

Le nom "Iditarod" vient d’un ancien sentier postal et minier qui reliait diverses villes isolées d’Alaska. Deux routes sont possibles (elles alternent chaque année) : la route nord et la route sud, toutes deux allant de Anchorage à Nome. Distance : environ 1600 km (1000 miles). Durée : entre 8 et 15 jours, selon les conditions météo et les performances. Les mushers et leurs chiens affrontent le froid polaire (jusqu'à -40°C), des blizzards violents, des territoires isolés (toundra, forêts, rivières gelées, montagnes), la fatigue et le manque de sommeil. Les chiens sont de type husky d’Alaska, spécialement entraînés pour la vitesse, l’endurance et le froid. Une équipe typique comporte 12 à 16 chiens.

L’Iditarod n’est pas qu’une compétition : c’est une véritable épreuve d’endurance, de coopération entre humains et chiens, et de résilience dans des conditions extrêmes. Elle incarne l'esprit de l'Alaska : autonomie, courage et respect de la nature.


Dans le musée, j'ai aussi découvert la notion de “sourdoughs”. À l’origine, un "sourdough" désignait un chercheur d’or expérimenté du Klondike ou de l’Alaska pendant les ruées vers l’or à la fin du XIXe siècle (notamment la grande ruée vers l’or de 1898). Le nom vient de la levure naturelle ("sourdough", littéralement levain acide) que ces pionniers utilisaient pour faire leur pain dans les régions isolées, en l’absence de levure fraîche. Ils en gardaient souvent un pot avec eux à tout moment, même dans leur sac de couchage pour éviter le gel. Le "sourdough" est devenu un symbole du vieux pionnier nordique, indépendant, débrouillard, rustique, capable de survivre dans des conditions extrêmes. À l’opposé du “cheechako”, qui désigne un nouvel arrivant ou quelqu’un sans expérience du Nord. Pour mériter d'être surnommé "sourdough", il faut avoir vécu au moins un hiver dans le Grand Nord, savoir faire du feu dans la neige, se nourrir dans la nature, conduire un attelage de chiens, etc.

Ces "sourdoughs" portent souvent une barbe, des vêtements épais en peau ou laine, et vivent de manière rudimentaire.


La ruée vers l’or du Klondike (1896–1899) est l’un des épisodes les plus spectaculaires et emblématiques de l’histoire du Grand Nord américain, mêlant aventure, tragédie humaine et mythe du rêve de fortune. Tout a commencé dans la région du Klondike, autour de la rivière du même nom, près de Dawson City (actuel Yukon, Canada), non loin de la frontière avec l’Alaska. En août 1896, trois prospecteurs — Skookum Jim, George Carmack et Tagish Charlie — découvrent de l’or dans un affluent de la rivière Klondike, appelé Bonanza Creek.

La nouvelle atteint le reste du monde en juillet 1897, lorsque des navires arrivent à Seattle et San Francisco avec les premiers “millionnaires de l’or”. Ensuite, c'est environ 100 000 personnes qui se décident à partir vers le Klondike, mais seulement 30 000 à 40 000 y arriveront réellement. Beaucoup sont des citadins sans expérience du nord, attirés par l’appât du gain et qui ne supporteront pas ce voyage terriblement difficile. En effet, ces chercheurs d’or devaient affronter des milliers de kilomètres depuis Seattle ou San Francisco, puis le redoutable Chilkoot Pass ou White Pass, avec des escalades glacées en transportant 1 tonne de matériel (contrainte imposée par les autorités canadiennes) dans des conditions extrêmes : froid, faim, solitude, avalanches, noyades, scorbut.

💰 Et l’or ?

Certains ont fait fortune, mais la grande majorité est repartie sans un sou. Ceux qui se sont enrichis le plus, ce sont les commerçants, les transporteurs (comme les frères Schiffner ou les époux Paris), les propriétaires de saloons et vendeurs de matériel — pas les chercheurs eux-mêmes. A bien méditer.

Pour l'anecdote, en 1898, Dawson City passe de quelques tentes à plus de 30 000 habitants, avec des hôtels, théâtres, bordels, journaux… C’est l’une des villes les plus riches et les plus peuplées du Canada à l’époque. Mais dès 1899, la ruée vers l'or s’éteint brutalement quand on découvre de l’or en Alaska, à Nome. Dawson est alors désertée en quelques mois. Aujourd’hui, c’est une ville historique.

Ceci devrait nous rappeler étrangement les bulles financières de notre époque ! Rien ne se crée, tout se transforme 😉 !


Enfin, pour la culture générale, le nom Anchorage vient de l'anglais "anchor", qui signifie ancre. Lors de la fondation de la ville en 1914, elle servait de camp de base pour la construction du chemin de fer de l’Alaska (Alaska railroad). Le site était alors appelé « Anchorage » par les ingénieurs et les militaires parce qu’il s’agissait d’un lieu d’ancrage pour les navires dans la baie de Cook Inlet.

Située au sud de l’Alaska, au bord du Cook Inlet, face à la chaîne de montagnes Chugach, Anchorage est la ville la plus peuplée de l’État (environ 290 000 habitants, soit 40% de la population de l’Alaska)… Et ceci bien qu’elle ne soit pas la capitale (c’est Juneau). En 1964, elle est gravement touchée par un tremblement de terre le Vendredi Saint, l’un des plus puissants jamais enregistrés sur l'échelle de Richter (magnitude 9.2). Durant la Guerre froide, elle devient une base militaire stratégique, notamment avec la base aérienne Elmendorf.

Anchorage reste un extraordinaire carrefour et mélange de cultures autochtones (Inuit, Aléoute, Athabascans, etc.), américaine, et internationale. Entourée de parcs, montagnes, fjords et glaciers, c’est une métropole avec la nature sauvage aux portes. Il est facile de voir des élans, ours, aigles, et parfois même des baleines en bord de côte.

Le climat est subarctique, mais adouci par la mer : les étés sont frais (15-20°C), et les hivers froids mais pas polaires (-10 à -20°C). Les journées d’été sont longues (presque 20h de lumière en juin), les hivers très courts en lumière (à peine 5h en décembre).


Nous avions initialement prévu d'aller jusqu'à Seward dans le sud (petit port) mais vu la météo pluvieuse annoncée pour demain, nous allons nous contenter d'aller voir le Alaska wildlife conservation center (centre de conservation de la faune sauvage) à 1h d'ici et nous irons voir mission impossible au cinéma l'après-midi 😇


Nous avons exécuté le plan aujourd'hui ! Départ ce matin pour visiter le (décevant) Alaska wildlife conservation center où les animaux sont tous derrière des grillages. Après avoir vu autant de faune sauvage libre dans la vraie nature depuis des semaines, c'était triste pour nous de voir cela. Nous sommes ensuite rentrés à Anchorage pour aller au cinéma et faire quelques courses (nous avons acheté des photos magnifiques de la faune sauvage !).

Départ demain matin tôt pour le parc national de Denali.


10 juin - Parc national Denali


Nous sommes partis de notre hôtel Aviator ce matin en direction du parc national Denali. Nous sommes tout juste arrivés à 13h10 (après avoir avalé quelques sushis et sashimis dans la voiture) pour prendre notre bus qui nous a déposé au bout de la route du parc, fermée au mile 43 depuis 2021. Réouverture jusqu'au mile 92, uniquement en 2027.

Ici, il y a deux principales saisons. L'hiver qui dure 8 à 10 mois environ et la saison des constructions (l'été) qui dure 2 mois seulement. La meilleure chance de voir des animaux semble être en juillet quand il y a des fruits rouges et des saumons !

Après une petite marche dans le lit de la rivière au niveau du 43ème mile, nous sommes remontés dans le bus qui nous a lâché en plein milieu de la nature au mile 38. Nous étions seuls. J'ai commencé par dégringoler le flanc de la montagne caillouteux (c'était hyper dur et compacte). Je me suis bien entaillé la main que je suis rapidement allé nettoyer dans l'eau gelée de la rivière. Puis nous sommes allés marcher dans la vallée pour explorer les alentours avant de monter sur une petite montagne pour prendre un peu de hauteur et de perspective sur les paysages. Ici, il n'y a volontairement pas de chemins. Tout est à l'état le plus sauvage pour mieux préserver la faune. Nous avons donc dû progresser au milieu d'une toundra épaisse avec pas mal d'arbustes et de terres détrempées. Nous avons pu traverser la rivière à sec la première fois avec un peu d'acrobatie sur quelques pierres et un saut au final (Bravo Emma !)… Mais, après 2 heures de marche très sympa et quelques rencontres avec des oiseaux et des canards, nous avons dû traverser la rivière un peu plus bas dans l'autre sens et cette fois-ci on n'y a pas échappé : on a dû se mouiller les pieds. Nous sommes ensuite remontés sur la route pour récupérer un bus et retourner au point de départ. Nous sommes arrivés à 19h30, et après une douche rapide, nous sommes partis dîner. Pizza et bières au programme ce soir, juste en face de notre cabane à Carlo Creek.


Le mot Denali vient de la langue koyukon athabasca, parlée par les peuples autochtones de la région. Il signifie « le haut», « le grand» ou « le très grand», en référence à la majesté du mont et de ses alentours. Il est intéressant de connaître l'histoire du nom de cette montagne et de ce parc… Les peuples Koyukon appellent traditionnellement le sommet Denali (ou Dinale) depuis des siècles. Sous domination russe, il était nommé Bolshaya Gora, ce qui signifie « grand mont » en russe. En 1896, un prospecteur de l’or, William Dickey, l’a rebaptisé Mount McKinley en honneur à William McKinley, alors candidat à la présidence. En 1917, le Congrès des États-Unis créa le Mount McKinley National Park. L'État d’Alaska réadopta officiellement le nom Denali en 1975, mais au niveau fédéral, il resta Mount McKinley jusqu’à ce que l’administration Obama le renomme Denali en 2015. Fondé en 1917 sous le nom de Mount McKinley National Park, il s’étend depuis 1980 sur environ 19 187 km² (environ 7 408 mi²), avec une réserve supplémentaire de 2 085 mi². C’est le troisième plus grand parc national des États-Unis. Il traverse la chaîne de montagnes de l’Alaska, culminant avec le mont Denali à 6 190 m (20 310 ft), le point culminant d’Amérique du Nord. Les terrains sont variés : forêts de taïga, toundra alpine, glaciers et sommets enneigés. On y trouve 39 espèces de mammifères (ours, caribous, mouflons de Dall, loups, élans, etc.) et 169 à 170 espèces d’oiseaux. Environ 1 500 espèces de plantes, dont 430 espèces de plantes à fleurs.

Ce matin nous sommes repartis nous promener dans le parc en suivant partiellement le lit d'une rivière et les traces de différents animaux. Les paysages sont grandioses. Nous sommes comme dans un cirque, entourés d'une immense chaîne de montagnes "zébrées" comme dit Emma qui trouve les contrastes blancs noirs de la neige sur la roche très jolis. La plupart de ces pics sont très élevés. Nous avons vu beaucoup de lapins et des traces de tout type d'animaux, et un peu plus tôt dans la matinée nous sommes tombés sur un immense Elan en bord de route !

Nous sommes actuellement en voiture de retour vers Anchorage et je continue d'être impressionné par l'immensité des paysages et ce plateau entouré de cette chaîne continue de montagnes.


Nous voulions aller à Seward ce matin avant de prendre l'avion pour Honolulu ce soir mais par manque de temps et pour avoir quelques contraintes administratives à gérer aujourd'hui, nous avons finalement décidé de rester ici à Anchorage aujourd'hui ! La météo est splendide…


18 juin - Hawaï ou Big Island


Nous sommes arrivés à Big Island (originellement appelée l'île de Hawaii).

Situé au centre de l’océan Pacifique, à plus de 3 000 km de la côte ouest des États-Unis, l’archipel est composé de 137 îles, îlots, atolls, et récifs, mais on ne retient généralement que les 8 principales îles. L'île de Hawaii étant plus grande que toutes les autres îles réunies, s'appelle la grande île (big island) pour la différencier de l'état de Hawaï (50ème état américain). Cette île a été formée par 5 volcans, dont deux très célèbres : Mauna Loa (le plus grand volcan bouclier actif au monde) et Kīlauea, un des volcans les plus actifs de la planète. Il est en phase pré-éruptive en ce moment… Il fume et nous dormons juste à côté ce soir… Peut-être aurons-nous la chance d'un superbe spectacle demain ou après-demain…

C'est aussi sur cette île qu'il y a la montagne la plus haute du globe si on mesure la hauteur des montagnes à partir de leur base (dans ce cas la base est sous-marine) jusqu’à leur sommet… En effet, le Mauna Kea, à Hawaï, est en réalité la plus haute montagne du monde avec une altitude au-dessus du niveau de la mer de 4 207 mètres mais une hauteur totale depuis sa base sous l’océan d'environ 10 210 mètres.

Ce qui est assez incroyable c'est que l’île offre 11 des 13 zones climatiques mondiales : plages de sable noir, déserts de lave, forêts tropicales, sommets enneigés… Et nous l'avons vraiment vu en traversant l'île… Nous sommes passés à travers des zones très humides, et vertes dont la "cloud forest", avant de traverser des zones sèches et désertiques puis des zones de lave séchée (coulées de lave noire en bord de route) avant d'arriver à notre Kilauea lodge au pied du volcan et du parc national que nous irons visiter demain.

Ce matin, nous sommes partis voir le volcan mais il s'est mis en pause vers 4h du matin (on le suivait en direct via des webcams sur YouTube)… Nous sommes donc allés voir les tunnels de lave (intéressant mais moins pittoresques et moins impressionnants que ceux visités il y a quelques années dans l'île de la réunion) ! Puis nous avons pris la route pour aller voir les plages au sable vert (green sand beach).

Petite promenade de 2h en bord de mer… J'ai pris quelques photos en souvenir. Nous avons ensuite avalé un énorme hot dog préparé dans un "truck local", avant de rentrer à l'hôtel. Je souffre énormément d'une épicondylite aiguë depuis 2 mois, à ne pas en dormir… Donc j'ai moins la pêche la journée, et comme je ne fais plus de pompes ni d'exercices musculaires, je suis plus facilement fatigué en journée, et ceci sans parler des très nombreux sujets à gérer en ce moment (travaux de la maison à Nice, problèmes judiciaires sur l'appartement de Rio, etc.)… Qui épuisent aussi, mentalement.


OUAH! Quel spectacle cette nuit. Après avoir vu un film très sympa "A bout" (drame sur la réalité d'une mère noire seule), nous avons vu que le volcan se réveillait sur les webcams qui le suivent en direct. C'était magique et nous nous avons donc décidé d'aller le regarder de plus près à minuit… C'était très beau. Nous sommes ensuite rentrés nous coucher et je suis ressorti à 4h du matin quand j'ai vu qu'il explosait et nous présentait sa plus belle robe rouge orangée. Le volume de lave, de magma déversé à la seconde était tout simplement incroyable, inimaginable ! La hauteur et la puissance du jet éclairait tout le ciel noir d'une lumière rouge magnifique. D'un côté du cratère on sentait à distance la chaleur des flammes. Pas de l'autre côté à cause du vent qui soufflait dans notre dos. Le spectacle était tellement incroyable, magique, et merveilleux qu'on peut facilement perdre la notion du temps à contempler ce feu des dieux, ce feu des entrailles de la terre. On pourrait y passer une nuit entière à contempler ce jeu de lumières (avec une bonne veste). Quand on pense à cette puissance, à cette force, à cette grandeur, on se sent tout petit, presque inexistant, en fait on ressent ce qu'on est vraiment… Un simple point éphémère dans la vie quantique du monde ! (Depuis ma lecture de Carlo Rovelli, j'ai plus de mal à dire dans "le temps"). Je vous laisse découvrir les photos et vidéos. C'était splendide !


Nous sommes repartis ce matin pour faire toute la route de la côte et nous nous sommes arrêtés dans l'excellent restaurant Merriman's à Waimea. Nous reprenons la route de la côte (splendide paraît-il entre Hawi et Kawaihae) avant de rentrer à l'aéroport et de retourner ce soir à Honolulu. Départ demain soir pour la Polynésie française.


La route 250 entre Waimea et Hawi est effectivement très jolie. Beaucoup de prairies vertes, de champs, de beaux arbres. Le village de Hawi bien que petit est très mignon. Voilà, notre séjour sur la grande île se termine. Par sa taille, la diversité de ses écosystèmes et climats, c'est probablement l'île la plus intéressante et la plus incontournable de l'archipel même si Kauaʻi (et son immense canyon) nous a aussi beaucoup plu.


20 juin - Honolulu


Retour sur Honolulu le vendredi 20 juin au soir pour une dernière soirée dans l'archipel d’Hawaï avant de nous envoler pour la toile vivante de Gauguin, où les couleurs dansent comme des rêves d’amour, bercée par les soupirs du Pacifique et le parfum alangui du tiaré (chat GPT 🤣), ou dit de manière moins romantique mais tout aussi juste, avant de rentrer en France (Emma) 🫣


Ce matin je suis parti pour un petit footing de 40 minutes avant de prendre le vol de 6h pour Tahiti. Il n'y a rien à faire… Nous sommes beaucoup plus attentifs et sensibles le dernier jour, avant le départ. Le cerveau humain est fait de telle manière qu'on survalorise toujours la perte versus le gain. Probablement le résultat du développement de notre cerveau pendant des millions d'années dans un monde de rareté. En tous les cas, on voit les choses sous un autre angle et on découvre de nouvelles vertues aux choses et aux personnes que nous sommes en passe de perdre.

J'ai adoré courir aujourd'hui à nouveau (cela faisait longtemps que je n'avais pas couru à cause de mes lombaires), avec ma musique sur les oreilles. Après avoir longé le canal à Waikiki, je suis allé sur la plage et là j'ai (enfin) retrouvé les ambiances que je m'imaginais depuis le début pour Hawaï. Des plages remplies de surfeurs, des planches de surf à tous les carrefours, de très jolies femmes, du Beach volley,... En fait la plage avait un goût de Rio. J'y ai retrouvé pas mal d'éléments du décor du Brésil ! Y compris un sans abris penché sur sa guitare et qui portait un t-shirt avec la mention "I can't stop"... pauvre, dormant dans la rue mais porté par sa musique jusqu'au bout…

Voilà le Hawaï qu'on n'avait pas vraiment vu jusqu'à présent. Je l'ai vu quelques heures avant le départ. Nous sommes maintenant dans le taxi en direction à l'aéroport... Nous partons pour Tahiti tout à l'heure.


21 juin - Tahiti


Nous venons tout juste d'arriver à Papeete, sur l'île de Tahiti dans l'archipel de la Société. Il est tard, nous allons nous coucher. Nous partons pour l'atoll de Tikehau demain !

A notre arrivée, au-delà de la cérémonie musicale et dansante de bienvenue assez classique, nous avons eu le droit à des chants traditionnels pour célébrer l'ancien président de Polynésie qui n'était pas revenu ici depuis 10 ans (à priori il s'agit de Gaston Flosse, qui a été condamné et ensuite inéligible) ! Folklorique et sympa !


Ce matin nous sommes allés marcher une heure jusqu'au marché de Papeete pour prendre un petit-déjeuner et passer dans une pharmacie m'acheter un patch analgésique pour mon coude qui me fait de plus en plus mal ! Trop d'ordinateur dans l'avion hier 😁

Nous avions trop peu de temps ce matin pour profiter des odeurs, des saveurs et de l'ambiance du marché mais de pouvoir y jeter un coup d'œil rapide m'a fait plaisir. J'étais exactement là il y a 20 ans… en 2005 ! La vie est une drôle d'aventure et elle est parfois faite de plusieurs recommencements. Cette idée me fait penser à Jorge Luis Borges qui pensait en substance que le temps est un cercle, infini. Tout revient, et tout ce qui a été sera encore.

Le taxi vient nous chercher à 11h pour partir à Tikehau (archipel des Tuamotu) !


Les personnes sont tellement douces ici, tellement profondément calmes, souriantes, gentilles… C'est souvent le cas dans les îles mais le tutoiement universel ici donne l'impression d'une proximité immédiate, de faire partie de leur communauté, de leur famille et vous transmet une énergie tellement positive. L'intensité de cette énergie, de ces sourires n'a juste pas d'égal dans le monde que nous avons parcouru. Nous ne l'avons pas expérimenté à ce niveau, nulle part ailleurs pendant notre voyage.

Douceur. C'est le mot juste.


22 juin - Tikehau


Nous venons d'arriver sur l'atoll de Tikehau. J'y étais venu en 2005... Pour célébrer mes 10 ans de vie avec Sonia, mon ex-femme… J'y reviens avec Emma pour lui faire découvrir ce petit paradis sur "mer" qui fait partie des plus beaux endroits où je suis allé dans ma vie. Nous restons à l'hôtel Le Tikehau par "The pearl beach resorts"... Dans le top 3 de mes hôtels préférés dans le monde !

Tikehau est un lieu très spécial dans le monde (encore plus en ce moment où les États-Unis d'Amérique viennent de bombarder les installations nucléaires iraniennes)… Tikehau est surnommé « l’atoll au sable rose » en raison de la couleur rose de ses plages, qui vont du blanc éclatant au rose plus ou moins pâle avec plusieurs teintes variées. Cette couleur provient des fragments de corail rouge et d’organismes marins microscopiques qui se mêlent au sable blanc classique, créant cette nuance unique et poétique. Cela fait de Tikehau un atoll avec beaucoup de charme, indépendamment de ses autres caractéristiques très uniques. En effet, Tikehau est un atoll avec une forme circulaire quasi parfaite (ce qui est rare pour un atoll), des motus (îlots) idylliques, souvent déserts, et une richesse de sa vie marine parmi les plus incroyables au monde.

Le commandant Jacques-Yves Cousteau et son équipe ont exploré l’atoll de Tikehau (dans l’archipel des Tuamotu) dans les années 1980 dans le cadre de l'une de leurs expéditions scientifiques. L'équipe du Calypso a conclu que Tikehau abritait une concentration exceptionnelle de vie marine et la plus grande diversité de poissons de toute la Polynésie française. Des jardins de corail à la vie marine foisonnante de l’atoll (raies Manta, requins, barracudas, bancs de poissons tropicaux, etc.), Tikehau est un sanctuaire. Une cathédrale de silence et de lumière, où l’homme est invité non pas à dominer, mais à observer, à s’émerveiller, à protéger. Car ici, le sable n’est pas seulement rose. Il est mémoire du corail, empreinte de la mer, trace subtile de ce que le monde peut encore offrir de plus pur. Le monde du silence n’est pas vide. Il est plein de beauté, de mystère, et d’un ordre que nous devons apprendre à connaître, à respecter et à admirer.


A respecter et à admirer.


Nous venons de nager une heure avec un masque, un tuba et des palmes. J'avais un souvenir incroyable de ce même moment en 2005... Alors je ne sais pas si c'est mon cerveau (le biais de la deuxième fois - ou de la première fois, en fonction de la perspective) mais je n'ai pas retrouvé la richesse marine, en quantité et en densité que j'avais en mémoire. C'est possiblement un biais mental, au niveau de ma mémoire, mais c'est plus probablement une conséquence du tourisme (bien qu'extrêmement limité ici) et de l'impact de l'homme sur son environnement. Quel dommage, quelle tristesse. Cela reste merveilleux mais plus comme j'en avais le souvenir. En revanche, tout le reste est comme avant. La nature, les couleurs, les images.

En fait, Tikehau est tellement spécial, tellement unique qu'alors que dans beaucoup d'autres endroits magiques on sent un gros pincement dans le ventre au moment de partir, ici c'est dès notre arrivée, dès que notre regard se pose sur cet atoll que tout en nous est sublimé. Après avoir nagé une heure environ, j'ai traversé le bras d'eau qui me séparait d'un morceau désert de l'atoll… Un endroit, une plage rose où il y a 20 ans, je m'étais endormi nu sur la plage. Nu, car il n'y avait personne. Je me suis rallongé exactement au même endroit, sur le ventre comme il y a 20 ans et j'ai fermé les yeux. Le vent caressait mon corps mouillé. Le sable tiède me réchauffait légèrement en épousant mon corps et en collant à ma peau. Le rose et blanc du sable sur le rose de ma peau… Totalement relâché et collé au sol, les vaguelettes d'eau transparente me léchaient les pieds… J'ai fermé les yeux et je me suis laissé aller. Je me suis complètement abandonné. Le temps s'est arrêté. Je me remémorais la photo d'il y a 20 ans. Le cliché du livre album de l'époque et je me remémorais comme ce matin avec Borges la cyclicité de la vie qui donne parfois, pendant quelques secondes, au côté éphémère de notre passage sur terre un goût d'éternité, d'atemporalité. Ce ne sont que quelques secondes mais que c'est bon.

Qu'elles sont bonnes et délicieuses ces secondes !

Dans ces moments, je pleure de bonheur. Mon cœur se serre et laisse couler quelques larmes aux coins de mes yeux… Merci à la vie. J'ai eu tellement de chance dans ma vie. Tellement. J'essaie chaque jour de rendre tout ce que je peux, autour de moi, mais jamais je ne pourrai rendre tout ce que la vie m'a donné. J'ai trop reçu. Et cela commence avec les enfants merveilleux que j'ai.


Après le rouge et le feu d’Hawaï dans la nuit, c'est le bleu et l'océan de Tikehau dans la lumière du soleil qui m'auront le plus marqué pendant ce voyage dans le Pacifique !

De tous les endroits visités depuis un an, celui-ci est vraiment unique, spécial. Il vous prend dans les tripes dès la première seconde… La musique du vent dans les cocotiers, les couleurs dansantes du ciel, les teintes variées de l'océan et des plages, les horizons infinis… On est seul au monde ici. Seul. Comme Robinson Crusoé. Et c'est tellement génial. Je vous le recommande fortement ! Mon empreinte d'il y a 20 ans sur le sable immaculé de cette plage déserte a disparue. Celle d'aujourd'hui aura disparue à son tour demain, avec le vent…

Ce sable mémoire où l'on voit les coquillages et les squelettes des animaux morts être recyclés en grains de silice, en poussière… Comme nous qui sommes de la poussière d'étoiles recyclée… C'est tellement extraordinairement joli que si je ne pensais pas vraiment que nous empruntons la planète à nos enfants, j'aurais ramené un peu de sable rose avec moi demain pour éterniser ces souvenirs jusqu'à la fin de ma vie. Je ne le ferai pas par amour pour cette merveilleuse planète bleue.


Superbe baignade ce matin encore. A voir ces écosystèmes vivants où des poissons de toutes les tailles et de toutes les couleurs cohabitent paisiblement dans un même espace et partagent en symbiose de mêmes environnements, on se demande pourquoi cet animal qu'est l'homme et qui s'autoproclame intelligent n'est pas capable d'en faire autant. Cela appelle à l'humilité et à la remise en question.


Je me suis même retrouvé face à un requin à pointes noires… C'est assez impressionnant quand on ne s'y attend pas et qu'on a pour seul attirail un masque et un tuba !

Cet endroit est vraiment paradisiaque et cet hôtel est probablement mon préféré au monde (de par sa localisation, pas nécessairement l'hôtel en lui-même), et ceci même si je ne me verrai pas y rester plus de 4 ou 5 jours…

Dans la liste de mes hôtels préférés dans le monde :

Les sources de Caudalie à Bordeaux

Le Tikehau (Pearl Beach Resort) à Tikehau

Anantara Al Jabal Al Akhdar à Oman

Ashford Castle (château d'Ashford) en Irlande

Four Seasons Resort à Chiang Mae

The Yeatman à Porto

Faro Capo Spartivento en Sardaigne…


Et je viens de réaliser qu'à priori j'ai fait à la fois l'ouverture des Sources de Caudalie mais aussi de l'hôtel de Tikehau en 2005 (ils venaient d'ouvrir il y a très peu de temps) !


28 juin - Croisière Aranui 5 jusqu'aux Marquises


Nous sommes montés à bord de l'Aranui à 07h30 ce matin et nous avons pu voir la finale du Top 14. Bravo aux champions, bravo à Toulouse. Le premier ingrédient de la réussite c'est de croire en soi et l'équipe de rugby de Toulouse n'a jamais douté qu'elle pouvait remporter ce 24ème bouclier de Brennus même devant une équipe aussi solide que l'UBB. Croire en soi, et puis l'autre chose que font les meilleurs mieux que quiconque c'est de gagner les points, les moments, les matchs importants. Il y a l'équipe de rugby de Toulouse en saison et puis il y a l'équipe de rugby de Toulouse des finales !! A ce sujet, écoutez l'intervention de Federer dans une conférence où il expliquait qu'il avait gagné plus de 80% de tous ses matches de tennis alors qu'il n'avait gagné qu'environ 55% des points joués (je cite les chiffres de mémoire mais le message est le bon). Il faut savoir se concentrer et faire la différence quand cela compte. Bravo Toulouse, ma ville du rugby (là où j'ai fait mes études véto et ai commencé à jouer au rugby il y a 30 ans !).


Nous sommes actuellement en plein Pacifique et la houle est forte… 3 mètres environ autant vous dire que cela tangue beaucoup vu la taille et surtout la hauteur du bateau. Nous sommes au 8ème niveau sur la droite du bateau, cabine 8409 comme on nous l'avait recommandé mais plus on est haut et plus cela tangue ! Nous sommes restés allongés cet après-midi à nous reposer. Dîner ce soir puis petite série "In the line of duty" dans notre cabine si internet passe… Nous arriverons demain matin vers 07h à Fakarava, la dernière île des Tuamotu que nous n'avons pas faite et que nous voulions visiter après Tikehau et Rangiroa. Nous irons nous promener à vélo et nager avec les poissons, un masque et un tuba !


FAKARAVA


Balade à vélo de 2h à Fakarava puis nage avec masque, tuba et palmes ! Que dire… C'est certainement l'un des plus beaux et derniers joyaux sous-marins de la planète pour plonger et découvrir la vie marine foisonnante ! J'ai vu des centaines d'espèces de poissons (des très petits à des très gros), les couleurs étaient superbes, du vert, au bleu, au rouge, au jaune, au blanc et des poissons aux couleurs "arc en ciel"... On se sent vraiment ignorant devant cette incroyable diversité biologique. J'étais complètement incapable de reconnaître les espèces de poissons ou de les citer. Incapable. Les coraux étaient magnifiques. J'ai vu de vrais arbres sous marins… Comme des chênes ou des oliviers touffus, sous l'eau. C'était des arbres de coraux. Il y en avait de toutes les formes… Y compris en forme de cactus plats… Quand je m'approchais des plus petits poissons, ils filaient à toute vitesse se planquer dans ces forêts de coraux ! Tout ce royaume sous-marin respire la symbiose, l'harmonie, la paix, la vie ensemble ! C'est captivant, magique comme un magnifique balais bien orchestré où tout glisse avec légèreté.


EN MER


2ème journée en haute mer avec forte houle. Pas d'internet sur le bateau, tous les systèmes de wifi ne fonctionnent plus. La journée va être longue et compliquée. On va essayer de lire sur le pont au soleil mais avec la houle et le bateau qui tangue beaucoup, ce n'est pas gagné ! Vivement demain qu'on arrive aux Marquises.

Mal informés, nous avons raté la conférence de Pascal sur les Marquises ce matin. Quel dommage ! On ne m'y reprendra plus. J'adore apprendre. C'est le signe premier de jeunesse que celui de rester curieux, d'avoir soif d'apprendre et d'être capable d'émerveillement !

J'ai tout de même réussi à déjeuner avec Pascal pour lui demander les 3 dates principales citées dans sa conférence du matin. Il est toujours intéressant de voir ce que les personnes retiennent en synthèse, quand l'exercice mental les oblige à faire des choix. Les trois dates partagées par Pascal ont été : tout d'abord 1595 pour la redécouverte des Marquises par une expédition espagnole qui a donné à ces îles le nom du vice roi du Pérou qui finançait cette expédition (islas del Marquis de Mendoza)… A priori en honneur à sa femme ! La deuxième date clé mentionnée par Pascal a été l'annexion des îles Marquises par la France en 1842 (bien avant Tahiti et les autres îles) et puis la date de 1966 avec l'essai atomique aérien où de manière très juste et intelligente Pascal nous a dit qu'on a basculé à ce moment là (et de forme bien trop rapide, sans y être préparés et sans avoir été éduqués en conséquence - comme c'est d'ailleurs le cas avec l'évolution technologique bien trop rapide pour permettre à l'évolution biologique de suivre et à nos comportements de s'adapter) de la société et de l'économie du "coco" à celle du "coca" ! Avec tous les effets néfastes que cette société de consommation a eu sur nos corps (sucres et surpoids) et sur notre environnement (cannette jetée au lieu de la coque de la noix de coco)… A ce sujet, je vous recommande à nouveau de lire "Le bug humain" de Sébastien Bohler et "Abundance" de Steven Kotler et Peter H. Diamandis... Les deux livres sont très éclairants et enrichissants.


L'océan pacifique a une superficie de 170 millions de km2. Il est plus grand que la somme de tous les continents. Les nomades du vent ont appelé cet océan "Moana".


En 1947, une expédition (le Kon Tiki) part du Pérou pour défendre l'hypothèse selon laquelle les Polynésiens seraient des peuples venus d'Amérique du sud. Mais Rivert Suggs (américain) défendra l'hypothèse inverse à savoir que les peuples Polynésiens venaient en fait de l'Asie du Sud-Est.

Il y a 50 000 ans le niveau des eaux étant bien plus bas et la partie des terres émergées bien plus importante qu'aujourd'hui, les hommes marchent à partir de l'Afrique jusqu'en Australie en passant par l'Asie du sud-est. Ces hommes étaient bien plus proches de la nature et de ses éléments qu'on ne peut l'imaginer et le concevoir aujourd’hui.

Ensuite, il y a environ 20 000 à 15 000 ans d'autres populations migrent d'Asie par le détroit de Béring jusqu'en Alaska puis descendent jusqu'en Amérique du sud 3 000 à 5 000 ans plus tard (soit il y a -12 000 à -15 000 ans).

Les peuples Polynésiens sont tous jeunes par rapport à cela. Nous pensons aujourd'hui que la colonisation de ces îles s'est probablement faite environ 900 ans après JC. Ces migrations ont pu être reconstituées au travers d'études génétiques, des objets découverts, des langues (structure grammaticale de la famille linguistique même s'il existe énormément de variations entre les - environ 400 - différentes langues de ces régions), de la tradition orale (avec des histoires et des contes très similaires), etc.

La confirmation de la génétique du poulet et même des rats confirme bien que les premiers migrants sont venus d'Asie (les poulets venaient de Chine et pas d'Amérique latine)… Même chose quand on étudie les maladies (souches virales et bactériennes retrouvées). Tout cela prouvant une colonisation austronésienne, même si des contacts ont eu lieu plus tard entre les peuples de ces îles et ceux d'Amérique Latine.

Sur la base de nos connaissances actuelles, nous pensons qu'il y a environ 7 000 ans (soit 5 000 ans avant JC) des populations migrent de Chine / Asie vers Taïwan où elles restent (pause migratoire) environ 1 000 ans (probablement richesse des eaux et pas de pression pour migrer). Certaines de ces populations austronésiennes migrent vers l'est et Madagascar. D'autres, environ 1 000 ans plus tard, partent à la conquête de l'océan pacifique et s'installent dans la plupart des îles de la région connues aujourd'hui avec une progression lente entre les différentes îles de Papouasie, Nouvelle-Zélande, Fidji, Samoa, Tonga, jusqu'à Tahiti puis Hawaï et Rapa Nui (l'île de Pâques). Ce grand triangle (entre Hawaï, la Nouvelle-Zélande et l'île de Pâques) a ensuite été dénommé par les occidentaux "la Polynésie" et cet espace océanique a, à ce moment là, été segmenté en 3 régions (en plus de l'Indonésie) : La Micronésie, la Polynésie et la Mélanésie.


Ensuite parmi les légendes et histoires de ces cultures… Il y a TePo, la nuit originelle et Rumia qui naît après TePo et représente la lumière, l’ouverture, la clarté mais TePo et Rumia ne sont pas juste "nuit et jour" au sens strict : ce sont deux principes complémentaires, comme le yin et yang en Chine.

Dans la culture polynésienne, TePo désigne le monde primordial, caché, sacré, antérieur à la lumière, souvent associé au royaume des ancêtres, des dieux, le lieu d’origine de toutes choses avant leur manifestation visible. C’est aussi un espace-temps spirituel que les prêtres ou les initiés peuvent approcher par les rites, la méditation ou les rêves. Rumia représente la lumière, la clarté, le monde manifesté. Dans les anciens rites, on entre dans le Tepo pour se reconnecter aux origines, puis on revient dans la Rumia pour agir dans le monde. Le dieu Ta’aroa (ou Tangaroa dans d'autres îles) naît ou se forme dans une coquille dans l'obscurité du Tepo, et crée le monde en brisant cette coquille pour faire surgir la lumière, la terre, les cieux, etc. Rumia est donc souvent considéré comme un œuf représentant la terre et abritant son créateur en son centre. Ce qui est passionnant c'est la suite. Pour les océaniens, il n'y a pas ces notions d'est, d'ouest, de sud et de nord comme représentées par les occidentaux. Il y a un "levant" et un "couchant" et des étoiles qui indiquent des directions opposées vers le nord et le sud, ainsi que des vents et courants dominants. En fait, l'océanien voit des étoiles qui montent et descendent dans le ciel en dessinant des lignes imaginaires dans la coquille de l'œuf… Ces lignes sont des parallèles… Et les océaniens ont remarqué que l'étoile Sirius passait toujours au zénith des îles Fidji et de Tahiti. C'est ainsi qu'ils se sont guidés sur l'océan pendant des milliers d'années sans instrument de mesure. En étudiant le ciel et en regardant les étoiles. En repérant les étoiles au zénith ils ont pu parcourir l'océan d'îles en îles. La couleur des nuages pouvait les aider aussi car les nuages ont souvent une couleur verte au-dessus des lagons bleus (par exemple au Tuamotu).

L'espace de vie de ces peuples océaniens s'appelle Moana (l'océan) et il est extrêmement intéressant de savoir que "Motu" signifie en sa base étymologique "diviser" en langue tahitienne car ces petites îles sont en fait devenus des repères pour diviser leur espace de vie qui reste en fait l'océan. Je trouve cela passionnant. Les étoiles sont les motus du ciel comme les îles éparpillées sont les motus de l'océan… Et dans les deux cas, ce sont des repères pour se déplacer !

D'ailleurs entre le 1er mai et le 04 juin 1976, un petit homme de Micronésie a réussi a conduire une expédition de Hawaï à Tahiti sans aucun instrument de navigation !

Ils a appris le ciel de l'hémisphère sud (car il ne connaissait que celui de l'hémisphère nord) avant de partir mais il a su guider l'expédition uniquement avec les étoiles du ciel et sa main pour les degrés. C'est probablement un des tous derniers ainsi… Encore un exemple de connaissance perdue car sous-traitée…

Enfin, vous dire que la double pirogue est probablement le plus beau cadeau que la Polynésie a offert au monde occidental puisque cette double pirogue a ensuite été à l'origine des Catamarans.


NUKU HIVA


Ce matin arrivée à Nuku Hiva. La deuxième plus grande île de la Polynésie française et la plus grande île de l'archipel des Marquises. Nous visitons la cathédrale notre dame des Marquises. Des pierres ont été amenées des 4 coins du monde pour construire cette cathédrale et l'arbre à pin (l'arbre de vie pour les Marquises) est représenté partout ici. Nous avons écouté des enfants chanter. Ils m'ont fait pleurer. C'était tellement puissant, tellement beau, tellement grand. Leur langue est magnifique. Dès que les chants étaient en français, ils n'avaient plus la même portée. J'aurais voulu que ce moment dure pour toujours. C'était tellement poignant, grandiose, cela transpirait tellement l'amour, la joie de vivre, la jeunesse, le partage, le don, la générosité. Merci les enfants. Je me suis levé (comme souvent seul) pour leur faire une standing ovation car ils la méritaient complètement.

Nous sommes ensuite partis en 4x4 visiter l'île et ses paysages grandioses. Cette île est encore plus belle que celles d’Hawaï, même si comparer n'a pas de sens et est bien sûr très réducteur. Nous sommes allés sur la plage de Hatiheu... Ouah, c'était magnifique. Un endroit vraiment isolé, perdu, idyllique. Comme on en rêve dans les bandes dessinées… Mais en réalité ce n'était pas tout à fait idyllique… A cause des "nonos" ! Ces mouches noires extrêmement agressives et redoutées pour leurs piqûres. Et oui, rarement quelque chose est "parfait", rien n'est "tout blanc ou tout noir"... La réalité est souvent plus complexe qu'on aimerait et présente différentes facettes avec des plus et des moins. Le bonheur est aussi dans l'acceptation de l'imperfection car tout est relatif et rien n'est absolu dans la vie.

Nous avons ensuite acheté quelques gousses de vanille (ces îles vivent de la pêche, du bois, du coco et de la vanille) avant de partir assister à des chants et des danses locales très jolies. Puis nous avons visité un site archéologique avant de reprendre les 4x4 pour partir déjeuner à Taipivai. Des plats typiques, beignets de bananes, bananes cuites, poissons crus, chèvre au lait de coco, porc, accompagné de taro, et puis du fruit de l'arbre à pin. Enfin, nous sommes rentrés au village où nous nous sommes baignés et promenés avant de remonter sur le bateau. Demain matin, départ pour Ua Pou, une autre île des Marquises.


Ce soir sur le bateau, comme à midi sur le site archéologique, nous avons eu le droit à de très belles danses locales. C'est très intéressant d'en comprendre la signification. Quand on ne connaît pas, on a l'impression de voir des fous qui s'agitent, mais quand on connaît et comprend on voit de vrais artistes imitant vraiment bien différents animaux et différentes activités. Nous avons eu le droit à la danse du cochon et à la danse des rameurs. Comme je le dis tout le temps : Ne jugeons pas, restons humbles et cherchons à comprendre. Cherchons juste à essayer de comprendre.


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UA POU


Aujourd'hui nous débarquons sur Ua Pou, la 3ème plus grande île de cet archipel des Marquises. C'est une des îles les plus sèches de la Polynésie de par sa proximité avec l'équateur. Pendant la période de "El Nino", l'océan se réchauffe et il y a beaucoup de pluies sur les Marquises. Quand on repasse sur un cycle de "La Niña", l'océan se refroidit et est encore plus riche en poissons.

Un type d'acacia a été introduit involontairement ici et a colonisé une énorme partie de l'île ! Avant les années 1970, l'île était bien plus pierreuse et recouverte d'une herbe brune. Aujourd'hui de par sa rusticité et sa résistance à la chaleur et au sel, l'acacia a pris le dessus et a totalement changé l'aspect végétal de l'île. Mais comme je le disais hier, rien n'est tout blanc ou tout noir. En effet, cet acacia a des racines qui retiennent bien les sols évitant l'érosion des terres, il permet de faire du bon fourrage (sauf pour les chevaux, à priori toxique) et du bon bois de chauffage. Ces acacias sont aussi de bons enrichisseurs de sols car en tant que légumineuses ils fixent bien l'azote dans le sol.

La terre de l'île est très riche et donc les Marquises sont comme un grenier à agrumes pour Tahiti ! Il y a beaucoup d'oiseaux dans les fonds de vallées de l'île où la végétation est beaucoup plus dense. Nous sommes proches du piton le plus élevé de l'île. C'est une ancienne chambre magmatique du volcan dont les côtés ont été érodés. Les noix de bancoule (appelée Ama = lumière) étaient utilisées comme des lampes à huile, fendues sur la crête puis enfilées de 8 à 12 sur un morceau / baguette de bambou pour faire de la lumière toute la nuit. Au dessus de cette baguette, il y avait une demi noix de coco dans laquelle se formait de la suie noire avec la fumée des noix qui brûlaient. Cette suie mélangée avec de l'eau de noix de coco servait aussi à faire des tatouages. Pour les tatouages ils mélangeaient cette suie avec de l’eau de coco (pure, sans germes) car les eaux de rivières étaient contaminées par les déjections des cochons sauvages et autres animaux (ce qui avait produit des septicémies par le passé). Par ailleurs, il existait près de chaque maison des plaques à cupules qui permettaient de faire des médicaments en écrasant des plantes et des fruits aux propriétés pharmaceutiques.

Toutes les maisons traditionnelles marquisiennes sont construites sur 2 niveaux. Un premier niveau (la salle de vie), les deuxième niveau (l'endroit pour dormir). Le premier niveau est surélevé pour protéger la maison contre les cochons sauvages et les intempéries (pluie/eau). Nous sommes ensuite partis à la recherche de "pierres fleuries" dans une baie réputée en contenir beaucoup. C’est une roche basaltique d’origine volcanique appelée "fleurie" en raison des inclusions minérales claires (souvent blanches ou beige clair) qui ressortent visuellement sur un fond sombre (gris, brun ou noir). Ces motifs naturels évoquent des fleurs ou des étoiles, d’où son nom poétique. Elle est très appréciée par les artisans marquisiens pour la fabrication de tiki, de pilons, de marques cérémonielles, ou d’objets de prestige.

Après un déjeuner traditionnel polynésien très sympa, nous avons parcouru en 4x4 un beau morceau de l'île avec des routes vraiment scéniques au dessus de l'aéroport, de la baie des requins, et jusqu'à une jolie plage de galets. Petite baignade, quelques fruits (mangue) et une eau de coco délicieuse avant de rentrer sur le bateau. Nous venons de repartir. Demain nous irons sur l'île où reposent Gauguin et Brel.


HIVA OA


Arrivée sur l'île de Hiva Oa aujourd'hui. Nous avons marché 45 minutes environ pour aller voir les tombes de Gauguin et Brel (enterrés à quelques pas l'un de l'autre). Tous deux ont souhaité être enterrés dans le petit cimetière du Calvaire à Atuona, loin du monde, dans une île paisible au milieu du Pacifique.

J'ai découvert Paul Gauguin à travers ses écrits. Je ne connaissais pas bien Paul Gauguin et uniquement à travers ses peintures, mais lire ses courriers à ses amis et à sa femme, était très intéressant et instructif. Gauguin est venu en Polynésie, en quête d’un "paradis perdu". Il voulait fuir la société européenne moderne qu’il jugeait décadente, matérialiste et hypocrite. Il était convaincu que l’inspiration artistique devait venir d’une vie plus primitive, authentique, sensuelle et spirituelle. Il arrive d’abord à Tahiti en 1891, déçu de la vie occidentalisée sur l'île, et finit par se rendre aux Marquises en 1901, plus isolées, moins touchées par la colonisation. Il y mourra en 1903 après s'être rebellé contre les missionnaires et autorités administratives françaises et en ayant entre autres refusé de payer ses impôts (et en encourageant les marquisiens à faire de même). Il a choisi Hiva Oa car l'île était plus sauvage, plus éloignée que les autres îles et avec une population autochtone préservée. Il voulait vivre librement, sans contraintes sociales ni morales. Il y construit une maison appelée « La Maison du Jouir », entourée de sculptures et de symboles polynésiens. Il meurt malade et isolé en 1903, sans reconnaissance officielle, mais dans une atmosphère qui nourrissait son imaginaire artistique.

Jacques Brel pour sa part découvrira les Marquises bien plus tard, sur la fin de sa vie. Jacques Brel tombe malade (atteint d’un cancer du poumon) et quitte la scène et l’Europe en 1975. Il cherche le silence, l’éloignement, l’oubli, une fin de vie simple. Il se rend d’abord aux Antilles, puis à Tahiti, et enfin choisit Hiva Oa, lieu où Gauguin est mort, dans sa dernière retraite. Les Marquisiens accueillent Jacques Brel avec bienveillance et respect. Brel y trouve la chaleur humaine, la simplicité, la beauté brute de la nature, une forme d’authenticité qu’il recherchait. Il a vécu sur l'île de Hiva Oa avec sa compagne Maddly Bamy et a activement participé à la vie locale : il transporte par exemple les malades avec son petit avion, le Jojo, pour les évacuer vers Tahiti. Il reste discret, presque retiré, mais très respecté par la population. Il continue à écrire, de très belles choses profondes d'ailleurs, filme même des paysages, mais ne se produit plus sur scène. Et il dit "Ce qui compte c'est donner". Merci Jacques pour ton humanité d'abord, ton authenticité ensuite et ton œuvre incroyable incarnée enfin ! Merci !


TAHUATA


Redécouverte en 1595 en même tant que Hiva Oa... Petite île super isolée avec seulement 600 personnes environ réparties dans 3 vallées. Quand on y pense et qu'on voit ces populations vivre, c'est vraiment particulier, proche de l'état originel, paisible, calme. Cela interpelle et fait réfléchir en même temps. Comment vivre sur un rocher ainsi au milieu du Pacifique ? Isolé, ou les options de vie sont extrêmement réduites pour ne pas dire nulles… Où l'on attend le ravitaillement de l'Aranui tous les 15 jours, où tout est lent, calme. Sans activités autres que la marche, la pêche et quelques autres activités (football, pirogue, etc...).

Nous sommes justes descendus au village de Vaitahu. Nous y avons vu des productions artisanales incroyables et de très loin les plus belles de toutes les îles. Souvenez vous en car il faut venir avec beaucoup de liquide en monnaie locale pour les acheter ! Nous avons regretté de ne pas avoir de grandes valises et qu'ils n'aient pas internet pour accepter nos paiements par carte. Des pipes sculptées dans des os de vaches et dont la canule était faite avec l'os d'une patte de poulet, aux innombrables armes, cannes et sculptures toutes plus belles les unes que les autres. Quel dommage! Mais comme le bonheur n'est pas dans "avoir" mais dans "être"... Pas de souci. Nous sommes partis nous baigner avec un grand sourire aux lèvres d'avoir pu voir ces petites merveilles d'art. Nous avons ensuite assisté au déchargement du bateau car nous avons tendance à l'oublier mais l'Aranui 5 est avant tout LE bateau qui livre 2 fois par mois toutes ces îles, parfois extrêmement isolées et qui dépendent de ces ravitaillements réguliers pour survivre. Puis nous sommes remontés à bord. Petit massage de la tête et des pieds de 30 min, puis pas mal de mails et d'appels. Pas d'internet à partir de 21h30... On se couche tôt car demain grosse randonnée de 15 kms sur Fatu Hiva !


FATU HIVA


Superbe randonnée de 15 kms et d'environ 800 mètres de dénivelé dans l'île la plus isolée et probablement la plus belle de toutes… Fatu Hiva (85 km2). 600 habitants répartis uniquement dans deux vallées (Omoa et Hanavave). Fatu Hiva est aussi l'île du Tapa (écorce d'arbres - 4 types différents - travaillé avec un tipa (maillet) pour en faire un type de parchemin ensuite coloré et teinté comme des tatouages). Baignade après la randonnée et retour sur le bateau. Plus qu'une journée aux Marquises avant de retraverser vers l'archipel des Tuamotu !

Soirée musicale et dansante à bord de l'Aranui ce soir et je profite de ce moment pour faire un hymne à leur langue. Le Marquisien est une magnifique langue chantante dont les vibrations vous prennent au plus profond du cœur. Leurs chants ne peuvent pas vous laisser indifférents. Dans l'église les enfants m'ont fait pleurer. Ce soir la chanteuse me donne des frissons ! Cela serait très triste de perdre cette langue, qui exprime toute la douceur, la gentillesse et la générosité des marquisiens.


UA HUNA (UA HUKA)


Petite information culturelle avant de débarquer sur la dernière île des Marquises ce matin. Le nom Aranui vient de la langue maorie (ou plus largement des langues polynésiennes), signifie : la "Grande voie" ou "chemin important".

"Ara" = chemin, voie, route

"Nui" = grand(e), important(e)

Ce nom est souvent utilisé dans le contexte polynésien pour désigner des trajets importants, des itinéraires maritimes ou spirituels, et il est aussi très symbolique dans les cultures polynésiennes, où les voyages, les voies de navigation et les liens entre les îles ont une grande valeur culturelle.


Nous visitons l'arboretum de l'île sous quelques averses ! Cette île est réputée pour être le centre des agrumes des îles Marquises car elle est indemne de certains insectes et rats, ce qui explique le côté très prolifique de cette île en fruitiers. C'est l'or vert de la Polynésie. La terre est bonne ici aussi. La culture du copra (l'amande de la noix de coco) fait partie des toutes premières ressources de la Polynésie. Ici aussi (comme au Laos et dans beaucoup d'autres endroits où les personnes vivent encore en communauté et dépendent encore, vraiment, les uns des autres), tout se fait à travers un système de coopératives… Et des paiements en liquide avec un responsable qui se promène avec une mallette pleine d'argent à bord (car pas beaucoup d'internet et de distributeurs de billets ici).

Après un petit volleyball avec les enfants de l'île, la visite de plusieurs centres d'artisanat et d'un musée, nous sommes allés déjeuner. C'était le meilleur repas de notre passage aux Marquises. La chèvre (baignée dans du lait de coco) et le porc cuisinés dans le four marquisien pendant 18 heures (!) étaient succulents. Je me suis resservi 2 fois… Autant vous dire qu'après les fajitas et tacos mexicains, les hamburgers et frites américains, et deux croisières (ce qui signifie que nous nous sommes peu mouvementés) et maintenant ces buffets polynésiens, le régime au retour va être très difficile mais absolument nécessaire !

Nous disons au revoir aux Marquises avec une petite cérémonie sur le bateau et nous repartons pour plus de 36 heures de haute mer !


RANGIROA


Retour sur l'atoll de Rangiroa ce matin pour une deuxième plongée cette fois dans la passe de Tiputa avec le courant rentrant et une caméra go pro !

Avant cette plongée, petit-déjeuner très sympa et instructif avec Pascal (le conférencier du bateau). On discutait philosophiquement de la vie, du voyage et nous en sommes arrivés à discuter des verbes "être" et "avoir". Nous "sommes" heureux et non pas nous "avons" heureux. Le bonheur cela se construit, c'est devenir une belle personne bien construite, équilibrée, capable d'aimer (= donner), de s'émerveiller, etc... Et ce n'est pas avoir, posséder des choses, accumuler du matériel. Ceci ne rend pas heureux. Bien sûr l'un n'empêche pas l'autre parfois mais il ne faut pas se tromper de priorités.


Et alors en discutant avec Pascal ce matin, j'ai découvert que le verbe "être " n'existait pas dans les langues océaniques ! Passionnant… J'ai questionné sur la raison, le pourquoi et les explications qui m'ont été données sont les suivantes : "Nos langues océaniques ont une origine asiatique et l'absence du verbe "être" vient de là. On dit plutôt "il y a Sébastien" que "il est Sébastien"... Moi, Sébastien plutôt que "je suis Sébastien". Les personnes sont conscientes d'exister de fait et il n'y a donc pas de besoin de le rappeler, ni d'imaginer un but derrière cette existence". C'est peut être là le sujet. On existe mais on ne se demande pas pourquoi, ou dans quel but. Et, en réfléchissant, il n'est pas étonnant qu'en venant des cultures asiatiques le "moi", le "être" individuel soit moins présent que dans les langues occidentales.


Ensuite et de forme encore plus intéressante, j'ai appris que dans les langues océaniques le futur est derrière nous, dans notre dos, alors que le passé est devant nous ! C'est drôlement contre intuitif… Et pourtant ! Et pourtant ! Quand on y réfléchit bien nous avons déjà connu et vu le passé, il est donc logique qu'il soit conçu comme étant devant nous, sous nos yeux, visible… Alors que nous ne connaissons pas le futur et qu'il soit donc perçu comme étant dans notre dos, invisible, est aussi logique. Ces représentations et ces symboliques sont très intéressantes. D'ailleurs, comme dans les langues asiatiques (à priori), il n'y a pas vraiment de conjugaison dans les langues océaniques. Juste une lettre indiquant si cela a plutôt lieu dans le passé, présent ou futur.

Enfin, dernière chose que j'avais oubliée de noter et de partager avec vous. Quand deux polynésiens "s'embrassent", on les voit se frotter le front (voir première vidéo à notre arrivée à Papeete) mais en fait ce qu'ils font vraiment c'est se toucher le nez (ils s'embrassent en se touchant le nez au lieu de poser leurs lèvres sur la joue) pour symboliser le partage de l'air respiré. "Je partage mon air (ma vie) avec toi". Beaucoup de poésie et de beauté dans toutes ces choses quand on commence à les décortiquer et à chercher à les comprendre.


Au final, plongée sans la go pro qui ne résiste que jusqu'à 10 mètres de profondeur alors que nous sommes descendus à 20 mètres. Moins de chances que lors de la première plongée il y a 10 jours. Un magnifique "poisson Napoléon" (immense), plusieurs bébés requins gris et requins à pointes noires, des barracudas et beaucoup d'autres types de poissons. Je voulais faire cette dernière plongée vu que ce site et sa visibilité sont assez exceptionnels. Être propulsé par le courant rentrant dans la passe de Tiputa est une belle expérience. Le club Rangiroa Plongée est un excellent club et son propriétaire chilien très sympa.


BORA BORA


Dernière escale avant le retour demain sur Papeete et ensuite la continuation du voyage vers Moorea.

Il est intéressant de noter que les îles des Marquises font environ pour plusieurs d'entre elles 85 km2 de superficie et abritent autour de 600 personnes. Bora Bora c'est 35 km2 pour 10600 personnes 🤣. Nous allons nous balader dans le village, faire un peu de masque et tuba puis pique niquer sur un motu en face.

C'est la première fois qu'on me définit un village (celui de Vaitape, le principal village de Bora Bora) par son nombre de magasins ! On m'a dit "le village est constitué de 38 magasins" (je ne sais pas ni si le chiffre est exact, ni la catégorie de magasins considérée… magasins de perles ?), 15 minutes à pied d'un bout à l'autre, et j'ai trouvé que cela représentait (au moins en partie) ce que Bora Bora est devenu… Une île touristique…

Après nous être un peu promenés dans le village, nous sommes partis sur un motu en face de Vaitape jouer au volleyball, nous baigner et déjeuner. Nous venons de rentrer à bord de l'Aranui pour préparer nos valises. Nous débarquons demain à 07h pour partir sur Moorea !


Beaucoup de bonne humeur sur ce bateau avec beaucoup de musique et de danses. Au-delà de tous ses apports culturels, ce voyage nous aura aussi rappelé l'importance de la tolérance, avec des hommes mi hommes mi femmes qui sont si bien dans leur peau et qui ne souffrent pas du regard des ignorants et des jugements des petites gens. Merci à vous messieurs, mesdames !


TAHITI


Arrivée à Papeete. Nous partons pour Moorea.


09 juillet - Moorea


Nous venons d'arriver à Moorea qui signifie "le lézard jaune", et qui originellement s'appelait (hae meo) "manger discrètement" en honneur aux pieuvres (qu'on ne voit pas manger avec leur bouche dessous)… 25000 personnes et 12 policiers sur cette très belle île.

Apparemment le "B" n'existe pas dans la langue originale polynésienne et Bora Bora ne veut plus rien dire. A la base l'île s'appelait Po Pora et cela voulait dire "applaudir".

A Moorea, nous avons loué une voiture pour faire le tour de l'île, la route des ananas, monter au belvédère et profiter du décors verdoyant et magnifique de cette île. Nous sommes ensuite allés à notre hôtel, le Linareva beach resort, un petit endroit un peu éloigné des villages de Moorea, extrêmement sympa. Je vous laisse regarder les photos et vidéos. Nous sommes allés manger une pizza car nous n'en pouvions plus du poisson cru tahitien. Une bonne pizza cuite au feu de bois avec une bonne bière avant de rentrer nous reposer à l'hôtel et nager un peu avec les raies, requins et autres poissons !

Nous avons vu une grande raie en nageant et nous l'avons suivie ! Et puis un bon petit massage avec Laura très sympa !


Quelle nuit merveilleuse… Le brouhaha des roulis de l'océan et des vagues s'écrasant sur la barrière de corail, et raisonnant comme des roulements de tambours lourds à l'horizon, nous a bercés toute la nuit. Je le note ici pour m'en souvenir tellement c'était agréable, soporifique, apaisant, rassurant, tranquillisant ! Cela m'a rappelé les vagues s'écrasant sur la plage de la Concha avec en arrière plan le bruit des mouettes (même si ici il n'y a pas les mouettes), quand j'ai passé une nuit à l'hôtel Niza à San Sebastián la fenêtre ouverte il y a quelques années de cela !


Ce matin, superbe sortie en canoë sur le lagon. Il fait beau et la couleur de l'eau est comme sur les cartes postales, bleu très clair avec les reflets du soleil sur les coraux blancs désagrégés en sable au fond du lagon. Nous sommes allés presque jusqu'à la barrière de corail où les vagues se brisent en immenses jets d'eau ! Un magnifique spectacle. Nous avons plongé avec le masque et le tuba (peu de temps car RDV pour un barbecue sur la plage avec la fille d'une amie à Emma). J'ai tout de même eu le temps de voir de splendides guirlandes de petits poissons bleus enrober de magnifiques arbres à coraux. C'était plus qu'une guirlande en fait, c'était un ballet de guirlandes tellement les mouvements des petits poissons bleus moitié portés par les courants et le ressac et moitié propulsés par l'appréhension de mon approche les faisaient tour à tour rentrer et sortir de l'arbre comme un poumon ou un cœur qui gonfle et se dégonfle. Un mouvement continu, doux et harmonieux.

Aussitôt sortis de l'eau, nous sommes partis rejoindre Margaux (la fille de Sophie, une amie d'Emma), Moana (maintenant nous savons que cela veut dire "océan" en polynésien) et leurs deux enfants pour un superbe barbecue sur la plage près du golfe. Moana avait préparé la braise et nous avons grillé quelques saucisses et de la ventrèche de thon qui était délicieuse, avec une succulente salade (quinoa, oranges, carottes, etc.) préparée par Margaux. Tout était délicieux y compris la sauce secrète de Moana à base de curcuma, de gingembre et d'ail dans l'huile d'olives ! Puis nous sommes rentrés à l'hôtel car nous repartons demain matin, cette fois pour Huanine ! Notre avant dernier stop avant le grand retour.

Un petit mot pour dire que cette deuxième nuit nous avons été bercés non pas par les rouleaux des vagues mais par la pluie de la nuit glissant sur les feuillages verdoyants de l'île et c'était très sympa aussi. Nous partons à l'aéroport !


11 juillet - Huahine


En tahitien, "Huahine" veut dire la femme enceinte ou femme féconde.

"Hua" : fruit, œuf, germe, progéniture (un terme souvent lié à la fertilité ou à la naissance), et "Hine" : femme.

Cela fait écho à la forme de l'île qui rappelle le profil d’une femme allongée (voir première photo) et à sa légende liée à la fertilité.

Avant d'arriver à Huahine, nous avons survolé Bora Bora.

Cet après-midi je suis parti faire du kayak et j'ai suivi pendant plusieurs minutes une raie léopard qui nageait à la surface de l'eau juste à côté de moi. C'était sympa ! Après j'ai plongé et nagé un peu au-dessus des coraux au coucher du soleil. Puis ce soir nous avons dîné au restaurant de l'hôtel où nous avons la chance d'assister à un spectacle musical. Il s'agit d'un accompagnement musical extrêmement doux et agréable avec des chants légers, entrecoupés de quelques percussions. Ces chants, ces mots, ces sons sont envoûtants. Cette langue polynésienne est chantante et belle !


Juste une remarque sur la météo même si ce soir il fait tellement bon. De légers alizés nous caressent le visage et la température est douce, idéale en fait… Mais au regard de la météo de ces derniers jours, je tiens à préciser pour tout ce qui nous suivent qu'à notre époque il vaut mieux venir en Polynésie au mois de mai qu'en juillet/août, et ce malgré tout ce que disent les blogs qui sont surtout faits pour les personnes avec des voiliers…


Ce matin je voulais absolument partir courir. J'avais besoin de transpirer et de me remettre en forme après 2 semaines de croisière… Emma a voulu venir et nous sommes donc partis pour un petit footing jusqu'au point de départ de la superbe randonnée que j'avais repérée sur Google la veille. C'est la randonnée du Mont Pohue Rahi qui culmine à 460 mètres. La randonnée est assez sportive et très glissante à l'arrivée surtout quand on a des chaussures pas adaptées comme moi (donc petite chute sur le début de la descente où je me suis mâché la main), mais les panoramas sur le lagon, Huahine (les deux îles) et Raiatea sont splendides. Le problème c'est que Google informait le point de départ de la randonnée à 5,6 kms de l'hôtel quand en fait il est à 8,8 kms de l'hôtel… Nous avons donc fait un footing de plus de 8 kms avant d'attaquer les 2 heures 20 de randonnée allez retour ! Par chance, nous avons trouvé un couple en voiture pour nous prendre en stop au retour car nous n'avions plus d'eau. La bière pression à l'arrivée à l'hôtel à 11h30 (nous sommes partis à 08h) était délicieuse ! Cet après-midi repos, baignade et lecture (en passant de la glace sur la paume de ma main toute mâchée et douloureuse).

Après une petite sieste réparatrice, et pendant qu'Emma se faisait masser, je suis parti pagayer 45 minutes jusqu'à la barrière de corail. Après le spectacle des feux de la terre d’Hawaï, j'ai contemplé le spectacle d'écume blanche de l'océan, avec ses vagues se rompant sur la barrière de corail ! Le fracas de ces roulis envoyait à l'horizon des notes de musique dans les sons graves emplissant le ciel, dans lequel le soleil couchant et les nuages offraient un spectacle de jeux d'ombres et de lumière, tout simplement poignant. C'est en voyant ce spectacle et ces couleurs, en revenant, que j'ai compris pourquoi Gauguin affectionnait tellement cet endroit. La lumière y est vraiment incroyable. Je n'avais pas mon téléphone sur l'eau pour prendre des photos, mais j'ai tout de même pu en faire une à mon retour, même si la perspective du ponton n'est pas la même que celle de vous minuscule perdu au milieu du lagon chez Moana ! Vous vous laissez dériver heureux, apaisé, à juste contempler, à juste vous émerveiller. La température de l'air est comme celle de l'eau délicieuse. C'est assez incroyable mais l'air et l'eau sont exactement à la même température (entre 25 et 26 degrés) donnant une sensation de bien être inégalable. Merci planète, merci Moana. On est drôlement bien ici !


Aujourd'hui, nous avons loué des vélos électriques pour faire le tour des deux petites îles. Nous nous sommes arrêtés dans une plantation de vanille. Le paysage est très joli. Nous venons d'arriver à Fare où nous déjeunons au bord de l'eau au yacht club. Je ne vous le recommande pas vraiment même si les choix culinaires sur l'île sont extrêmement limités (Chez Juju pour les langoustes était fermé) ! Ensuite nous sommes passés devant des sites archéologiques (faré et marae). Au final, nous aurons fait le tour des deux îles. Nous serons montés au belvédère et aurons fait presque 70 kms à vélo. Heureusement que nous avions des vélos électriques, même si cela ne nous a pas empêché d'avoir mal aux fesses.

Pendant la balade, j'ai pris une photo de la tombe des marins de l’Uranie sans savoir ce qu'était l’Uranie… En fait, l’Uranie était le nom d’un navire d'exploration français célèbre pour une expédition scientifique menée par le capitaine Louis de Freycinet au début du XIXe siècle (1817–1820). Ce voyage autour du monde incluait un passage par la Polynésie.

Il s’agissait d’une expédition scientifique et cartographique, avec à bord l’une des premières femmes ayant fait un tour du monde clandestinement : Rose de Freycinet.

L’Uranie a contribué à la connaissance géographique et ethnographique de la Polynésie et d’autres régions du Pacifique.

Nous venons de rentrer. Baignade dans la baie, nous allons prendre la soirée très tranquillement.


Repos et lecture ce matin sur la plage avant de partir en fin d'après-midi pour Raiatea. Notre dernière étape en Polynésie avant de rentrer sur Papeete.


14 juillet - Raiatea et Taha'a


Nous venons d'arriver à Raiatea en laissant Taha'a sur notre droite en avion.

Raiatea est notre dernière étape en Polynésie et la dernière étape de ce troisième volet de mon tour du monde. Siège du marae Taputapuātea, centre religieux d’envergure interinsulaire, Raiatea a été un berceau culturel, politique et spirituel majeur de la Polynésie orientale. Il a été le point de départ de nombreuses expéditions de colonisation vers Hawaï, Rapa Nui et la Nouvelle-Zélande. L'île de Raiatea était anciennement appelée Havai’i et est considérée comme le lieu d’origine des dieux, des chefs et des navigateurs. Raiatea aurait donné son nom à l'île de Hawaï (les peuples qui ont fondé les îles Hawaï actuelles seraient partis de Raiatea et auraient amené le nom de leur île avec eux). A l'origine, le mot Hawaiki / Havai‘i voudrait dire "la patrie d’origine" ou "la terre ancestrale", parfois aussi interprété comme "le monde des esprits" ou "le monde d’en bas" dans les traditions orales (surtout dans les croyances liées à la mort et au voyage spirituel). Hawaï signifie donc "terre d’origine" ou "terre des ancêtres", dans un sens à la fois géographique et mythologique.


Ce matin, nous nous sommes reposés au bord de la piscine du Raiatea lodge et puis nous sommes partis faire 3h de jetski entre Raiatea et Taha'a l'après-midi. Je vous laisse voir les photos et vidéos.


Aujourd'hui, nous avons loué une scooter 125 pour faire tout le tour de l'île. L'île aux crabes (dans le sol), aux coqs et poules (sur terre), et aux clochers d'église (dans le ciel). L'île est très sauvage et montagneuse avec des rivières et cascades. Au final, toutes ces îles se ressemblent beaucoup (Tahiti, Moorea, Huahine et Raiatea). La seule île que tout le monde nous a recommandé pour être plus sauvage et petite, et donc plus charmante, c'est Mauipiti. A faire donc si vous venez dans le coin. Après toutes les îles des Marquises, 3 atolls des Tuamotus et 4 îles de l'archipel de la Société, nous aurons vu énormément de choses mais nous rentrons sans avoir exploré Mauipiti.

Ce matin, nous avons parcouru le site historique de Taputapuātea qui est dans une baie magnifique classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Nous nous sommes ensuite promenés dans le très beau et apaisant jardin botanique de l'île avant de nous poser dans un petit restaurant/snack au bord du lagon pour prendre un encas. Ce soir petit massage, puis soirée polynésienne à l'hôtel.


Nous nous sommes gâtés ces 3 derniers jours avant de rentrer. Aujourd'hui découverte de l'île de Taha'a en bateau ! Nous sommes partis voir avec Nui notre guide (super sympa) le jardin de corail de Taha'a ! Le jardin de corail se trouve juste à côté de l'hôtel Le Tahaa by Pearl Resorts, et en face de la dizaine de motus loués pour tourner Koh-Lanta (et oui, Véro) !

Nous sommes rentrés à une extrémité du jardin pour nous laisser porter par les courants et ressortir de l'autre côté. Nous avons vu une multitude de poissons colorés, d'anémones, de bénitiers… Nous avions vraiment l'impression de nager dans un aquarium. La lumière du soleil était très belle et l'eau était complètement transparente. La visibilité sous l'eau était absolument incroyable. Comme le sable est fait de coraux morts blanchis, d'excréments de poissons et de concombres de mer, il est très blanc et quand il fait beau et que le soleil est présent la visibilité dans 40 cm d'eau est absolument inégalable. En repartant en bateau voir les requins, nous avons vu une raie pastenague (celle qui reste sur les fonds sablonneux et dont le dard peut faire mal). Arrivés sur le spot de requins à pointes noires, nous nous sommes baignés au milieu d'eux. Ils sont attirés par les moteurs de bateaux car ils sont habitués à ce que les pêcheurs leur jettent des déchets de poissons dans cette passe avant de rentrer au port et d'arriver sur Raiatea. A nouveau une immense raie pastenague était enfouie dans le sable, immobile. Nous en aurons pris plein les yeux ce matin. Nous venons de rentrer. Déjeuner au bord de la piscine avant de rentrer à Papeete en fin d'après-midi. C'est la fin de ce voyage !

Le taxi nous ramène à l'aéroport. Nous échangeons avec la conductrice qui nous dit n'avoir mis les pieds sur Taha'a qu'une seule fois à l'âge de 13 ans. Elle devait en avoir 60 maintenant… C'est surprenant comme les personnalités peuvent être si différentes. Son île préférée est Mauipiti mais pour se reposer car il n'y a rien à faire sur cette toute petite île de 9 kms (on en fait le tour à pieds en 2h), sauf se reposer sur la plage et nager/plonger. Bora Bora nous dit-elle est surnommée l'île aux champignons par les locaux, tellement il y a de bungalows qui ont défiguré l'île vue du ciel. Ce sont malheureusement les limites du tourisme !


De retour dans l'avion, je lis le livre "tout le bleu du ciel" de Melissa da Costa. A un moment, elle cite la fameuse phrase "le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux". Si je prends la peine de recopier cette phrase ici c'est parce que j'ai vraiment vécu cette sensation, j'ai vraiment eu cette impression pendant mon voyage. De regarder des choses que j'avais sous les yeux mais que je ne regardais pas ou pas assez auparavant. C'est la différence entre ne pas voir, voir (passivement), et regarder (activement). Peut-être que je ne regardais pas assez par manque de temps. Parce que je ne me posais pas les bonnes questions. Mais à plusieurs reprises dans la nature, les fleurs, les papillons, sous l'eau les bénitiers, les anémones, les concombres de mer, les plus petits poissons, tout me captivait et beaucoup. Le vivant m'a toujours captivé mais là, pendant ce voyage, encore plus. Ce voyage m'aura rappelé "qu'il est là le bonheur, il est là (Christophe Mae)", avec les amis, dans les petites choses de la vie et qu'avec un regard neuf sur les choses, même les anciennes choses (déjà vues) deviennent nouvelles, différentes, intéressantes, captivantes... En tous les cas, ces anciennes choses déjà vues ont continué d'émerveiller le petit garçon que je suis resté. La deuxième chose qui m'aura marqué même si je le savais déjà, c'est qu'on ne valorise les choses à leur juste valeur que quand on les perd. C'est vrai pour l'amour, le bonheur, et la vie ! Essayez de vous le rappeler chaque jour avant qu'il ne soit trop tard. Rien n'est jamais acquis. Et si vous l'oubliez et trébuchez un jour, ce n'est pas grave. N'oubliez pas alors que la vie est un voyage et que chaque obstacle et chaque nouveau chemin est en fait une merveilleuse nouvelle opportunité pour vous. Dans chaque crise, il y a une opportunité. Croyez-moi. C'est une des plus grandes découvertes de ma vie et c'est celle qui m'a le plus aidé dans ma vie pour rebondir à chaque fois que j'ai pris un coup dur. Et, là aussi, croyez moi, il y en a eu des coups durs, et beaucoup. Ma démission et ce tour du monde de un an après mon divorce en sont la meilleure preuve. Que la vie est belle !

Mauruuru.


17 août - Johannesburg


Je viens d'arriver sur le continent Africain. Ce continent de lumières, où le temps a une tout autre dimension. Je retrouve Johannesburg noyé dans un nuage de pollution clairement visible quand on arrive en avion. Le vol s'est très bien passé. J'étais fatigué et j'ai très bien dormi après avoir vu un magnifique film que je vous recommande à tous immensément fort. VOYAGE AU PÔLE SUD de Luc Jacquet. Pour avoir parcouru la Patagonie en novembre dernier et l'Alaska cette année au printemps, j'ai compris les émotions que le film essaye de transmettre. On ne peut pas comprendre vraiment ces émotions sans être allé dans ces terres hostiles, sans avoir eu froid dans le blizzard, sans avoir eu envie de vomir sur la houle de ces mers déchaînées, sans avoir écouter ce silence infini de ces déserts de glace, interrompu uniquement par des craquements de glace de temps à autre ou par le cri d'un oiseau ou d'une espèce marine qui sort de l'eau. Ce film est l'un des plus beaux films que j'ai vus de ma vie. Il m'a fait beaucoup pleuré. De bonheur. De profondeur. D'amour. Merci à l'homme qui a consacré une partie de sa vie à ce continent et à ces manchots empereurs.

Posé au lounge dans l'aéroport de Johannesburg, je ne suis en fait pas très loin de l'une des 4 portes qui ouvrent sur ce pôle sud, même si comme pour Luc Jacquet ma porte préférée est celle de l'Amérique du sud et du Cap Horn. Regardez ce film.

Pour ma part, j'embarque prochainement pour le Zimbabwe et les chutes Victoria !

Quand je dis que le temps prend une autre dimension ici… On m'a donné un journal papier dans l'avion, le Sunday Times… Ce qui m'a permis de me mettre un peu à jour sur la situation du pays. Pas beaucoup de changements sur les fronts de la corruption, pauvreté et pollution… Malheureusement.

En revanche, ils sont moins stressés par les procédures que nous le sommes en Europe. Ils ne craignent pas autant que ce que l'on craint en Europe. Ce dogme de la sécurité absolue au prix d'en perdre nos libertés. Ici la porte du cockpit de l'avion reste grande ouverte un bon moment alors que sur le vol d'Air France précédent on ne pouvait pas utiliser les toilettes à l'avant de l'avion (réservés pour les pilotes et l'équipage) de peur qu'on puisse croiser ces derniers et qu'on décide de prendre l'avion et de faire un attentat !


18 août - Rafting le Zambeze


Merveilleuse journée de rafting aujourd'hui. Malheureusement le niveau d'eau était encore trop élevé et trop important pour descendre les rapides 1 à 10. Il me faudra donc revenir pour faire les 19 principaux rapides en une journée (le top à priori) ou faire 2 jours et demi de rafting, ce qui paraît-il est aussi exceptionnel. J'espère que mes enfants viendront avec moi et idéalement pour y fêter un de mes anniversaires car la meilleure période pour descendre tous ces rapides c'est entre septembre et décembre !

J'ai une merveilleuse vidéo de 7 minutes sur la journée à retrouver dans mes archives… J'ai sélectionné une séquence de 1 min seulement (la limite sur l'application polarsteps) en choisissant un extrait où le premier bateau est le notre et où vous aurez plaisir à voir ce qui est arrivé aux autres ! Vidéo amusante (petite récompense) pour ceux qui ont la patience de suivre ce voyage ! C'était génial, vraiment. A faire absolument dans sa vie (comme Venise 🤣🤣).

Je vous recommande si vous êtes côté Zimbabwe la société Wildhorizons.


20 août - Parc Hwange au Zimbabwe


Après un vol de 27 minutes dans un tout petit avion (le plus petit que Alex n'ait jamais pris), nous nous sommes posés en plein milieu de la savane dans le parc Hwange. Nous avons pris un 4x4 pour rejoindre le camp. Sur la route nous avons vu une mangouste, des "pintades" locales, beaucoup d'hippopotames se rafraîchissant dans l'eau et de gros beaux crocodiles. Arrivés au camp, nous avons été reçus comme des rois avec petite serviette fraîche, un super déjeuner et nous sommes allés faire une petite sieste dans notre grande tente (quel dommage que tu ne sois pas là Emma, on aurait été tellement bien, mais tellement. Tu aurais adoré, sauf l'avion, tu serais morte d'une crise cardiaque avant d'arriver 😅)… Nous avons RDV dans 2 heures (il fait trop chaud maintenant), pour aller marcher 2 ou 3 h à l'encontre des animaux sauvages dans leur propre milieu. Craig est super sympa. On va se régaler !

En terme de logistique, deux voitures, un camion et un avion rien que pour nous ! On a même un vrai WC, et pas d'internet du tout ! Le luxe le plus complet qu'on puisse imaginer !


Nous sommes partis en 4x4 vers 15h et nous sommes rentrés à 18h30. Il faisait quasiment nuit. Nous avons vu beaucoup d'animaux. Des bébés autruches avec leurs parents, des chacals, des girafes, des babouins, des impalas, des Kudus, une hyène, les traces d'un groupe de lions, une multitude d'oiseaux et bien sûr beaucoup d'éléphants. Nous avons vu beaucoup d'éléphants en groupe, dont des éléphants "blancs" (très rares); ils sont blancs car il se roulent dans le sel, le sable et des minéraux. Les femelles sont agressives et nous ne sous sommes donc pas approchés trop près à pied (à 50 mètres environ). En voiture nous étions à quelques mètres d'un groupe d'éléphants qui buvaient. Les mâles seuls ne sont pas dangereux mais les femelles en groupe avec leurs petits le sont. C'était une journée magnifique et une après-midi splendide avec énormément de chance d'avoir vu autant d'animaux variés en si peu de temps.

Alex parle avec Rupesh comme je l'ai fait à midi. Ancien chercheur d'or, nous avons eu une superbe discussion ce midi sur la vie et la difficulté de concilier les deux objectifs que sont "faire carrière pour assumer financièrement le bien de la famille" (l'expression d'une forme d'amour pour celui qui fait des sacrifices pour subvenir aux besoins de la famille) et "passer un maximum de temps avec nos enfants pour leur apprendre tout ce que l'on sait". Pour Rupesh, les jeunes ont historiquement appris des anciens en "regardant et apprenant". Ce n'est plus tellement le cas aujourd'hui… Plus autant en tous les cas. Nous philosophions sur tout cela en pensant à Alex qui est parti hier pour une semaine sans pullover, sans adaptateur pour recharger son téléphone, sans livre et sans sa brosse à dents ! Mais l'amour d'un enfant est inconditionnel…

Première nuit dans le désert, la savane. Nous nous sommes laissés surprendre par les énormes variations de températures entre la journée et la nuit. Comme il n'y a pas d'humidité du tout, les températures varient énormément entre la journée et la nuit. Il faisait à peine quelques degrés cette nuit et j'ai eu froid. Même très froid. Nous allons corriger cela ce soir. En revanche, parce qu'il n'y a pas d'humidité dans l'air, le ciel était incroyablement magnifique cette nuit. Nous avons pu voir les étoiles comme dans les plus beaux déserts.

Ce matin nous sommes partis très tôt. Il faisait encore nuit. Nous avons conduit dans le froid jusqu'à la source d'eau tiède (et légèrement salée) où nous avions vu les éléphants et la hyène la veille au soir. Nous sommes partis marcher sur les traces des hyènes quand nous avons entendu l'une d'elles émettre un bruit/un cri pour appeler les autres. En effet, les hyènes restent plutôt seules mais quand elles découvrent une carcasse, elles s'appellent entre elles pour partager les restes de la proie tuée. Craig est très doué pour suivre les traces… Nous sommes arrivés sur la scène du crime où une girafe avait été tuée deux jours auparavant. Il ne restait plus que sa colonne vertébrale sur place et les restes de son estomac. Les autres os avaient été entraînés un peu plus loin… Nous avons eu la chance d'être les premiers à arriver sur la scène pour voir les hyènes, chacals et vautours finir les restes. Ensuite, nous sommes partis sur les traces des lions et avons marché environ 3h dans la savane à leur recherche. Un autre petit groupe de randonneurs est passé près d'eux et les lions sont donc partis se cacher. Au final, hormis ce festin partagé très intéressant, nous n'aurons donc vu que des Kudus, impalas et un phacochère ce matin. Nous venons de rentrer pour déjeuner et au bord de la rivière il y avait des éléphants et des zèbres. Il fait maintenant extrêmement chaud. C'est l'heure de la sieste. Nous repartirons à 15h15.


Dès que une vérité s'éloigne de sa source, le risque augmente que ce qui est affirmé ne soit plus une vérité… Et si on ne comprend pas le pourquoi des choses ou si on ne pose pas les bonnes questions, il est facile de passer à côté. Et plus nous sommes nombreux à le croire, plus nous pensons que c'est vrai (le biais du groupe) et plus nous le répétons avec certitude, amplifiant l'erreur partagée. Aujourd'hui, j'ai appris pourquoi une croyance extrêmement répandue était fausse. A l'inverse de ce que l'on croit, affirme et dit, les hippopotames ne sont pas les principaux tueurs d'hommes. Au Zimbabwe en tous les cas se sont les crocodiles et de très loin. Alors pourquoi cette croyance ? Pourquoi blâme t-on les hippopotames ? Pour une raison facile à comprendre. Quand un homme se noie ou est tué par un crocodile, on préfère dire qu'il a été tué par un hippopotame, car si un homme a été tué, on a le droit de tuer "l'animal tueur" en retour. Si on désigne un hippopotame, il y aura jusqu'à 1000 kg de viande à se partager entre le ou les villages, voilà pourquoi il est rapporté autant de morts pour cause d'hippopotames. Ceci enseigne deux choses… Quand on dit que les hippopotames sont les premiers tueurs d'hommes sur le nombre de mortalités officiellement déclarées, c'est vrai. C'est une vérité mais c'est une "fausse vérité" puisque on dit vrai mais sur une information fausse ! La seule manière d'éviter ce risque c'est d'aller à la source des informations et de regarder / observer en essayant d'éliminer tous les biais humains… C'est une chose extrêmement difficile à faire la plupart du temps… Pourtant, c'est la seule manière de se rapprocher un peu de la "vraie" vérité ! (Et souvent c'est en comprenant le "pourquoi" des choses qu'on y arrive… Quand on trouve un sens logique à la vérité - parce que tout est logique (tout a une explication logique) dans la vie.

Deuxième exemple apporté par Craig aujourd'hui… La non existence des cimetières d'éléphants ! Il y a des dizaines d'années certaines personnes ont remarqué que beaucoup d'ossements d'éléphants étaient au même endroit, hypothétisant le fait que ces derniers se réunissaient quelque part pour mourir. C'est faux ! En fait il s'agissait de chasseurs d'éléphants qui pour pouvoir tuer 15 éléphants les uns à la suite des autres tuaient d'abord la femelle leader, laissant les autres éléphants désorientés sans savoir quoi faire et pouvant ainsi tous les abattre plus facilement. C'est ceci qui explique l'accumulation d'ossements d'éléphants à certains endroits, pas l'hypothèse d'un cimetière. D'ailleurs depuis que la chasse des éléphants est interdite, on n'a jamais plus trouvé de cimetières d'éléphants…


Cet après-midi a été extraordinaire. Nous avons vu une très grande variété d'animaux, et en grande quantité. Des crocodiles, des hippopotames en très grande quantité qu'on a involontairement réveillés et dérangés, différents types d'antilopes, des phacochères, des éléphants qui sont venu boire (peut-être une centaine… impressionnant !), un buffle et des lionnes. Nous avions devant nous trois des BIG 5, dans un même regard (buffle, éléphants, lions). Nous avons décidé de prendre le risque et de partir chercher les lionnes à pied. Nous nous sommes approchés à une 20aine ou trentaine de mètres. La lionne que nous cherchions était tellement bien camouflée que nous ne l'avons vu déguerpir que comme nous sommes partis. Elle était tout près de nous mais invisible. C'était un moment fort cette traversée à champs ouvert près de ce point d'eau au milieu d'éléphants à la recherche de lionnes et pas loin d'un buffle… Au retour nous avons failli nous retrouver face à face avec un éléphant mâle. Craig a eu peur… Il nous a dit, j'ai fait une erreur ! Mais à part le fait qu'en voulant échapper à l'éléphant nous avons failli marcher sur un chacal qui dormait là (à 1 mètre de là où nous sommes passés), tout s'est bien terminé. Nous sommes rentrés en voiture au camps, en recroisant sur la route du retour la lionne que nous avions suivie à pied un peu plus tôt et en assistant à une chasse poursuite d'un buffle par un éléphant, tout cela devant un magnifique coucher de soleil. Ce soir repas super sympa avec une très belle discussion autour du feu… Sur nos vies et sur la vie. Le ciel étoilé est juste incroyable. La concentration des étoiles (visibles à l'œil) est plus importante dans l'hémisphère sud, et l'absence d'humidité dans le ciel permet de voir un ciel tout simplement splendide. Je n'avais jamais vu la voie lactée aussi belle et aussi prononcée qu'ici et avec les bruits de faune sauvage (lions et léopards) autour de nous (sons captivants), je ne suis pas prêt d'oublier cette délicieuse soirée.


Fabuleuse matinée. Indescriptible. Inoubliable. Non capturée en photos et vidéos. Craig est juste excellent à trouver et suivre des traces d'animaux. Ce matin nous avons suivi les traces d'un groupe de 2 lionnes très grandes et belles et d'un plus petit lion dans le désert du Kalahari. Après 20 minutes d'une marche dynamique dans le bush, nous sommes soudainement tombés face à face avec une lionne.

A 10-15 mètres juste en face de nous, poussant un énorme rugissement ! Ouah, quelle émotion, l'impression laissée sera inoubliable. Bien sûr, à ce moment là, on est tellement captivé qu'on ne pense pas à filmer mais à voir la réaction de Craig (huge adrenaline rush) c'était une rencontre très inhabituelle par sa qualité, proximité, et par la splendeur de la lionne. Le rugissement, c'était pour nous intimider et les secondes suivantes étaient déterminantes, surtout pour nous, dans la posture à adopter. Nous nous sommes tout de suite baissés pour rassurer la lionne sur nos intentions et puis nous nous sommes observés. Malheureusement trop peu de temps pour prendre des photos et vidéos de ce moment. Normalement, après une telle rencontre, on fait demi-tour pour ne pas inutilement provoquer le conflit mais, là, nous étions tellement fascinés que nous avons continué d'avancer jusqu'à les voir de nouveau et Alex a pris une très belle vidéo (vous aurez aussi ma vidéo ici mais mon angle de vue était moins bon, je voulais qu'Alex ait des souvenirs de cela toute sa vie). Vu sa marche en crabe au retour et comment son cou était en permanence tourné vers l'arrière, appréhensif d'une charge dans notre dos, et cela durant au moins 10 bonnes minutes, je vous garantis qu'Alex n'était pas rassuré. Il a aimé et a dit que j'étais totalement inconscient 🫠. Autant vous dire le pic d'adrénaline que Alex a subi ! Génial. Nous sommes très privilégiés.


Quand je disais avant de partir que nous partions sur le continent de nos origines, je ne croyais pas si bien dire. De manière très méconnue (pays pauvre sans accès à la mer ou à l'océan), ce pays (ancienne Rhodésie du sud) est immensément riche en magnifiques peintures préhistoriques (période de - 10.000 à - 15.000 ans) - vraiment des peintures incroyables dans des caves isolées - et aussi en outils (pierres taillées apportées ici par d'anciennes tribus, restées au sol et maintenant recouvertes par le sable).


27 août - Harare


Nous sommes partis du parc de Mana pools hier matin très tôt et avons volé jusqu'à l'aéroport de Harare où nous avons déposé Alex qui rentre en France pour travailler et retrouver son amoureuse à Montpellier. Nous avons ensuite repris l'avion de Craig pour aller le poser sur un petit aéroport à l'extérieur de la ville et sommes allés chez Craig. C'était très sympa. En plus de parcourir la ville de Harare (très pauvre mais tranquille apparemment), j'ai découvert les petits cafés sympa du quartier de Craig. Nous sommes allés manger une pizza a côté de chez lui avant qu'un taxi ne vienne me récupérer et me ramène à l'aéroport pour mon vol pour Kigali. Je n'ai pas fait d'étape à proprement parler (je n'ai pas pris beaucoup de photos) à Harare car j'y suis resté trop peu de temps mais j'ai bien aimé la maison de Craig et je suis ravi d'avoir rencontré Camilla, la compagne de Craig depuis 10 ans. Craig et moi avons beaucoup de points en commun et sommes passés par des périodes très similaires, y compris pendant nos divorces… Je peux dire que Craig et Camilla sont des amis maintenant et ils m'ont promis de venir me voir dans les Pyrénées un jour !


Au cours de ces derniers jours, nous avons beaucoup échangé avec Craig sur des sujets très divers. C'était très intéressant en particulier sur l'Afrique, mais pas uniquement… Par exemple, un soir nous avons discuté du meurtre de la princesse Diana dans le tunnel à Paris et nous avons âprement débattu pour savoir si nous avions vraiment été sur la lune, ou pas !


L'Afrique, condamné par tous il y a quelques années, en pleine épidémie du sida, est maintenant considéré par certains comme le continent du futur vu sa démographie et ses ressources terrestres,... Mais Craig pense que l'Afrique continue de s'enfoncer dans son marasme à cause de la corruption des gouvernements et de la non éducation des populations. Craig m'a aussi appris que l'Afrique brûlait et que bien que tout le monde le savait, personne n'en parlait ! On parle d'émissions et de rejets de CO2 dans l'air tous les jours en Europe, mais pas un mot sur le fait que le continent Africain brûle (et pourtant cela se voit tellement dans l'air avec des nuages épais de poussières et de fumées). Quel contraste, et quel dommage d'être constamment si mal informés !

Craig est africain mais encore aujourd'hui il voit une grande différence entre les noirs et les blancs. Les noirs de part leur histoire, leur passé, leurs conditions de vie et leur éducation sont beaucoup plus durs que les blancs. Pour Craig les différences culturelles sont grandes et expliquent que les noirs en Afrique (élevés à la dure) sont moins facilement capables d'empathie y compris envers leurs propres compatriotes noirs. Comme je le dis souvent, "il faut avoir pour donner", et les blancs ont tellement que pour se sentir mieux, ils donnent… Mais peu de noirs sont dans cette situation (d'avoir et donc de pouvoir donner) et donc il est normal de percevoir ces différences et facile de les comprendre car charité bien ordonnée commence par soi même. Cette vérité est encore très présente en Afrique.


27 août - Kigali


Je suis réglé sur les horaires du safari, moi qui rêvais d'une grasse matinée. Levé à 05 heures ! Après avoir rempli mes obligations administratives, je me suis renseigné un peu sur Kigali et le Rwanda qui m'ont fait une première bonne impression en arrivant hier…

Kigali et le Rwanda forment un couple étonnant : une capitale très dynamique et moderne, au cœur d’un petit pays d’Afrique centrale surnommé « le pays des mille collines ».

Le Rwanda est un petit pays enclavé (26 000 km², environ 14 millions d’habitants), fait de collines verdoyantes, lacs, volcans au nord, plaines à l’est. Le climat est tropical tempéré par l’altitude (climat doux à Kigali, ~20–26°C toute l’année). On y parle les langues : kinyarwanda (tous ou la plupart), français (les plus de 40 ans), anglais (les jeunes), swahili (peu de personnes). Ce dont je n'avais pas conscience c'est que c'est l'un des pays les plus dynamiques d’Afrique (croissance autour de 6–7 % avant la pandémie) avec comme piliers économiques : l'agriculture (café, thé), les services financiers, et le tourisme (notamment les gorilles de montagne). Le Rwanda est considéré comme l’un des pays les plus sûrs et stables d’Afrique.

Mon guide me dit que l'éducation est gratuite ici, les routes sont en excellent état, et le gouvernement ne serait pas corrompu et ferait du très bon travail. Une photo très différente de ce qu'on a vu au Zimbabwe (gouvernement corrompu et population très pauvre).


🏙️ Kigali, la capitale, est connue pour être l’une des villes les plus propres d’Afrique. Je me disais bien aussi. Quelque chose m'a plu et m'a attiré dès ma sortie de l'aéroport. Et j'apprends que depuis 2008, les sacs plastiques y sont interdits !! INCROYABLE. Ils sont tellement en avance sur le Brésil et sur tellement d'autres pays. L'urbanisme y est assez moderne : gratte-ciels, hôtels haut de gamme, cafés et restaurants cosmopolites, mais aussi des quartiers traditionnels. Ce matin je pars à 08h avec mon guide voir le Mémorial du génocide de Kigali. On sent que Kigali a une atmosphère paisible, avec une population accueillante.


🌿 Nature et tourisme au Rwanda (pour la prochaine fois)…

Parc national des Volcans (nord) : habitat des célèbres gorilles de montagne, expérience unique mais chère (le permis est à plus de 1 500 $).

Parc national de l’Akagera (est) : savane avec « Big Five » (lions, éléphants, rhinocéros, buffles, léopards).

Forêt de Nyungwe (sud-ouest) : forêts tropicales, chimpanzés, ponts suspendus spectaculaires.

Lac Kivu (ouest) : stations balnéaires paisibles (Gisenyi, Kibuye), superbes paysages.


Comme quoi, ne jamais abandonner. Le pays a su renaître après le génocide de 1994 et est devenu plus beau et plus fort avec de la fierté nationale et un sens civique plus développé qu'ailleurs (exemple : l’« Umuganda », journée mensuelle où toute la population participe au nettoyage et à des travaux communautaires). C'est un mélange étonnant de modernité, propreté et sécurité rarement rencontré en Afrique.


J'ai un plan, en fait plutôt un cadre, plus ou moins bien défini de ce que je veux faire quand je serai à la retraite ainsi que les endroits où j'irai vivre… Mars et Avril à Rio et Búzios, Mai et Juin à Nice, Juillet et Août dans les Pyrénées, Septembre et Octobre à Nice mais je suis hésitant sur les autres mois sauf à dire que j'irai voir mes enfants possiblement éparpillés sur la planète et passer sinon un peu de temps en Patagonie (Chili et Argentine)… Mais maintenant, j'ai trouvé une belle destination pour le mois de Janvier… Le Rwanda !


Délicieux petit déjeuner ce matin à l'hôtel Five to Five. Les fruits, les jus sont délicieux mais aussi leur cuisine légèrement épicée (succulent petit beignet de légumes) et aussi leur thé africain… C'est un thé (fort) à base de gingembre avec du lait. Ils appellent cela le thé africain. Délicieux.


Ce matin, visite du Mémorial du génocide des Tutsi au Rwanda. L'avenir perdu pour des dizaines de milliers d'enfants (et d'hommes et de femmes). Un homme peut être bon, mais un groupe d'hommes peut aussi souvent être mauvais car quand les hommes sont en groupe (et plus seuls), ils ne pensent plus, ils suivent.

"Don't follow, never, please", "Always spend the energy to think by yourself". Ne suivez pas, pensez par vous-même, faites l'effort même si cela vous coûte un peu (ou même beaucoup) d'énergie, et toujours de forme très critique.


On ne ressort pas de ce Mémorial comme on y est entré. Je suis complètement bouleversé, profondément perturbé. J'ai vu plusieurs mémoriaux mais celui-ci est différent. Il faut aller le voir et y passer au moins 2 heures.


En 1994, c'est l’un des drames humains les plus marquants de la fin du XXᵉ siècle. En l’espace d’une centaine de jours (avril–juillet 1994), environ 800 000 à 1 000 000 de personnes, majoritairement Tutsi mais aussi des Hutu dits « modérés », ont été assassinées, souvent à la machette ou par armes légères, dans une violence de masse organisée.


Avant la colonisation, la société rwandaise était structurée en classes sociales fluides (Hutu majoritaires, Tutsi minoritaires, Twa). Les identités étaient davantage socio-économiques (pasteurs, agriculteurs) que raciales. La colonisation allemande puis surtout belge (XXᵉ siècle) a rigidifié ces catégories, en imposant des cartes d’identité ethniques (1932 pour figer des choses qui ne peuvent pas se figer puisque les Tutsi et les Hutu se mariaient et avaient des enfants ensemble… Comment figer une race, une identité, une génétique ? Encore une absurdité de l'homme liée à son ignorance de la vie et de la biologie), et en privilégiant les Tutsi dans l’administration et l’éducation. Cela a cristallisé un sentiment de hiérarchie et de ressentiment. À partir de 1959 (Révolution sociale Hutu), de nombreux Tutsi sont massacrés ou fuient vers l’Ouganda, le Burundi, la Tanzanie. Les décennies suivantes voient une série de pogroms anti-Tutsi (années 60, 70, 90), enracinant la peur et la haine.

Dans les années 1980-1990, la crise économique comme très souvent vient aggraver les choses. Chute des cours du café, pauvreté accrue, chômage. Le régime est autoritaire avec le président Juvénal Habyarimana (Hutu) qui dirige un système néo-patrimonial où le pouvoir est concentré entre ses proches («Akazu»).

En 1990, les exilés Tutsi en Ouganda lancent une offensive pour rentrer au Rwanda (invasion du Front Patriotique Rwandais (FPR)) : cela ravive la propagande du régime sur la « menace Tutsi ». Il y a alors une montée de la propagande haineuse : radios (notamment la RTLM), journaux et responsables politiques diffusent l’idéologie du « Hutu Power » qui dépeint les Tutsi comme des envahisseurs à éliminer. Ensuite, le terrain étant miné, il suffira d'une étincelle pour mettre le feu aux poudres. Le 6 avril 1994, l’avion du président Habyarimana est abattu à Kigali. Les responsables exacts restent controversés (FPR ou extrémistes Hutu ?), mais cet événement sert de catalyseur. Aussitôt, les milices Interahamwe et Impuzamugambi (formées de longue date) encadrées par l’armée et soutenues par les autorités, lancent les massacres planifiés. Idéologie raciale et de la peur pour garder le pouvoir… Et face à ce véritable chaos, on constate la plus grande indifférence internationale. En effet, malgré des signes annonciateurs clairs (et des alertes), l’ONU et les grandes puissances n’interviennent pas efficacement.


Conséquences : environ 1 million de morts, des centaines de milliers de femmes violées, des millions de déplacés. Le pays est dévasté, mais le génocide s’arrête lorsque le FPR (dirigé par Paul Kagame) prend Kigali en juillet 1994. Depuis, le Rwanda est marqué par une reconstruction profonde, mais aussi par une gouvernance autoritaire qui s’appuie sur la mémoire du génocide.


Pour plus de détails (pour apprendre de nos erreurs passées) : avant la colonisation (jusqu’à fin XIXᵉ siècle), la société rwandaise était organisée autour d’un roi (Mwami). Les termes Hutu (agriculteurs), Tutsi (pasteurs, souvent plus riches), Twa (chasseurs-cueilleurs) existaient mais n'étaient pas des « races » fixes. La mobilité était possible : un Hutu riche en bétail pouvait devenir Tutsi, et inversement.


Le Rwanda que je découvre est très rural, beaucoup de collines verdoyantes cultivées (green beans) et de gens à vélo (les hommes pédalent, les femmes sur le porte bagages) et pourtant c'est vallonné ! Quand les vélos sont chargés de lait ou d'ananas, les hommes poussent les vélos à pied dans les montées et enfourchent leur vélos à nouveau dans les descentes.

Dans les collines et les villages, la vie est plus rude. Il n'y a pas d'argent ici. Ce sont des agriculteurs qui travaillent la terre comme en France il y a 100 ans… Les enfants portent des paquets de cannes à sucre plus lourds qu'eux, des ananas et du foin fauché. Et comme souvent, c'est là qu'on voit les plus beaux sourires et les plus belles expressions. Ignace en est le plus bel exemple. C'est un étudiant qui a pris son courage à deux mains pour m'aborder, me poser des questions et ainsi pratiquer son anglais et encore plus important, pour rendre sa maman fière. Il a voulu une photo avec moi. Je vais la garder. Lui aussi est devenu mon ami et j'espère pouvoir lui aussi le recevoir un jour en France. Son cœur était très beau, rempli d'amour !


Nous nous approchons maintenant de la frontière ougandaise après un déjeuner vraiment typique rwandais (self-service dans un petit restaurant) et je réfléchis à tout ce que je vois. Ce monde qui grouille, ces conditions de vie que nous qualifions de rudes ou primaires… Et moi le seul blanc ici, j'essaie de comprendre ce qui se passerait si les gens au lieu d'être accueillants et adorables étaient racistes. L'autre perspective est souvent négligée et pourtant tellement importante. Il suffit de lire les croisades du point de vue des arabes pour le comprendre.

Je réfléchis aussi sur ce dogme des "démocraties". Il n’y avait pas mieux avant mais aujourd'hui qu'on constate qu'elles meurent et disparaissent, je m'interroge vraiment, surtout après mes échanges avec Craig qui est convaincu qu'il faut un dictateur bienveillant dans les pays africains pour qu'ils s'en sortent. Les démocraties faisaient sens quand les personnes étaient éduquées et bien informées… Mais quid du modèle si elles ne le sont plus, si elles sont manipulées et mal informées comme cela a l'air d'être de plus en plus le cas, à travers le monde…


28 août - Parc Mgahinga - Les singes dorés


Churchill a nommé l'Ouganda la perle de l'Afrique, parce qu'il était anglais (l'Ouganda est une colonie anglaise) et pas belge ou français, sinon il aurait pu dire la même chose du Rwanda ! Arrivée à l'hôtel Ichumbi à Kisoro en Ouganda où je pars tôt demain matin voir les singes dorés ! (Ne prêtez pas trop attention aux vidéos, je pensais partir voir les gorilles ce matin 🤭).


Nous partons ce matin un peu après 08h. Mon chauffeur est malade. L'alimentation locale ne lui va pas bien (intoxication alimentaire), moi, je pense qu'après ce tour du monde, mon estomac est blindé et mon immunité gonflée à bloc, donc aucun soucis !


Il fait doux ce matin. Le guide du parc nous dit que nous avons 90% de chances de voir les singes dorés. Les 10% c'est pour ceux qui ne peuvent pas marcher jusqu'au sommet de la colline 🤣 ! Balade d'un peu plus de 2h pour aller voir un petit groupe de singes dorés.


Après avoir avalé un sandwich et bu une bière locale, nous avons repris la route, enfin un chemin de terre et de pierres à travers la forêt et les collines pour rejoindre le lodge où je vais rester deux nuits… Le 4 gorillas lodge.

Sur le chemin, j'ai pu constater la très grande pauvreté des villages et des gens. Ils sont heureux et paisibles mais vivent avec extrêmement peu et travaillent dur. Tout est agricole ici et j'ai vu de nombreuses femmes bêcher la terre ou porter beaucoup de poids sur leur tête, avec parfois leur bébé sur le dos. Cela commande l'admiration et la chanson "Mesdames" de Grand Corps Malade prend encore plus son sens ici… Ce qui est incroyable, c'est que je n'avais jamais vu le clip de la chanson mais je viens de me rendre compte en écrivant cette phrase que la première image qu'il a choisi pour son clip c'est une femme africaine. C'est tellement lucide, tellement fort et vrai. Chapeau l'artiste !


29 août - Parc national de Bwindi - Les gorilles


Je suis arrivé au lodge des 4 gorilles cet après-midi. C'est un écolodge en plein milieu de la forêt, en bordure du parc national de la forêt impénétrable de Bwindi. Cette fois, c'est sûr, nous partons voir les gorilles demain matin !

En fait, comme souvent, il faut bien s'informer et se préparer à l'avance quand on veut réussir quelque chose qui nous tient à cœur. "Chance is when preparation meets opportunity"... La chance c'est juste la saisie d'une opportunité rendue possible parce qu'on s'était préparé avant pour être capable de voir et de saisir (deux notions différentes ici) cette opportunité quand elle se présente… Lors de ma promenade d'hier j'avais compris en échangeant avec une famille autrichienne qu'au moment de partir voir les gorilles, les guides divisaient les gens dans des groupes de 8 à 9 personnes au maximum et que tous les groupes n'étaient pas équivalents. A priori, certaines sorties et certains groupes sont mieux que d'autres. Alors à mon arrivée, j'ai fait un peu de lobby pour être dans un bon groupe, même si je ne suis pas sûr qu'on puisse vraiment mesurer et comparer au jour le jour les expériences des différents groupes… En tous les cas, on part à pied et pas en voiture et c'est déjà un bon point.


Avant de partir nous avons le droit à un superbe spectacle des Pygmés Batwa, un peuple qui vivait dans la forêt. La forêt était leur frigidaire et leur hôpital avec d'exceptionnels traitements à base de plantes…

Autant de choses que nous sommes en train d'oublier et de perdre. A réfléchir.

C'est eux qui chantent et dansent la joie de vivre. "Ils remuent leurs os" comme ils disent. C'était magnifique, splendide, émouvant, cela prenait aux tripes. Merci à eux pour cet élégant partage d'un élément essentiel de leur culture.


Nous avions déjà vu des Pygmés hier, alors je me suis un peu renseigné sur ce peuple surprenant. Les Pygmées sont un ensemble de peuples autochtones d’Afrique centrale, connus pour leur petite taille moyenne et leur mode de vie traditionnel souvent lié à la forêt équatoriale. Le terme "pygmée" est un exonyme (nom donné de l’extérieur) utilisé depuis l’Antiquité, mais il est aujourd’hui considéré comme imprécis et parfois péjoratif. Eux-mêmes se désignent selon leurs ethnonymes propres (Baka, Aka, Mbuti, Twa, etc.). On les trouve principalement en République démocratique du Congo (RDC), au Cameroun, en République centrafricaine, au Gabon, au Congo-Brazzaville, au Rwanda, en Ouganda et au Burundi. Les groupes les plus connus sont : les Mbuti (Ituri, RDC), les Aka (RDC, République centrafricaine, Congo), les Baka (Cameroun, Gabon) et les Twa (Rwanda, Burundi, Ouganda). Leur taille moyenne est souvent autour de 1,45 m à 1,55 m. Cette stature n’est pas due à une maladie mais à une adaptation génétique à la vie en forêt équatoriale (croissance rapide dans l’enfance, mais arrêt précoce à la puberté). Traditionnellement, ce sont des chasseurs-cueilleurs, vivant de la chasse, de la pêche, et de la collecte de fruits, miel, racines, champignons. Ils ont une connaissance très fine de la forêt tropicale, de sa faune et de sa flore, et un rapport spirituel fort avec la nature. Les campements sont souvent temporaires, organisés autour de huttes de feuillage. La musique et les chants polyphoniques (notamment chez les Aka et les Baka) sont mondialement reconnus. Ces polyphonies sont inscrites au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Leur spiritualité est souvent animiste, avec des rituels liés à la forêt, aux esprits et à la chasse. Ils vivent souvent en symbiose avec des populations voisines agricoles bantoues : échanges de produits de la forêt contre manioc, sel, outils… Leur mode de vie est fortement menacé par la déforestation et l’exploitation forestière, les conflits armés (notamment en RDC), la marginalisation et la discrimination sociale et la sédentarisation forcée et la perte de leurs terres. Beaucoup de groupes sont aujourd’hui partiellement ou totalement sédentarisés, avec une forte précarité.


Après les avoir vu chanter et danser tous ensemble avant notre départ, nous avons malheureusement vu un autre groupe se battre à notre retour… Quel contraste mais quelle réalité. Rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. Rien n'est parfait, rien n'est pourri. Nous sommes souvent devant des mosaïques complexes et des gradients, des nuances plutôt que des contrastes et des oppositions, même si les médias et nos cerveaux aiment les choses simples et binaires. Le monde n'est pas ainsi. La réalité n'est pas ainsi.

Deux choses m'ont particulièrement frappé quand ils se sont battus : a) tout d'abord la violence avec laquelle ils pouvaient se taper, y compris les femmes. J'ai vu une femme frapper de toutes ses forces un énorme coup de bâton sur le dos d'un homme au sol; et puis b) tout le groupe était impliqué dans le conflit, c'était un peu la confusion et ce sont les autres membres de la famille qui sont allés les séparer. Et, là aussi, j'ai vu une femme prendre son mari par la main et le retirer du combat. Cela n'a pas duré longtemps mais c'était très violent. Ces peuples sont durs, très durs, y compris entre eux. Il n'y a pas autant de pitié que dans nos religions. Mais cela se comprend quand on voit leurs conditions de vie. Comme nous l'expliquait Craig les noirs sont sans pitié et souvent plus durs que les blancs même vis a vis de leurs propres populations, de leurs propres frères. Nous sommes passés au travers de leur village et avons pu constater leur extrême niveau de pauvreté… Mais aussi leurs sourires chaleureux et leur gestes accueillants. C'est la première fois que je vois cela depuis mon départ pour ce tour du monde.

En Afrique de l'est (c'est la même chose au Rwanda), tous les enfants vous saluent, vous disent bonjour et vous sourient. On se sent vraiment bienvenus ici, ils sont tellement accueillants, un ressenti que je n'avais jamais expérimenté avec une telle intensité jusqu'à présent. J'ai acheté pas mal d'artisanat pour les aider sans savoir comment j'allais ramener tout cela en France !


Le briefing nous a expliqué qu'il existe 4 entrées dans le parc. Ce matin nous partons à pied voir une famille de 12 individus (1 silver back, 8 femelles et 3 bébés gorilles). Des familles de gorilles des montagnes ont été habituées (sur des périodes de deux ans) aux humains pour qu'ils ne fuient pas quand on va les voir. Ces gorilles des montagnes ont 98,4% d'ADN en commun avec nous. Cela risque de piquer !

Petite note à part, en écoutant le briefing sur les accords passés avec les Pygmés sur la préservation de la forêt… On a l'impression que les anglais auraient été plus intelligents que les français dans leurs efforts de colonisation. Ils auraient cherché à réunir les peuples colonisés et à les intégrer en cherchant à les unifier, à les faire vivre ensemble plutôt qu'à prendre un côté contre un autre, comme, si j'écoute Craig, les français auraient à priori fait. On sent cet exemple ici avec les accords de préservation de la forêt qui ont été passés avec les leaders des Pygmés Batwa, même si ces derniers ont été dépossédés de leurs terres et de leurs modes de vie ancestraux.


31 août - Parc national Queen Elizabeth


En Afrique de l’Est, et notamment en Ouganda et au Rwanda, il existe un mot très spécifique pour désigner « l’homme blanc » (ou plus largement l’étranger européen). Le mot est Muzungu (pluriel : Bazungu). Ce mot a son origine dans la langue Bantoue et vient de la racine zungu, qui signifie « tourner en rond, errer, se déplacer sans but ». 🤣🤣🤣

Les premiers Européens arrivés dans la région étaient vus comme des personnes qui se déplaçaient sans cesse d’un endroit à l’autre, d’où le surnom « abazungu » = « ceux qui errent, qui tournent en rond ».

Aujourd’hui, le mot veut dire « blanc, Européen, Occidental » et n’est pas forcément péjoratif, même si son ton peut changer selon le contexte (parfois affectueux, parfois moqueur).


Aujourd'hui, le Burundi est l'un des pays les plus pauvres au monde (avec le Soudan du sud), même si sur les indices éducationnels, le Niger serait encore en dessous à priori. Cette pauvreté se voit mais elle n'est pas couplée ici à de la tristesse ou à du désespoir. En même temps, nous sommes en Ouganda, et pas au Burundi. Ici, les regards ne sont pas vides, et les estomacs non plus, car nous sommes dans des zones extrêmement agricoles… Mais les gens vivent comme il y a 200 ans ou plus.


Ce qu'il faut tout de même savoir c'est que les 10 pays les plus pauvres au monde sont tous en 2024 (méthode contestable, bien sûr, mais données de la banque mondiale - PIB par habitant en PPA) des pays africains de la zone subsaharienne… Cela fait réfléchir !

Il y a donc une vraie homogénéité géographique de la pauvreté (climat, culture, histoire…).

1. Burundi

2. Soudan du Sud

3. Malawi

4. République centrafricaine

5. Madagascar

6. Mozambique

7. République démocratique du Congo

8. Niger

9. Tchad

10. Liberia


Pour l'instant, dîner seul face au parc (et au milieu de quelques familles), devant un magnifique feu ! Je vais rentrer tôt voir la nouvelle série que Craig m'a recommandée la semaine dernière et qui me plaît déjà beaucoup après 1 épisode et demi… La série s'appelle 1883, et c'est top !

Je partage une citation de la série avec vous… "La liberté, pour la plupart c'est un concept, une idée, une pensée abstraite associée à l'absence de contraintes, mais ce n'est pas ça la liberté, ça c'est l'indépendance ! La liberté c'est galoper léger à travers des terres sauvages en oubliant toute notion du temps, à part l'instant que l'on est en train de vivre"...

Comprendre cette différence entre "indépendance (ou dépendance)" et "liberté" est essentiel car on ne peut pas s'affranchir de toutes les contraintes qui pèsent sur nous, et si la liberté consistait à s'affranchir de toutes ces contraintes on ne pourrait alors jamais être libre. Nous sommes par exemple biologiquement contraints par notre génétique, par nos capacités physiques, mais aussi culturellement contraints par notre éducation et donc si la liberté consistait à s'affranchir de toutes ces contraintes, nous ne pourrions jamais être libres. La liberté c'est autre chose.

Allez une deuxième citation, je suis en forme ce soir ! "Le paradis est un jardin. (Réplique) Il n'y a pas de jardin ici. (Réplique) Un jardin, cela se plante, cela se crée, cela se construit" (et oui, comme le bonheur 😉, comme une famille, comme une vie 😘). Tout cela se construit.

Et dès qu'on parle de jardin, je pense à Ciceron qui disait qu'on n'avait besoin que d'un jardin et d'une bibliothèque pour vivre et être heureux. Le jardin permettant l'activité physique (importante pour le corps), et la bibliothèque permettant l'instruction (importante pour l'esprit) car il faut toujours que les deux (le corps et l'esprit) soient correctement entretenus pour vivre bien et heureux. La citation exacte a été adaptée de cette phrase : "Si vous avez un jardin dans votre bibliothèque", écrivit-il à Varron, "tout sera complet".


Ce matin départ à 06h30 comme prévu. Le parc est magnifique mais bien sûr les émotions ne sont plus les mêmes que quand on marchait à pied dans la savane. Dans les safaris en voiture, on regarde. A pied avec Craig on faisait des rencontres, de vraies rencontres. C'est le problème de notre cerveau qui veut toujours plus et mieux. C'est un vrai sujet…

Le parc est plutôt très vert et assez riche en faune (antilopes, éléphants, lions, buffles, phacochères et multitudes d'oiseaux, tous plus beaux les uns que les autres). J'ai réussi à avoir un peu d'émotions tout de même quand je suis descendu faire une pause pipi et que je me suis retrouvé au milieu d'une famille de phacochères après avoir vu sur une vidéo de Craig comment l'un d'entre eux avait découpé un homme qui le chassait. Ce n'était pas beau à voir, croyez moi. Ensuite nous avons vu une très belle lionne qui se reposait dans un arbre cactus. Ces arbres sont une particularité de ce parc qui a beaucoup de magnifiques arbres cactus (sans épines). Enfin, sur le retour, j'ai demandé à mon chauffeur de nous arrêter devant un grand groupe d'éléphants qui voulaient traverser la route. Mais mon chauffeur Abraham a très peur des éléphants. Je m'en étais déjà rendu compte la veille. J'ai donc dû insister. Les éléphants étaient calmes mais hésitaient à traverser avec nous au milieu. Comme il était déjà tard, j'ai demandé à Abraham de repartir, et de le faire tout doucement parce qu'un éléphant était juste devant nous sur la route. Tout se passait parfaitement bien mais au moment d'arriver à sa hauteur au lieu de continuer tout doucement et calmement pour ne pas l'effrayer, ce con a foutu un grand coup d'accélérateur et a fui, provoquant un stress inutile pour les éléphants et une réaction de mécontentement. J'ai essayé d'expliquer à Abraham ce qui venait de se passer… C'est encore un sujet de connaissances, de savoir et de peur quand on ne connaît pas, quand on ne sait pas !

Cet après-midi, je vais sortir en bateau pour voir des animaux plus aquatiques.

Ah bien voilà, une petite émotion de plus en sortant de ma cabane pour déjeuner… Je me suis retrouvé nez à nez avec un éléphant sur le chemin du restaurant 🤣🤣🤣

Cet après-midi sortie en bateau assez sympa car nous avons vu pas mal d'oiseaux, un "spitting black cobra" ou cobra à cou noir, et tout ce qui était par ailleurs prévu au programme (éléphants, hippopotames, crocodiles, buffles, lézards, etc.).

2h de sortie sur le bras d'eau (le canal Kazinga) qui lie le lac Georges (en amont à l'est) au lac Édouard (plus en aval à l'ouest).

Dîner sympa devant un magnifique feu. Les desserts sont particulièrement mauvais ici (tarte au citron chaude ce soir 🤔, Bounty horrible à midi)… Mais dîner face au feu avec le passage d'un éléphant devant ma table valait tous les spectacles du monde. Et le petit-déjeuner avec un éléphant qui boit dans la piscine faute de pouvoir s'y baigner, ce n'est pas mal non plus dans le genre. Buffalo safari Lodge.


02 septembre - Parc national Kibale - Les chimpanzés


Ce matin, nous avons fait la route entre le parc national de la reine Elizabeth et le lodge Isunga, tenu par un écossais depuis 11 ans, en bordure du parc national de Kibale. J'ai le dernier petit bungalow en bas, face au parc, appelé Sunbird…

La route était sympa, les paysages restent très agricoles bien que plus plats. La pauvreté / simplicité est présente partout. L'homme est ici à son état le plus naturel, proche des animaux à tous les niveaux, y compris dans les comportements. Cela fait réfléchir à ce besoin qu'a l'humain de s'affranchir de son animalité autant que possible.


Je continue de regarder la série 1883... Et vraiment les textes sont très riches, bien écrits et vrais. Par exemple, le fait "qu'il n'y a rien que l'homme ne craint plus que l'inconnu" (tellement vrai et tellement lié à notre cerveau préhistorique). Ensuite le fait que "peu de choses nous font vivre uniquement dans le présent… La terreur, le chagrin et surtout l'amour !"

Enfin, le fait que "Il n'y a rien qui égale la liberté. Ne laisse jamais personne dire le contraire… Et plus il y a de gens, plus il y a de règles"... La liberté se trouve souvent seul… "La liberté c'est accepter les conséquences, les embrasser, c'est un choix !"


Départ ce matin pour voir les chimpanzés.

Après les orangs-outans de Sumatra et les gorilles des forêts, nous continuons de monter dans l'échelle de la similarité de nos ADN…

Orang-outans (Pongo pygmaeus, Pongo abelii) : un peu plus éloignés, environ 96,5–97% d'ADN commun avec Homo Sapiens.

Gorilles (Gorilla gorilla, Gorilla beringei) : environ 98–98,4%.

Chimpanzés (Pan troglodytes) : environ 98,6–99% de similarité avec l’ADN humain.

Bonobos (Pan paniscus) : très proches des chimpanzés, autour de 98,7–99%.

À noter cependant que ces chiffres dépendent des méthodes de calcul. Certains chercheurs parlent de "similarité nucléotidique brute" (comparaison des bases), d’autres intègrent aussi les insertions/délétions ou l’organisation des gènes, ce qui peut faire varier légèrement les pourcentages.

Ce parc se veut être la capitale des primates dans le monde avec 1450 chimpanzés ! Plus de 71 espèces de mammifères ici, 250 types de papillons et 21 espèces de serpents… Il y en a pour tous les goûts !


Ce fameux 1%...

Exceptionnel de penser que seulement 1% d'ADN nous sépare des chimpanzés. Seulement 1%. Cela fait réfléchir.


Ce « 1% » illustre d'ailleurs la puissance des écarts marginaux.

En richesse, 1% de la population concentre une part disproportionnée des richesses mondiales (entre 40 et 45% aujourd’hui), créant un fossé immense avec le reste. En sport, 1% de vitesse supplémentaire suffit à différencier la gloire et le succès du vainqueur, par exemple Usain Bolt (que tout le monde connaît) de Yohan Blake que personne ne connaît pour quelques centièmes de secondes (le second étant parfois considéré comme le premier perdant). Dans le travail ou la création, ce 1% d’efforts en plus — souvent appelé "l’extra-mile" — fait toute la différence et sépare les bons des exceptionnels. Ce petit différentiel agit comme un multiplicateur à l'opposé de la théorie (par ailleurs très juste) des rendements décroissants. Cette théorie des rendements décroissants est vraie, mais dans une analyse individuelle, dans l'absolu, et pas nécessairement dans une analyse en comparaison aux autres, en relatif. Il est extrêmement important de comprendre cela.

Faire cet "extra-mile" ouvre souvent l’accès à des opportunités que les autres ne verront jamais.

Elle démontre que les différences ne se jouent pas toujours sur la masse d’efforts, mais sur l'importance de porter son effort au bon moment sur le bon sujet, sur la balle clé du jeu (voir le nombre de balles gagnées par Roger Fédérer au tennis vs le % de matches qu'il a gagné… Ces % n'ont rien à voir !). Il est essentiel de porter son effort au bon endroit, au bon moment. Cela fait toute la différence. C'est aussi cela l'intelligence.

Ce 1% rappelle enfin que la frontière entre l’ordinaire et l’extraordinaire est souvent très mince, même si décisive. Elle incarne aussi l’idée que l’excellence ne se joue pas à 50% d’écart, mais dans l’infiniment petit. Ce 1% est un levier invisible pour la plupart d'entre nous, pourtant il crée des écarts extrêmement visibles et importants. Une petite avance répétée chaque jour finit par produire une différence exponentielle dans la durée (avec de la discipline et le levier de l'effet temps).

Le 1% c'est aussi le seuil où l’insignifiant peut parfois devenir décisif. L’eau chauffe à 99°, mais c’est à 100° qu’elle bout. Entre presque et pleinement, il y a parfois un monde.

La plupart des gens cherchent des révolutions radicales, alors que l’excellence s’atteint par une accumulation de petites différences. Ce 1% supplémentaire peut être une habitude, une rigueur, une persévérance que l’autre n’a pas. C’est souvent invisible — une relecture de plus, une heure d'analyse supplémentaire, une heure de travail de plus.

La plupart des gens cherchent des révolutions radicales, alors que l’excellence s’atteint par une accumulation de petites différences. Ce 1% supplémentaire peut être une habitude, une rigueur, une persévérance que l’autre n’a pas. C’est souvent invisible — une relecture de plus, une heure d'analyse supplémentaire, une heure de travail de plus.

Philosophiquement, cela nous enseigne aussi l’humilité : nous croyons que les grands écarts viennent de dons inaccessibles, alors qu’ils naissent d’ajustements constants, de détails, d'une discipline journalière.

Ainsi, le 1% devient un principe de vie : une invitation à viser l’essentiel, à cultiver l’attention au détail, et à comprendre que la grandeur n’est pas dans l’excès mais dans la discipline, la précision, dans l'effort additionnel relatif aux autres et dans la constance. C'est l’attention à ce que d’autres négligent, la constance là où d’autres s’arrêtent.

Ce 1% nous enseigne aussi l’humilité, parce qu'il ne s'agit pas de tout changer d’un coup, mais de bâtir pas à pas. La régularité et la patience comptent souvent plus que les coups d’éclat. On se met dans une posture d’apprenant, en restant conscient que ce « petit progrès » reste toujours perfectible. On comprend que la vraie force n’est pas de briller instantanément, mais de tenir dans la durée.

Au final, ce 1% supplémentaire, c’est pour moi l'excellence et "l'excellence ce n'est rien d'autre que le fruit de l’attention portée au-delà de ce que les autres jugent raisonnable, le courage de prendre plus de risques que ce que les autres estiment sûrs, la capacité de rêver davantage que ce que les autres croient réaliste, et l’exigence de vouloir plus que ce que les autres pensent possible."

La citation originale que j'ai gardée depuis mes 30 ans est la suivante (je l'avais sur mon bureau aux États-Unis sous un trophée représenté par un aigle) :

« Excellence is the result of caring more than others think is wise, risking more than others think is safe, dreaming more than others think is practical, and expecting more than others think is possible. » — Ronnie Oldham


Un chimpanzé vit environ 50 ans dans la nature. La gestation dure environ 8 mois. La reproduction se fait entre tous (les chimpanzés sont polygames… Pénis fins mais gros testicules en proportion…). Quand la femelle est en chaleur, cela dure 21 jours. Et elle peut se reproduire avec 20 mâles différents par jour, mais l'acte en lui même ne dure que quelques secondes (5 à 7 secondes). Il doit y avoir une corrélation ici… 🤔 En tous les cas, c'est une remarquable stratégie de la ́nature pour que les mâles prennent soin des petits car ils pensent tous que les bébés sont d'eux 🤣🤣🤣 (nous aussi d'ailleurs) !


Pour votre information, chez les primates (et chez beaucoup de mammifères), la taille des organes reproducteurs est fortement liée au système d’accouplement. Les espèces polygames avec forte compétition spermatique (comme les chimpanzés) ont durant le cours de l'évolution (sélection Darwinienne) eu des testicules très développés, capables de produire beaucoup de sperme pour « inonder » la compétition. Résultat : les chimpanzés ont des testicules très gros par rapport à leur masse corporelle.

Les espèces monogames ou polygynes dominées par un seul mâle (comme le gorille) : la compétition spermatique est faible, car le mâle dominant monopolise les femelles. Dans ce cas, les testicules sont petits car il n’y a pas besoin de produire beaucoup de sperme.

Pour information (désolé), l'homme est plutôt au milieu sur cette échelle avec des testicules de taille moyenne et donc c'est un monogame (par religion) à tendance polygame (par génétique) opportuniste…

Je partage les informations scientifiques qui viennent supporter ces "dires", pour ne pas être critiqué à tord…

Rapport poids testicules / poids corporel :

Gorille : ~0,02 %

Homme : ~0,08 %

Chimpanzé : ~0,3 %


Le pénis : chez les chimpanzés, il est plutôt long et fin, adapté à la fréquence élevée des accouplements. Chez les gorilles (harem polygynes, mais peu de compétition spermatique), le pénis est petit (seulement ~3 cm en érection !). Chez l’humain (espèce socialement variable, entre monogamie et polygamie), le pénis est proportionnellement grand (je ne donne pas de dimensions pour ne vexer personne 🤣🤣🤣), mais nos pénis sont en moyenne plus longs et plus épais que chez les chimpanzés et les gorilles. Ceci s'expliquerait par le fait que le pénis humain aurait pu jouer un rôle dans la séduction sexuelle (signal visuel pour la femelle, puisque les humains s’accouplent face à face et sont dépourvus de poils pubiens denses). Mais cela pourrait aussi être lié à la coopération sociale et à la compétition plus subtile entre mâles (séduction, prestige), et pas seulement à la force ou au sperme.


Il peut arriver que des chimpanzés tombent des arbres surtout les bébés qui jugent mal leurs sauts… Ils peuvent ainsi se blesser ou même se tuer. Quand il y a un mort, les chimpanzés restent 2 jours a côté du mort pour être sûrs que leur compagnon est vraiment mort. Ils ne l'abandonneraient pas sinon. Ils attendent que le corps commence à sentir mauvais pour partir. C'est à ce moment là qu'ils comprennent qu'il n'est pas inconscient mais mort. Les chimpanzés sont donc très solidaires (cf. stratégie de reproduction). Ils sont territoriaux et se déplacent beaucoup. Chaque soir ils doivent refaire leur nid. Ce ne sont pas des nomades (dans le sens où ils ont un territoire), mais ils sont en résidence mobile changeant de nid/berceau tous les soirs (pour des raisons d'hygiène -parasites-, et pour compliquer la vie de leurs prédateurs).


06 septembre - Le sanctuaire de rhinocéros de Ziwa


Il y a environ 15 ans, j'avais appris au Botswana, pourquoi ces rhinocéros qui ne sont pas blancs étaient appelés blancs… Pour une mauvaise traduction et compréhension entre un hollandais (guide) et un anglais venu répertorié les différentes espèces de rhinocéros. Le premier voulait expliquer au deuxième que ces rhinocéros avait les mâchoires plus larges et en prononçant mal le mot "wide", c'est devenu "white"... Mais le pire, c'est que pour faire digérer cette première erreur, on en a fait une deuxième qui devait légitimer la première et on a donc nommé l'autre espèce (a posteriori) de rhinocéros noirs. Le rhinocéros noir se trouve plus facilement dans la forêt alors que le blanc vit dans la savane. Comme disait mon ancien chef Jan Wolff, deux erreurs ne font jamais quelque chose de juste. Quand on fait une erreur, il faut l'accepter et la reconnaître car faire une deuxième erreur pour cacher ou corriger la première ne marche jamais. Cela ne fait qu'empirer le problème…


Le ranger choisit une fois par semaine un couple ou une personne seule pour lui faire vivre une expérience différente. C'est tombé sur moi. En plus de marcher sur les traces des rhinocéros, il m'a demandé de m'arrêter 5 minutes et de fermer les yeux pour écouter la nature. C'était incroyable… Le fait de fermer les yeux démultiplie notre capacité d'écoute et plus on attend et on laisse passer les minutes, plus on entend de choses. Notre ouï s'affine, notre cerveau s'apaise et on entend énormément de choses qu'on n'entend pas quand on a les yeux ouverts et qu'on marche, même dans le silence. C'est le pouvoir du focus (quand on ne laisse qu'un sens travailler et qu'on supprime les autres). C'est une chose si simple à faire et pourtant si surprenante. Essayez de le faire la prochaine fois. 5 vraies bonnes minutes, les yeux fermés. Écouter la nature.

Et puis l'Afrique c'est cette relation au temps si particulière, si différente de la nôtre, de la mienne en tous les cas. J'essaierai de retenir cela d'eux. D'accepter de prendre le temps pour faire les choses. De ne pas courir, de ne pas être stressé, de ne pas sentir la pression du temps. Le temps, c'est l'actif le plus précieux de notre vie et il faut en faire bon usage.

 
 
 

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